Daniel Jobin, boulanger-propriétaire de Joe la Croûte

Bon pain rue Casgrain

Dès qu’on entre chez Joe la Croûte, rue Casgrain, à deux pas du Marché Jean-Talon, le parfum du pain frais nous chatouille agréablement le nez.

Derrière le comptoir, entre miches variées et appétissantes viennoiseries, le propriétaire, Daniel Jobin, converse avec un client. Ça fleure bon la boulangerie de quartier où l’accueil est aussi chaleureux que le pain est bon. 

Au mur, les variétés du jour sont affichées. Baguettes au levain, pains d’épeautre, miche aux carottes, pain aux châtaignes (une spécialité de la place) sont quelques-unes des nombreuses pâtes fraîchement façonnées aujourd’hui. Particularité : elles sont vendues au poids. « C’est une pratique moins courante au Québec, mais ça plaît aux clients, qui peuvent acheter plusieurs sortes, en plus petits formats », précise Daniel Jobin. 

Celui-ci est en quelque sorte tombé dans la farine à pain pendant ses études universitaires en enseignement, alors qu’il travaillait à la boulangerie artisanale Le Fromentier. Il a appris les bases et les impératifs du métier auprès de Benoit Fradette. 

Celui-ci est, depuis, allé ouvrir commerce à Aix-en-Provence, où Daniel Jobin s’est rendu pour approfondir ses connaissances de la panification. Il est revenu au pays avec l’idée de lancer sa propre boulangerie.

« Je pensais faire du pain pour les commerçants sans avoir pignon sur rue parce que je souhaitais avoir une certaine qualité de vie et ne pas être obligé de travailler à cœur de nuit », exprime l’entrepreneur. 

Il a mis ce scénario d’affaires au panier lorsqu’on lui a parlé d’un local vide, à 10 minutes de la maison. L’emplacement était bon et l’aventure, tentante. Il a ouvert boutique il y a sept ans et il ne le regrette pas. 

« J’aime ce contact avec les gens. C’est gratifiant de faire tourner un tel commerce de proximité », dit celui qui utilise des farines bios pour fabriquer ses pâtons, qui sont faits au levain ou à la levure, ça dépend. Dans ses deux grands pétrins, dotés d’un système de minuterie qui permet de donner des rabats pendant la nuit, il confectionne des pâtes aux poussées lentes. 

« Tout le monde peut faire du pain, mais faire du bon pain, ce n’est pas donné à tout le monde. La patronne, c’est la pâte. On ne peut pas prendre de raccourci. Moi, j’applique ce que mon ami Benoit m’a enseigné : pour arriver à un résultat impeccable, il faut être logique du début à la fin. Dans le choix de tous les ingrédients comme dans la méthode, chaque détail compte. » 

+ Le Marché Jean-Talon, précieuse institution

On tâte le pouls du quotidien d’une ville au marché public. C’est vrai à l’étranger, c’est vrai chez nous aussi. À l’emblématique Marché Jean-Talon, ouvert depuis 1933 dans le quartier Petite Italie, il y a du savoureux et de l’exquis au mètre carré. On visite donc en prenant son temps.  

 À l’emblématique Marché Jean-Talon, ouvert depuis 1933 dans le quartier Petite Italie, il y a du savoureux et de l’exquis au mètre carré.

Entre les étals pluriels, les clients se promènent avec leur cabas en causant avec les producteurs. On trouve de tout, vraiment. Le poissonnier du coin, les réputés chasseurs d’épices Philippe et Ethné de Vienne, la librairie gourmande, l’artisan saucissier et charcutier Balkani, les beignes d’antan, les bouquets multicolores, les délices roulés de la Crêperie du marché, la Brûlerie de café, les fromages de la Chèvrerie du Buckland, tout ça (et bien plus encore) fait de l’œil aux passants. Mais ce qui frappe et ce qui happe, surtout, c’est la gentillesse des commerçants, l’abondance des couleurs, la grande variété de fruits et de légumes, la bonne humeur des visiteurs, l’ambiance décontractée qui donne l’agréable impression d’être en vacances. Même au cœur d’octobre. Même au mitan de la semaine. C’est dire! 

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