Des représentants syndicaux au front

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Des représentants syndicaux au front

Parmi les volontaires qui ont répondu à l’appel du gouvernement pour prêter main-forte aux travailleurs de la santé qui luttent contre la COVID-19, il y a des représentants syndicaux. Le Nouvelliste s’est entretenu avec deux d’entre eux qui, bien qu’ils aient une formation et de l’expérience dans le réseau de la santé, ont dû se remettre à jour dans des conditions extrêmes.

Trois semaines sans ses enfants

Il y avait trois ans que Dany Boutet n’avait pas remis les pieds sur le plancher d’un établissement du réseau de la santé, du moins, pour y travailler comme préposé aux bénéficiaires. Il y est retourné du 13 au 30 avril, afin de donner un coup de main aux collègues du CHSLD Mgr Paquin, à Saint-Tite.

La prévention des infections est un domaine en constante évolution

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La prévention des infections est un domaine en constante évolution

Depuis 2014, Stéphanie Turcotte occupe le poste de conseillère en prévention des infections à l’hôpital de Granby. Comme il s’agit d’un métier spécialisé, elle a choisi d’effectuer un microprogramme dans le domaine pour ajouter une corde à son arc. Elle estime toujours qu’après six ans, il lui reste encore des connaissances à acquérir.

« C’est une profession en constante évolution. On le voit avec la COVID-19. On a de nouveaux virus et de nouvelles bactéries, c’est donc important de se tenir à jour, étant donné que c’est nous qui allons aider les équipes au niveau de la formation », explique la femme de 30 ans.

Les soins infirmiers dans le sang

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Les soins infirmiers dans le sang

Trois-Rivières — Quand les membres de la famille de Chantale Tessier se réunissent, il faut bien peu de temps pour que le sujet de discussion s’oriente vers le domaine de la santé. Rien de plus normal, car Mme Tessier et sa sœur Katty exercent le même métier. Comme leur mère Éva Thivierge l’a été durant plus de 25 ans, elles sont infirmières. Et dans deux ans, une troisième génération de soignants verra le jour avec l’arrivée sur le marché du travail d’Andrew Bureau, le fils de Chantale.

Le métier d’infirmière occupe beaucoup de place dans l’actualité des dernières semaines en raison de la pandémie de COVID-19. Manque de personnel par ci, longues journées de travail par là, la profession vit des heures difficiles, à l’instar d’autres domaines. Cette situation n’enlève rien à la passion de Chantale Tessier pour son travail, elle qui est infirmière assistante au CHSLD du centre Christ-Roi de Nicolet.

Conseillère en prévention et contrôle des infections: une profession méconnue

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Conseillère en prévention et contrôle des infections: une profession méconnue

« Notre métier est peu connu, mais il le devient de plus en plus », concède Stéphanie Turcotte, conseillère en prévention et contrôle des infections (PCI) en Haute-Yamaska. Sa spécialité est néanmoins loin d’être anodine, et elle est plus que jamais mise sous les projecteurs en ces temps de COVID-19.

Les actions posées par Stéphanie et ses deux autres collègues en PCI à l’hôpital de Granby se basent toujours sur la sécurité des patients, mais aussi des employés. Cela passe entre autres par la formation de ces derniers afin qu’ils comprennent et appliquent les mesures d’hygiène en cas d’infection.

De nouvelles normes vont rester dans le travail des ambulanciers paramédicaux

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De nouvelles normes vont rester dans le travail des ambulanciers paramédicaux

Shawinigan — Certaines normes instaurées dans le travail des ambulanciers paramédicaux en raison de la COVID-19, comme le port du masque et le rehaussement de la désinfection, vont survivre à la pandémie, croit Marie-Claude Richard.

Propriétaire de la compagnie Ambulance 22-22 qui œuvre dans le Centre-de-la-Mauricie et le nord de la MRC de Maskinongé, Mme Richard exerce ce métier depuis 2001. Avec l’arrivée du coronavirus, le milieu a été forcé de modifier certaines façons de faire en ce qui a trait à la sécurité des lieux et aux protocoles d’intervention auprès du patient, notamment lors d’une réanimation.

Des «anges» qui voudront faire respecter leurs limites

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Des «anges» qui voudront faire respecter leurs limites

Le recrutement dans les programmes collégiaux de soins infirmiers était généralement à la baisse dans les dernières années. Comment le système d’éducation arrivera-t-il à renverser la tendance à l’ère de la COVID-19 et du traumatisme collectif que la maladie aura laissé sur son passage?

