Une forêt du Québec.

Solifor a investi 200 millions $ depuis 2005

Depuis sa création en 2005 par le Fonds de solidarité FTQ, la Société de gestion d’actifs forestiers Solifor a procédé à des investissements de l’ordre de 200 millions $ pour l’acquisition de propriétés forestières. L’objectif : développer ces territoires de manière durable par la plantation d’arbres et l’implantation d’activités agricoles et récréotouristiques. Solifor s’est également récemment lancée dans la vente de crédits de carbone.

«C’est notre activité du moment, reconnaît le président de Gestion Solifor, Raynald Arial. Après la mer, la forêt est le deuxième capteur de carbone et de gaz à effet de serre. Nous avons fait évaluer les nôtres et nous bénéficions ainsi d’un million de tonnes de séquestration de carbone à la bourse du carbone. Nous en avons déjà vendu 150 000 tonnes.»

M. Arial indique que cinq arbres durant toute leur durée de vie, soit environ cinquante ans, captent une tonne de carbone, alors qu’une voiture moyenne roulant à l’essence et parcourant 20 000 km environ en produit quatre tonnes par an. C’est dire le nombre d’arbres qu’il faut planter pour compenser les missions de toutes les automobiles, mais aussi de toutes les industries.

«De plus en plus d’entreprises adhèrent aux principes de développement durable, souligne-t-il. Elles veulent être carboneutres parce qu’elles souhaitent apporter leur contribution à la lutte contre les changements climatiques, mais aussi parce que cela devient un argument commercial. Imaginez un producteur d’énergie fossile qui souhaite faire affaire avec une usine de pâte à papier par exemple. Imaginons que cette usine veuille produire du papier neutre. Sa matière première, le bois, est neutre. Il faut que l’énergie avec laquelle il la transforme soit neutre aussi. Il va s’en aller vers de l’énergie verte. À moins que le producteur de gaz ou de pétrole compense ses émissions en achetant des crédits de carbone.»

Récréotourisme et agroforesterie

Et il n’y a pas que les industries polluantes qui se tournent vers des vendeurs comme Solifor. Dans tous les secteurs, les services notamment, les entreprises font de plus en plus souvent le bilan de leurs émissions et achètent des crédits pour pouvoir être estampillées neutres.

Pour Solifor, être à la bourse du carbone permet de financer une partie de ses activités. Première d’entre elles, la plantation d’arbres sur les territoires que le fonds de gestion acquiert. Il dispose aujourd’hui de propriétés forestières couvrant une superficie de plus de 200 000 hectares et situées dans le Bas-Saint-Laurent, Lotbinière, Charlevoix, le Saguenay, Portneuf, la Mauricie, l’Abitibi ou encore le Maine : 75 % au Québec et 25 % de l’autre côté de la frontière.

«Le but demeure de développer économiquement les régions du Québec, souligne Raynald Arial. En plus de la plantation d’arbres, nous louons nos territoires à des acteurs locaux qui y installent des pourvoiries pour la chasse et la pêche. Il y a également quelques chalets de villégiature. Nous offrons aussi la possibilité à des gens d’y faire de la cueillette, du thé du labrador notamment, qui entre dans la composition de produits de cosmétique naturels. Enfin, il y a aussi des activités agroforestières : érablières, bleuetières, cannebergières, etc.»

En à peine 15 ans, Solifor est devenu le quatrième propriétaire de territoires privés au Québec. Partout où il s’installe, il s’attelle à accroître la richesse des terrains, tout en s’engageant auprès des communautés locales.

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Fonds de solidarité FTQ: «de sauveur à propulseur d’entreprises»

«En 35 ans, le Fonds est passé de sauveur à propulseur», lance son président et chef de la direction, Gaétan Morin. Remontons en 1983. La Québec traversait alors une grave crise économique. Les taux d’intérêt étaient très hauts. Le taux de chômage également. Si on ne faisait rien, les entreprises allaient tomber les unes après les autres. L’idée a alors germé de créer un fonds d’investissement pour donner du capital à ces entreprises et les sauver de la faillite.»

Arrivé à la tête du Fonds de solidarité FTQ en 2014, peu de temps après les révélations de la commission Charbonneau sur les allégations d’infiltration du crime organisé en son sein, Gaétan Morin avait dit vouloir miser sur la transparence. Quatre ans plus tard, il dresse un bilan de son action et affirme sa fierté de diriger une organisation œuvrant jour après jour à enrichir les entreprises d’ici et, par là même, les Québécois.

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Les Fonds locaux et régionaux de solidarité développent le Québec

L’un des objectifs historiques du Fonds de solidarité FTQ demeure le développement économique du Québec sur son immense territoire, et il a pour cela développé des outils. Parmi eux, les Fonds locaux de solidarité (FLS) et les Fonds régionaux de solidarité (FRS) destinés à soutenir les entreprises en démarrage ou lors d’un transfert de propriété ou d’une phase de croissance. Les deux fonds sont dotés de 175 millions $ environ.

Kamouraska, Les Chenaux, Saint-Félicien, Les Moulins, La Matanie, Les Sources… depuis le début de l’année, six nouvelles MRC se sont dotées d’un Fonds local de solidarité et d’autres annonces de ce type devraient suivre dans les prochaines semaines, voire les prochains mois.

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La formation économique pour comprendre l'épargne-retraite

Créé en 1983 pour apporter aux travailleurs du Québec des solutions à l’importante récession économique qui frappe alors tant la province que le Canada et le reste du monde, le Fonds de solidarité FTQ place très vite la formation économique de ceux-ci au cœur de sa mission.

