Vers une capitale de la gastronomie ?

L’idée est aussi belle qu’ambitieuse : Tourisme Montréal et ses partenaires souhaitent faire de la métropole la capitale nord-américaine de la gastronomie. Rien de moins.

« On sait qu’il y a de grosses pointures dans le portrait, New York ou Chicago, par exemple. Mais on sait aussi qu’on se démarque déjà. On veut franchir le pas de plus pour supporter tout ce qui s’est mis en place de façon organique, jusqu’ici », souligne Patrizia Dri, directrice des relations avec les membres, l’industrie et le partenariat chez Tourisme Montréal.  

Celle-ci donne en exemple certaines destinations européennes qui ont assis leur réputation gastronomique en bénéficiant du tremplin de politiques bien établies.

Pour l’heure, des consultants s’affairent à définir l’offre gastronomique montréalaise. Leurs constats serviront à dégager des enjeux et une orientation stratégique afin d’encadrer le positionnement culinaire de la ville.

« On souhaite créer une synergie entre les acteurs du secteur agroalimentaire pour renforcer notre rayonnement. La gastronomie est souvent vue comme très ludique. Mais au-delà de ça, elle fait partie de notre culture, qui s’exprime aussi

par l’assiette », précise Mme Dri, en ajoutant que la Ville de Montréal a justement reconnu, en 2017, la part de la gastronomie dans son patrimoine culturel après le dépôt d’un mémoire collectif signé par différents acteurs du milieu. 

Le momentum est là. « On sent une volonté de saluer le travail des artisans et la qualité des aliments québécois, note Mme Dri. On souhaite valoriser cette industrie alimentaire qui est un moteur économique important, mais qui n’est pas assez mise de l’avant, peut-être parce qu’elle est très fragmentée. L’image qui nous vient, c’est celle d’un collier où producteurs, restaurateurs, distributeurs sont différents maillons. Chacun joue bien son rôle, mais à la fin, personne n’attache le collier. C’est là qu’on souhaite faire une différence. »

Selon l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), on compte à Montréal un restaurant pour 351 personnes, presque autant qu’à New York, où le ratio est d’un resto pour 324 habitants. Le nombre d’enseignes est grand et l’offre, diversifiée. « On se démarque grâce à la convivialité de nos établissements et à l’accessibilité de notre fine cuisine. C’est un commentaire qui revient régulièrement des journalistes de l’étranger : on peut très bien manger à Montréal pour un prix abordable. Nos tables se distinguent aussi par leur originalité et leurs saveurs métissées. Plusieurs cultures cohabitent à Montréal et ça se reflète dans les plats, qui peuvent être teintés d’influences portugaises, arabes, italiennes ou vietnamiennes, par exemple », image Patrizia Dri.    

+ Bientôt un Time Out Market

Tout comme New York, Miami, Boston et Chicago, Montréal aura bientôt son Time Out Market. L’original concept du marché gastronomique local, né à Lisbonne en 2014, sera implanté au Centre Eaton de Montréal (rue Sainte-Catherine) d’ici la fin de l’année. La particularité de la formule? Aucune grande chaîne ne figure dans l’offre de la foire alimentaire. Ce sont les chefs et les restaurants de la ville, triés sur le volet, qui sont responsables de l’offre culinaire.

Tout comme New York, Miami, Boston et Chicago, Montréal aura bientôt son Time Out Market.

On ne sait pas encore tout ce qui animera les 40 000 pieds carrés du Time Out Market Montréal, mais quelques-uns des 16 restaurateurs retenus ont déjà été annoncés. La famille du Toqué! sera là avec Burgers T, une enseigne qui, le nom le dit, servira des hambourgeois de choix. Le Moleskine aura aussi sa bannière, où on cuisinera des pizzas, tandis que la courue boulangerie Hof Kelsten proposera Hof Sucrée, une station de desserts. 

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