Pour l’instant, la question demeure entière, mais une chose apparaît maintenant évidente, «le réseau de la santé devra tenir compte des attentes de la nouvelle génération de soignants, il n’a tout simplement plus le choix», affirme Hélène Simard, coordonnatrice du programme de soins infirmiers au Cégep de l’Outaouais.

Hôpital Bruyère: bâtir par compassion

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Hôpital Bruyère: bâtir par compassion

La mère Élisabeth Bruyère n’était pas une professionnelle de la santé en soi, mais son dévouement a certainement contribué à soigner des centaines de personnes, particulièrement durant la pandémie de typhus de 1847.

Née à L’Assomption en décembre 1818, Élisabeth Bruyère ne semblait pas destinée à devenir l’une des plus grandes bâtisseuses de la capitale du Canada. Pourtant, trois ans après avoir joint la Congrégation des sœurs grises de Montréal en décembre 1841, elle est choisie pour devenir la mère supérieure fondatrice de Bytown (Ottawa).

Amorcer sa carrière en pleine pandémie

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Amorcer sa carrière en pleine pandémie

Trois-Rivières — Ces jours-ci, pas moins de 84 nouvelles infirmières fraîchement sorties de l’école arpentent les couloirs des établissements de santé de la région. À la fin du mois de juin, elles seront 125 à y avoir été embauchées. Diplôme en poche, ces candidates à l’exercice de la profession infirmière amorceront leur carrière dans un contexte qu’elles n’auraient jamais pu imaginer il y a trois ans, au début de leurs études.

La pandémie de coronavirus a évidemment chamboulé la fin des études pour la plupart d’entre elles, qui ont dû terminer les cours à la maison et mettre une croix sur leur graduation avec les collègues de classe. «Nous sommes parties pour notre semaine de relâche, et on n’a jamais pu revoir notre monde. Ce n’était pas ça qu’on avait imaginé», confirme Sandrine Cantin, finissante au Cégep de Trois-Rivières.

Technologistes médicaux: «On travaille dans l’ombre»

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Technologistes médicaux: «On travaille dans l’ombre»

TROIS-RIVIÈRES — La pandémie aura mis en lumière plusieurs corps de métier du milieu de la santé et pour cause: ils sont au front d’une bataille sans précédent. Préposés aux bénéficiaires, infirmières, médecins sont de ce nombre, mais plus rarement il est question des technologistes médicaux qui traitent les milliers de prélèvements provenant de patients potentiellement porteurs du coronavirus.

Au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), situé dans la zone chaude de la province, l’assistante-chef du laboratoire de biologie moléculaire, Loan Luu, peut compter sur une équipe de 30 personnes pour réaliser jusqu’à 2000 tests par jour. «On travaille dans l’ombre. Personne ne sait trop ce qu’on fait mais tout le monde attend après nous pour le résultat!»

Histoire du système hospitalier: un réseau porté par les religieuses

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Histoire du système hospitalier: un réseau porté par les religieuses

Une main-d’oeuvre féminine, non rémunérée et dédiée à un travail collectif, a porté le déploiement du réseau hospitalier au Québec. Les congrégations religieuses ont joué un rôle de premier plan dans son essor, de la colonisation jusqu’aux années 1960, moment où leur influence s’est effondrée, alors que le vaste réseau qu’elles avaient érigé atteignait son apogée.

L’implication des congrégations religieuses dans le réseau hospitalier remonte aux débuts de la colonisation de la Nouvelle-France, à Québec, à Montréal et à Trois-Rivières. « Dans les temps de la colonie, c’était les trois endroits où on trouvait des hôpitaux. Il va falloir attendre jusqu’au 19e siècle avant qu’on voie apparaître des hôpitaux dans d’autres localités », explique l’historien François Guérard, professeur associé à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) spécialisé en histoire de la santé.

En 1639, les Augustines fondent le premier hôpital de la colonie, l’Hôtel-Dieu de Québec. Peu après, en 1645, l’Hôtel-Dieu de Montréal voit le jour, sous l’impulsion de Jeanne Mance, cofondatrice de Montréal. Elle sera ensuite soutenue par les Hospitalières de Saint-Joseph. En 1697, Trois-Rivières obtient à son tour son Hôtel-Dieu, géré par les Ursulines.

Il faudra attendre la fin du 19e siècle, et les progrès de la chirurgie pour assister à une accélération du déploiement du réseau à travers le Québec par les religieuses hospitalières, moment qui marque également la transformation du système hospitalier. 

