La pénurie de main-d'oeuvre frappe durement le secteur de la transformation du bois.

Pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur forestier: Formabois lance une vaste enquête

Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d'affaires de 19 milliards$. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. Prochain rendez-vous: le 19 octobre 17e de 20

RIMOUSKI – Comme dans plusieurs sphères de l'économie québécoise, la pénurie de main-d'oeuvre frappe durement le secteur forestier. Le phénomène ne s'améliore pas au fil des ans et prend des proportions encore plus dramatiques en région. Dans les prochaines semaines, Formabois lancera une vaste enquête pour mieux comprendre les besoins en main-d'oeuvre forestière.

Selon son directeur général, la pénurie de main-d'oeuvre est encore pire en région à cause de la population vieillissante et de l'exode des ruraux. La venue d'immigrants, qui pourraient pourvoir certains de ces emplois en région, choisissent majoritairement de demeurer dans les centres urbains. «L'aspect démographique n'aide pas la recherche de nouveaux travailleurs», en déduit Réjean St-Arnaud.

C'est à partir de ce constat que Formabois, en collaboration avec Services Québec, a entrepris de dresser un diagnostic de la situation dans les régions. «On a monté un questionnaire où on a identifié toutes les entreprises du secteur et des sous-secteurs avec tous les métiers de ces entreprises-là, explique M. St-Arnaud. On va lancer une vaste enquête […] pour avoir les informations précises.» Si les emplois liés à la forêt sont estimés à près de 60 000, le nombre de travailleurs du secteur de la transformation du bois est évalué, pour sa part, à quelque 28 000 répartis dans plus de 1 200 entreprises.

Le directeur général de Formabois, Réjean St-Arnaud.

Le Conseil de l'industrie forestière du Québec évalue qu'il y a, depuis un an, près de 2 000 emplois à pourvoir dans le secteur forestier, ce qui représente 1,6% de tous les postes vacants au Québec. Le besoin de travailleurs se fait sentir autant dans les opérations forestières que dans la transformation ou les pâtes et papiers. «Il y a 39% des entreprises qu'on avait identifiées qui avaient des postes vacants et, là-dessus, il y en avait 12% qui avaient des postes vacants depuis plus de quatre mois», a chiffré M. St-Arnaud.

Le défi est d'autant plus grand lorsque personne ne se consacre à la recherche d'employés au sein de l'usine. «Dans notre secteur, il y a 50% des entreprises où il n'y a personne dédié aux ressources humaines, constate-t-il. Quand il y a des stratégies à mettre en place pour faire du recrutement et que c'est le directeur de l'usine ou le président de la compagnie ou encore le contremaître qui s'occupe des ressources humaines, ce n'est pas évident! Ils sont déjà débordés. C'est comme une roue sans fin!»

Formabois estime que 48% des entreprises du secteur de la transformation du bois sont dotées d'une direction des ressources humaines. Cela signifie donc que 52% des autres entreprises n'ont personne affecté exclusivement à l'accueil des nouveaux employés, à l'élaboration des descriptions de tâches, à l'évaluation du rendement des employés, à la planification de l'embauche et à la formation offerte aux travailleurs. Devant les difficultés de recrutement qui sont de plus en plus importantes, la formation au sein des entreprises devient primordiale afin de combler la pénurie de travailleurs qualifiés dans des postes-clés.

Les métiers où le recrutement est plus difficile sont ceux de mécanicien, de technicien, de directeur à l'administration et aux ventes, d'électricien et d'opérateur de machinerie. Les travailleurs du domaine de l'usinage sont aussi en demande, tout comme ceux dans le transport, les opérations forestières, la surveillance et le classement du bois.

Il va sans dire que le secteur forestier occupe une place prépondérante dans l'économie du Québec et de ses régions. Selon Formabois, le Québec représente près du quart de la production canadienne de bois résineux et plus des deux tiers de la production canadienne de bois feuillu, pour une balance commerciale positive de près de 3 milliards$.