La récupération de résidus forestiers est une importante source d’approvisionnement dans le développement de bioproduits.

Des opportunités en or pour FPInnovations

MATANE – Chez FPInnovations, les changements climatiques et la forêt représentent des opportunités en or de pouvoir offrir des produits innovants qui ont un faible impact en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce secteur d’activités est si important pour l’organisme qu’un département est consacré essentiellement au développement de nouveaux bioproduits.

Ces nouveaux bioproduits sont développés dans différentes sphères: composites, aliments et boissons, automobile et aérospatiale, emballages et construction. En collaboration avec Bioénergie La Tuque, FPInnovations participe notamment à la réalisation du projet BELT afin de développer un biocarburant créé à partir de résidus forestiers visant à devenir un produit de remplacement du carburant fossile.

«On ne va pas couper de nouveaux arbres pour faire ça, tient à préciser le directeur du centre d’excellence pour l’approvisionnement en fibres chez FPInnovations, Denis Cormier. On ramasse le matériel qui, de toute façon, n’est pas utilisé […]. On parle essentiellement de biomasse forestière ou de produits conjoints du sciage. C’est un matériel qu’on valorise et qui, actuellement, a peu de valeur intrinsèque.» Pour l’ingénieur forestier, ce nouveau produit contribue à atténuer les changements climatiques.

Denis Cormier, directeur du centre d’excellence pour l’approvisionnement en fibres chez FPInnovations.

Spécialisé dans la création de solutions scientifiques novatrices dans le secteur forestier, l’organisme développe plusieurs autres bioproduits. «On travaille aussi sur des moyens d’inclure la fibre à l’intérieur du ciment pour en améliorer les caractéristiques», mentionne M. Cormier.

D’ailleurs, il est d’avis que le mariage entre deux industries est porteur d’avenir. «L’industrie du bois ne fera pas disparaître les autres industries autour, soutient le scientifique. Si on peut allier davantage le bois avec d’autres matériaux qui sont utilisés dans la construction, on offre un produit hybride qui peut être super intéressant. On va aller chercher des caractéristiques d’autres produits que la fibre ne peut pas donner, puis on ajoute des caractéristiques avec les produits de la fibre que d’autres produits n’ont pas. Les produits d’hybridation font partie de la solution sur le plan des produits de remplacement qui permettent une réduction des émissions [de GES]. Comme la problématique des changements climatiques est mondiale, ce sont des nouveaux produits qu’on peut exporter à l’extérieur du pays […] pour continuer à aider la planète.»

Production de volume

Denis Cormier constate que la foresterie québécoise est axée sur la production de volume, plutôt que sur la création de produits. «On cherche à faire du volume, analyse-t-il. C’est correct, mais jusqu’à un certain point, les produits du bois qui ont un plus grand impact sont ceux qui vont nous permettre de séquestrer le plus longtemps possible du CO2. Lorsqu’on fait des produits de construction, c’est en place pour des centaines d’années Donc, on séquestre du CO2 pendant de très longues périodes. En changeant notre façon de faire de la foresterie, on va avoir beaucoup plus d’options et d’opportunités de développement pour le Québec.»