« L’hôpital devient alors une espèce de grande machine à guérir et cela va attirer de plus en plus de gens. Les prouesses de la chirurgie vont contribuer à changer la perception que les gens ont de l’hôpital », mentionne le professeur. 

Des personnes de toutes les conditions sociales sont alors soignées à l’hôpital, qui n’est plus vu comme « un lieu où aller mourir ».

Des « empires immobiliers »

Le nombre d’institutions gérées par les soeurs hospitalières augmente considérablement dans les deux premiers tiers du 20e siècle, couvrant un territoire de plus en plus vaste. De 1901 à 1961, les congrégations féminines assureront la direction d’établissements qui prendront parfois la forme « d’empires immobiliers ». Le nombre de soeurs travaillant dans les hôpitaux passe de 1000 à 5000 pendant cette période.

Les hôpitaux généraux hors de Québec et de Montréal se retrouvent alors presque tous aux mains des congrégations catholiques francophones, exposent François Guérard et Aline Charles, professeure à l’Université Laval, dans un chapitre de l’ouvrage L’incontournable caste des femmes : histoire des services de soins de santé au Québec et au Canada.

Au sommet de leurs activités, les religieuses sont propriétaires de 37 000 lits et berceaux, seulement au Québec, alors que les communautés élargissent également leurs activités à l’extérieur des frontières de la province et du pays.

Un héritage oublié

À partir des années 1960, les religieuses hospitalières, bien qu’elles soient plus nombreuses que jamais, sont en nombre insuffisant pour répondre aux besoins des institutions, lesquelles engagent de plus en plus de laïques formés, infirmières et médecins.

La prise de contrôle par l’État du système de la santé, dans la foulée de la Révolution tranquille, et la syndicalisation du personnel sonneront le glas de la mainmise de plus d’une trentaine de congrégations sur le système hospitalier au Québec.

Cet héritage aujourd’hui méconnu, ou souvent oublié, peut s’expliquer par l’idée de modernisation mise alors de l’avant par l’État, avance le professeur François Guérard. 

« Le peu d’importance que les gens apportent peut-être, aujourd’hui, à ce rôle majeur qu’ont joué les religieuses peut être lié à cette période de la Révolution tranquille, où on a jeté, en quelque sorte, une bonne partie de ce qui avait été assuré par l’Église pour le remplacer par une prise en charge de l’État. »

Saviez vous que? C'est le 200e anniversaire de Florence Nightingale, pionnière des soins infirmiers

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Saviez vous que? C'est le 200e anniversaire de Florence Nightingale, pionnière des soins infirmiers

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a dédié l’année 2020 aux sages-femmes et aux soins infirmiers, notant que le monde aura besoin de neuf millions de travailleurs supplémentaires dans ces domaines d’ici 2030. Par la même occasion, l’ONU souligne le bicentenaire de la pionnière des soins infirmiers, Florence Nightingale, née le 12 mai 1820. Cette dédicace, faite le 1er janvier 2020, a pris encore plus de valeur avec le déclenchement de la pandémie qui place le personnel infirmier aux premières lignes de bataille. Dans ce contexte, le parcours et les réalisations de Florence Nightingale deviennent aussi inspirants que pertinents.

Saviez-vous que Florence Nightingale a combattu une épidémie de choléra dans un hôpital?

Après avoir fait ses premières armes dans un hôpital luthérien en Allemagne, Florence Nightingale revient en Angleterre et travaille dans un hôpital de Londres. On remarque d’abord que les malades se remettent plus rapidement sous ses soins. Son expertise se confirme ensuite alors qu’elle lutte contre une épidémie de choléra dans une aile de l’hôpital. «Elle va travailler très fort pour l’éradiquer et s’assurer que le moins de gens possible en décèdent. Elle a compris que le choléra est lié à l’hygiène», explique l’historienne Evelyne Ferron.

Saviez-vous que Florence Nightingale a sauvé les deux tiers des soldats anglais hospitalisés durant la guerre de Crimée?

«Avant qu’elle arrive en Crimée en 1854, pratiquement tous les soldats finissaient par mourir quand ils allaient dans les hôpitaux de guerre», raconte l’historienne. Quand Florence Nightingale arrive à la guerre de Crimée avec une trentaine de consœurs, elles constatent que les hôpitaux militaires sont des «porcheries». Elles déploient d’abord leur énergie à récurer les lieux au maximum. On croit que l’intervention de Florence Nightingale a permis de sauver les deux tiers des soldats amenés à l’hôpital.

