Pour assurer un bon rendement, il faut aller vers des titres boursiers, mais les risques sont plus élevés, et bien contrôler les décaissements.

Les stratégies de décaissement

Au moment de la retraite, il faut songer au décaissement pour assurer un revenu intéressant. Les stratégies de décaissement sont aussi importantes que l’ont été les stratégies d’investissement, assure Mme Karine Précourt.

Des stratégies inappropriées peuvent faire perdre des revenus avec un niveau d’impôt plus élevé. «Le but de la stratégie de décaissement est de répartir l’épargne retraite de façon à satisfaire ses besoins financiers pendant toute la durée de sa retraite», insiste-t-elle.

La plupart des retraités considèrent qu’ils feront face à trois risques importants. Le risque de longévité, c’est-à-dire survivre à sa caisse de retraite à cause de l’espérance de vie qui augmente; le risque des fluctuations du marché à cause des faible taux d’intérêt des placements à faible risque. Or pour assurer un bon rendement, il faut aller vers des titres boursiers, mais les risques sont plus élevés, et bien contrôler les décaissements. 

Il y a aussi le risque des revenus excédentaires, c’est à dire trop se priver au début de la retraite et se retrouver avec de gros montants à la fin de sa vie qui laisseraient une facture d’impôt importante à la succession. 

Versement des prestations

Il est aussi possible de retarder le versement des prestations de la pension de la sécurité de la vieillesse du fédéral et de la Régie des rentes du Québec. «Les prestations sont payables par défaut à l’âge de 65 ans, mais depuis juillet 2013, il est possible de les reporter jusqu’à 70 ans, explique Mme Précourt. Les prestations seront bonifiées de 36 % par année pour la pension fédérale et de 42 % pour la RRQ.» On peut considérer que ce sont des rendements sans frais et non assujettis aux fluctuations boursières.

Du côté des REER, le contribuable devra transférer les montants dans un FERR avant la fin de l’année de ses 71 ans ou encore acheter une rente viagère. À compter de ses 72 ans, la personne doit prévoir des retraits selon le minimum prescrit dans les règles.

Souvent à l’âge de la retraite, les couples utilisent la méthode classique où chacun retire de son côté les prestations des pensions, transfère les REER et FERR. «Si cela convient à bien des gens, il y a moyen de faire mieux, illustre Mme Précourt. Une des stratégies pourrait être dès le début de la retraite de transformer les REER en FERR et de retirer les montants en fonction de ses besoins, d’utiliser les options du fractionnement de revenu tout en reportant le début des prestations des pensions jusqu’à 70 ans pour bénéficier de prestations majorées. En même temps, les gens peuvent utiliser les placements dans le CELI pour parer aux imprévus.» Et s’il y a des revenus additionnels, ils seront versés au CELI à l’abri de l’impôt.

Cette stratégie, souligne Mme Précourt, permet un meilleur équilibre de revenus tout au long de la retraite et un meilleur contrôle en fonction des besoins financiers. En plus, le couple s’expose moins longtemps au risque des fluctuations des marchés. Les revenus seront aussi plus stables et plus élevés avec le report à 70 ans des prestations des régimes publics de pension dont les montants sont indexés chaque année.

Chose certaine, si les conseils des planificateurs ont un coût, les consultations ont l’avantage d’établir une stratégie payante à long terme, plus que la simple rechercher de rendements élevés pour ses placements, indiquent Hugo Lehoux, planificateur financier, et Kevin Hamel, directeur régional au bureau de Sainte-Foy pour le Groupe Investors.