À compter de 1989, il met sur pied la Fondation de la formation économique — devenue ensuite le Centre de formation économique —, qui offre aux travailleurs de divers syndicats et entreprises les outils nécessaires à la bonne compréhension de l’épargne-retraite, mais aussi de la réalité économique de leurs milieux de travail ou de celles des différentes régions du Québec. Une vulgarisation économique d’utilité sociale qui a profité à pas moins de 110 000 participants ces 20 dernières années.

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Quand l’épargne devient positive

Depuis près de cinq ans, plus d’un nouveau cotisant sur deux au Fonds de solidarité FTQ est âgé de 39 ans ou moins. Est-ce à dire que les jeunes d’aujourd’hui sont plus portés sur l’épargne-retraite que ne l’étaient ceux des générations précédentes? Chose certaine, ils sont interpellés de manière plus efficace par la société de capital de développement.

D’après Denis Leclerc, premier vice-président au développement du marché de l’épargne, cela fait environ sept ans que le Fonds de solidarité FTQ tente activement de rejoindre les 39 ans et moins. Comme les départs à la retraite augmentent, le Fonds souhaite rajeunir sa cible. Mais vu la nature des véhicules d’épargne qu’offre ce dernier, le défi s’avère de taille.

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Le Fonds FTQ a modernisé sa gouvernance

En 2014, le Fonds de solidarité FTQ entamait une importante réforme de sa gouvernance. Quelque quatre ans plus tard, cette dernière est plus «moderne et alignée sur les attentes et les valeurs de ses actionnaires», constatent les membres de son conseil d’administration.

«Cette mouvance qu’on a faite en 2014 était nécessaire», avance d’entrée de jeu Daniel Boyer, vice-président du conseil d’administration du Fonds de solidarité FTQ et président de la Fédération des travailleurs et travailleuse du Québec.

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Des «bénévoles locaux» pour promouvoir l'épargne-retraite

Communément appelés «RL», les responsables locaux sont des travailleurs syndiqués qui font bénévolement la promotion du Fonds et de l’épargne-retraite auprès de leurs collègues de travail. Si au commencement ils n’étaient qu’une trentaine, 35 ans plus tard, le réseau compte quelque 1700 membres. Précieuse courroie de transmission d’informations aux travailleurs et véritables ambassadeurs de première ligne du Fonds et de sa mission, ils en constituent indéniablement l’une des clés du succès.

«Un RL, c’est un bénévole nommé par sa structure syndicale. Ses qualités sont des qualités syndicales de base : c’est d’abord et avant tout d’avoir de l’empathie et de vouloir rendre service aux autres, tout en travaillant en harmonie avec son organisation. C’est également quelqu’un qui est prêt à apprendre. On tient pour acquis que les gens peuvent partir avec une page blanche, puis être capables de bien remplir leur rôle. On leur donne, pour ce faire, la formation nécessaire», explique Jean-Pierre Guay, coordonnateur du réseau RL, qui travaille au Fonds depuis 21 ans.

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Le Fonds de solidarité FTQ est un précurseur en matière de croissance inclusive

Réussite spécifiquement québécoise sans nul équivalent réel ailleurs dans le monde, les fonds d’investissement de travailleurs peuvent également se targuer d’avoir été parmi les premiers à s’inscrire dans une démarche de croissance inclusive. Ainsi, si cet objectif n’a été consacré et popularisé que depuis la crise de 2008, le Fonds de solidarité de la FTQ constitue depuis 35 ans déjà un instrument d’innovation économique et sociale en vue de sa réalisation.

« Les Fonds d’investissement de travailleurs touchent à peu près les mêmes fonctions que ce que la croissance inclusive suggère comme instruments et solutions. On peut tout à fait dire que le Fonds de solidarité FTQ était précurseur à ce niveau-là parce que ça a été lancé dans les années 80 », indique Nicolas Zorn, doctorant en science politique à l’Université de Montréal et chercheur associé à l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), qui s’est penché sur la question dans le cadre de ses travaux.

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L'investissement immobilier du Fonds FTQ: un levier pour l'économie du Québec

Situées dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, les Habitations Le Domaine offrent depuis la fin des années 1950 des centaines d’appartements abordables à louer.

Quand le propriétaire des lieux a décidé de vendre son vaste parc résidentiel, le groupe de ressources techniques Gérer son quartier, qui est affilié à l’entreprise d’économie sociale Bâtir son quartier, a rapidement signalé son désir d’en devenir l’acquéreur pour en assurer la pérennité. Ne disposant toutefois pas des ressources financières nécessaires pour concrétiser son projet, l’organisme a dû se tourner vers des partenaires. N’étaient les deux prêts à long terme de 9,6 millions $ que lui ont consentis le Fonds immobilier de solidarité FTQ et la Fondation Lucie et André Chagnon, la transaction n’aurait probablement jamais eu lieu.

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Pour changer les choses, chaque action compte

Le Fonds de solidarité FTQ favorise le dialogue avec les entreprises dont il est actionnaire afin de les amener à modifier leurs pratiques de gouvernance, de responsabilité sociale et de gestion environnementale.

«Depuis quarante ans, les actionnaires ont perdu le lien qui existe entre le capital qu’ils investissent et le fait qu’en faisant cela, ils deviennent propriétaires de l’entreprise, regrette Mario Tremblay, vice-président aux affaires publiques et corporatives au Fonds de solidarité FTQ. Les dirigeants des compagnies inscrites en Bourse ne sont pas leurs propriétaires. Or, aujourd’hui ce sont eux qui les orientent. Ce n’est pas normal, mais c’est en train de changer.»