Dans l’intimité des deuils

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Dans l’intimité des deuils

Sherbrooke — « On parle beaucoup de distanciation sociale ces temps-ci, mais être préposés aux bénéficiaires, c’est tout sauf être distants. On est proche des résidents physiquement, mais on devient aussi parfois des confidents. Ils nous racontent des choses qu’ils n’ont, des fois, jamais racontées. C’est un gros plus de notre métier. »

Celle qui le dit, c’est Renée Tremblay, qui est préposée aux bénéficiaires depuis 20 ans. Mais elle connait les corridors du Centre d’hébergement D’Youville depuis l’enfance.

« Ma mère était préposée aux bénéficiaires à D’Youville et quand j’étais jeune, je pouvais aller la voir sur le département quand elle finissait de travailler. À travers ça, je rencontrais souvent les résidents de l’unité prothétique. C’est quelque chose qui m’intriguait et je sentais que ma mère aimait tellement son travail — c’était sa vie! — que pour moi, ç’a été facile de continuer ce qu’elle avait commencé. On dirait que c’est dans le sang », explique-t-elle.

Donner un bain, habiller, faire manger, c’est aider des personnes vulnérables dans leur plus grande intimité. « Et quand on le fait à domicile, dans leur environnement, dans leur maison, on entre encore plus dans leur intimité », note Karine Roy, qui a été préposée pendant 17 ans avant de devenir, en septembre dernier, auxiliaires aux services de santé et sociaux, qui est l’équivalent mais en soins à domicile plutôt qu’en centre d’hébergement.

« Ce qui m’a attirée dans ce métier, c’est l’entraide. J’aime aider et je suis une combattante. Je vais au front pour certains individus. Surtout dans les cas d’injustice ou de gens laissés dans l’oubli. Notre clientèle a une grande fragilité et c’est important qu’on soit là pour elle. On devient un pilier qui améliore leur qualité de vie », poursuit Mme Roy.

Être préposés aux bénéficiaires ou auxiliaires aux services de santé et sociaux, c’est accompagner des gens à travers plusieurs deuils. Le deuil de ne plus pouvoir se déplacer sans marchette, le deuil de ne plus pouvoir tenir sa cuillère, de ne plus être en mesure de s’habiller, se lever du lit, se laver.

« J’essaie toujours de leur faire voir la situation d’un autre angle pour les encourager. La marchette vous permettra d’aller seul à la salle de bain, par exemple. C’est certain qu’il y a un processus d’acceptation, mais j’essaie de leur montrer le côté bénéfique », raconte Mme Roy.

« On s’adapte à chaque client. Et pour avoir ce contact intime, c’est important de créer un lien de confiance », ajoute l’auxiliaire.

Avez-vous des chouchous? « Non, ils ont tous quelque chose de beau à offrir », soutient Mme Roy.


Des ponts contre l’isolement et le chaos

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Des ponts contre l’isolement et le chaos

Sherbrooke — « Tu diras à ma mère que je l’aime et que je l’embrasse. »

Jessica Brouillard est infirmière au CHSLD d’Asbestos et comme elle est enceinte, la pandémie l’a forcée à abandonner ses tâches habituelles pour de nouvelles. Son rôle est maintenant de faire le pont entre les familles et les 80 résidents du CHSLD.

« Dis à mon père que je pense à lui tous les jours. » 

Au lieu de transmettre verbalement les messages des familles aux résidents et risquer d’en oublier des bouts, elle a décidé de faire des mémos écrits personnalisés et elle y ajoute des images en fonction des intérêts de chacun. Pour les résidents qui ont des pertes cognitives, ces messages ont une durée de vie beaucoup plus longue qu’un message verbal 

« On a hâte de te revoir et de te serrer dans nos bras. De ton fils qui t’aime. »

Les messages écrits peuvent se relire à l’infini. « Une résidente a accroché le mémo et le regarde tous les soirs avant de se coucher. D’autres le laissent sur leur table de chevet. »

Pour imager un message d’un proche, Jessica y a incorporé des chevaux. « Il était heureux, il pensait que c’était le cheval qu’il avait eu quand il était jeune. Mais c’est son fils qui m’avait décrit l’animal et m’avait parlé de l’amour de son père pour les chevaux. »

Un géranium a été incorporé sur le mémo d’amour d’une autre résidente, car c’est sa fleur préférée.

Le message des proches qui revient le plus souvent : « On ne t’oublie pas. »

« Les proches veulent s’assurer que leur mère, père ou conjoint comprend bien que s’ils ne viennent pas la ou le visiter, ce n’est pas qu’ils ne veulent pas, mais bien qu’ils ne peuvent pas », souligne l’infirmière de 32 ans.

