La Caserne de jouets de Saguenay cofondée par Mario Gagnon en est à sa 31e édition cette année.

Le feu sacré d’un pompier

SAGUENAY — Après une vie passée à éteindre les feux, un pompier de Saguenay garde bien vivante la flamme qui l’anime depuis toujours grâce à une initiative unique qui réchauffe le coeur de milliers d’enfants du Saguenay–Lac-Saint-Jean à l’approche de la période des Fêtes.

Même s’il vient tout juste d’accrocher son casque de pompier pour de bon, Mario Gagnon continue de porter plusieurs chapeaux à Saguenay, où il s’est forgé au fil des années une réputation pour sa grande implication sociale.

Pour le public, l’ex-pompier de 55 ans est abord et avant tout connu comme cofondateur et président de la Caserne de jouets de Saguenay, un organisme à but non lucratif qui procédera samedi à sa 31e collecte annuelle et qui permet d’offrir bon an mal an plus de 20 000 jouets aux enfants et organismes du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Le nouveau retraité porte aussi le titre non officiel de bénévole le plus impliqué de la région, et ce, peu importe la cause. C’est simple, dès qu’il y a un problème, que quelqu’un soit en détresse ou manque à l’appel, les chances sont bonnes pour que Mario Gagnon soit déjà en train de prêter main-forte sur le terrain.

« Les gens m’appellent directement chez moi ou sur mon cellulaire pour me demander n’importe quoi. Je suis impliqué dans la communauté et ça me fait plaisir de le faire. C’est mon temps et je ne le compte pas », explique celui qui a passé sa jeunesse à arpenter les rues du centre-ville de Chicoutimi pour acheter ses cartes de hockey et ses bonbons dans des commerces d’une époque aujourd’hui révolue.

Nostalgie

D’ailleurs, cette nostalgie qui l’habite explique en partie pourquoi il crée, en 1988, le projet qui aura marqué sa vie et celles de milliers de jeunes. Depuis 30 ans, plus de 100 000 enfants ont reçu l’un ou l’autre des 380 000 jouets recueillis par son organisme

« La Caserne de jouets m’a apporté tellement de beaux moments », confie Mario Gagnon.

Parmi ces souvenirs marquants, il se souviendra toujours d’une petite fille de huit ans atteinte d’une maladie incurable qu’il avait prise sous son aile il y a une vingtaine d’années.

Il avait alors l’habitude d’aller la visiter et de lui faire faire des tours de camion de pompier, question de lui changer les idées.

Peu de temps avant sa mort, elle lui a fait promettre de déposer une photo de lui dans son cercueil pour l’accompagner dans la mort. Cette requête — et le geste demandé —, Mario Gagnon ne les oubliera jamais.

« Je l’avais adopté comme ma propre fille. Quand je suis allé au salon, j’ai eu de la misère... j’ai tellement pleuré que j’ai été incapable d’aller à l’église », se souvient-il.

En septembre dernier, pour souligner les 30 ans de la Caserne de jouets, Mario Gagnon a invité la famille de la petite à le visiter. Il a saisi à ce moment l’importance des gestes de bonté qu’il a pu poser au fil des années.

« Cette journée-là, la famille m’a dit qu’on venait de fermer la boucle. Tu ne t’attends pas à ça. Ce n’est pas écrit dans les livres les effets de tes actions à long terme. »

Aider les démunis

Bien qu’il n’arrive pas tout à fait à mettre le doigt sur l’origine de cette empathie qui le caractérise, Mario Gagnon ne cache pas qu’en grandissant dans un milieu défavorisé du centre-ville de Chicoutimi, il a rapidement compris que la vie n’était pas toujours une partie de plaisir pour les plus démunis.

« Ces gens-là, je veux les servir. Je veux les aider dans le fond. C’est des valeurs qui m’ont été inculquées au fil des années, des choses que j’ai vues et que je ne voulais pas qui arrivent aux autres. Ça fait partie de moi. J’ai toujours voulu aider le monde. Moi je suis quelqu’un qui aurait donné ma vie pour en sauver une. Pose la question à quelqu’un pour voir s’il serait capable de donner un rein ou une partie de son corps pour sauver une vie. La plupart vont hésiter, mais moi, c’est spontané, c’est oui. »

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Prochain rendez-vous : le 23 novembre