Pour transmettre la bonne information en sens inverse, des résidents à leurs proches, Jessica contacte les infirmières des différents étages pour leur demander le rapport de santé de chacun des résidents. « Il y a leur état de santé, mais je veux aussi savoir s’ils mangent bien, dorment bien et s’ils gardent le moral », raconte Jessica, ajoutant qu’une collègue offre aussi aux résidents de faire des appels Facetime avec leurs proches. 

Plusieurs conjoints, conjointes, fils ou filles en profitent pour jaser avec l’infirmière qui prend le temps de les écouter.

Jessica aime rendre service, adore les gens et elle a une facilité à les aborder. « Il faut prendre soin des plus vulnérables. On doit les rassurer et les faire sentir bien. C’est important. »

Faire une différence

C’est aussi pour faire une différence dans la vie des gens qui vivent les pires moments de leur vie que Laurent-Xavier Breton est devenu infirmier. Il travaille en dépendance et en santé mentale au Centre Jean-Patrice Chiasson, à Sherbrooke. « Je suis devenu infirmier pour venir en aide. Être utile. »

« On travaille en équipe avec les usagers avec des objectifs. On parle de sevrage physique, de réadaptation, mais aussi de réappropriation de saines habitudes de vie et d’acquisition d’une certaine fonctionnalité ou autonomie », explique celui qui a terminé son baccalauréat en 2017.

« Je ne suis pas vieux, mais mon travail m’apporte une certaine expérience de vie humaine qui m’apprend beaucoup », ajoute le jeune homme de 26 ans.

Laurent-Xavier travaille à la préadmission. « Je vois les gens dans leur pire état. »

Les histoires ne se terminent pas toujours comme dans les films de Walt Disney. « On en voit plusieurs qui reviennent de nombreuses fois. Notre rôle est de les accueillir sans jugement et avec un certain lâcher-prise. Il ne faut pas prendre personnel ni leurs rechutes ni leurs victoires. Quand ça finit bien, ce sont eux qui ont repris leur vie en main. On était simplement là pour les accompagner », résume-t-il.

Une victoire peut ressembler à un usager qui arrive méfiant, craintif, confus, seul. Et qui repart après avoir tissé des liens avec un travailleur social ou un médecin, avoir renoué avec des membres de sa famille. Être en relation avec les autres de façon positive. 

La pandémie a aussi affecté le travail de Laurent-Xavier. « Bien sûr, le niveau d’anxiété de certains usagers a augmenté, surtout dans le département de santé mentale où le bouleversement de la routine a un impact. Le fait de ne pas pouvoir sortir du centre peut amener des idées noires. Comme tous les Québécois, les usagers vivent des inconforts liés à l’isolement. »

La tâche de travail a aussi augmenté pour Laurent-Xavier et ses collègues. « Il y a plusieurs éléments, comme les prélèvements sanguins, qui sont normalement faits par l’hôpital qui sont faits au centre pour éviter les déplacements et la contagion. »

Même les matins où il est plus fatigué, Laurent-Xavier trouve l’énergie de continuer avec l’idée en tête d’aider les gens dans le besoin. « Aider d’une manière concrète, ça vaut toutes les paies. »

Laurent-Xavier est aussi, à sa façon, un pont. Entre le chaos et l’accalmie. Sinon un espoir d’accalmie.

Infirmières et infirmiers: profession de cœur...et d’expertise

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Infirmières et infirmiers: profession de cœur...et d’expertise

Il y a maintenant 42 ans que Luc Mathieu a obtenu son diplôme d’infirmier. Il détient également un doctorat en administration des affaires qui lui a notamment permis d’accéder au domaine de l’enseignement universitaire. Ainsi, la moitié de sa carrière se déroule dans le domaine de la santé et l’autre dans celui de l’éducation. En novembre 2018, Luc Mathieu est élu à la tête de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). Entrevue avec le premier homme à occuper cette position.

Q  Qu’est-ce qui vous a amené vers le domaine des soins infirmiers?

R  J’hésitais entre deux domaines qui n’avaient pas beaucoup de rapport l’un avec l’autre. Je voulais devenir ingénieur forestier ou aller dans le domaine des soins infirmiers. De mémoire, c’est la veille de l’inscription que j’ai choisi. Les deux choses qui m’ont fait choisir les soins infirmiers, c’est le fait qu’on pouvait voyager et aussi le fait qu’on peut faire toute sorte de choses dans ce domaine. On peut agir comme clinicien, on peut faire de l’enseignement, de la gestion et de la recherche. On peut avoir beaucoup de mobilité tout en restant dans la profession d’infirmière ou d’infirmier. Et, bien sûr, j’ai toujours aimé travailler avec les gens et auprès des gens.

Q Comment vivez-vous le fait d’être le premier homme président de cet ordre professionnel majoritairement féminin?

R  Je pense que mes collègues m’ont élu pour les idées que je mettais de l’avant et la vision que j’avais pour l’Ordre. Je ne sens pas une responsabilité particulière, mais tant mieux si le fait que je suis à la présidence de l’Ordre peut inciter plus d’hommes à intégrer la profession. Dans ma carrière, cela a toujours été aidant d’avoir une mixité des sexes, mais aussi des idées. Avec des points vus différents, on peut faire avancer les idées. C’est vrai que c’est majoritairement des femmes dans la profession d’infirmière et qu’il y a des enjeux féministes au sein de la profession. Parfois, on pense qu’être infirmière ou infirmier va de soi, que prendre soin des gens est inné, alors que oui ces qualités de cœur sont importantes, mais les infirmières sont aussi des scientifiques qui ont développé des compétences et une expertise.

Q  Comment la crise de la COVID-19 vous a-t-elle affecté?

  Je suis en télétravail de chez moi depuis la mi-mars. Depuis le début, je siège au Comité directeur clinique de la COVID-19. Mon quotidien a été marqué par cette réalité et par beaucoup de collaboration avec les autres ordres professionnels. On s’est mis tout de suite à collaborer pour faire en sorte que la contribution des infirmières et des infirmiers soit la plus optimale possible dans le contexte de la pandémie. Nous avons transmis des demandes à l’Office des professions qui les a transmis au ministère de la Santé et au ministère de l’Éducation pour alléger certains règlements et enlever des contraintes pour qu’on utilise davantage les infirmières. Entre autres, nous avons fait une demande pour permettre aux infirmières et infirmiers de procéder au test diagnostique de la COVID-19 sans ordonnance. Nous avons aussi collaboré avec nos partenaires afin que les étudiants qui sont en train de finir leur session puissent venir donner un coup de main dans le réseau de la santé, tout en favorisant leur diplomation.

Q Comment croyez-vous que la crise actuelle soit susceptible de transformer la profession d’infirmière et d’infirmier?

R  Je pense que les gens vont découvrir que les infirmières et infirmiers sont des gens de cœur, dévoués, mais aussi que ce sont des gens qui ont une expertise et des compétences dans leur domaine. Ça, c’est une chose. L’autre chose, c’est la situation dans les CHSLD. Il y a une réflexion collective qui va devoir se faire sur comment on donne les soins dans ces milieux. Et au-delà de ça, c’est de tout revoir les soins aux personnes âgées à partir du domicile jusqu’en CHSLD. Parfois les gens pensent que pour travailler en CHSLD, ça ne prend pas beaucoup de compétence ou d’expertise, alors qu’au contraire ça prend beaucoup d’expertise pour travailler comme infirmier dans ces milieux. C’est une leçon que j’espère qu’on retiendra après la pandémie, même si on entend souvent dire ces temps-ci qu’on a besoin de «bras». Oui, on a besoin de bras, mais avec les compétences et l’expertise nécessaire. On ne s’improvise pas soignant. Ça prend une solide formation.

Sciences infirmières: légère hausse des admissions à Shawinigan

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Sciences infirmières: légère hausse des admissions à Shawinigan

Le Cégep de Shawinigan constate une légère hausse des demandes d’admission à son programme en sciences infirmières par rapport à l’an dernier à pareille date.

Dans ce collège, aucun aspirant à la profession n’a quitté ses études en cours de route dans le contexte de la pandémie de COVID-19. La session d’hiver a été complétée le 8 mai, pour les 40 finissants, par rapport au 29 mai pour les autres étudiants.

Médecine familiale: «Ça a ouvert des portes qu’on ne voulait pas ouvrir»

Travailleurs de la santé

Médecine familiale: «Ça a ouvert des portes qu’on ne voulait pas ouvrir»

Trois-Rivières — Si la pandémie de coronavirus a chamboulé la pratique de la médecine familiale et des suivis de grossesse, elle a aussi apporté son lot de changements positifs dans la pratique, des changements qui pourraient perdurer au-delà de la pandémie, en autant que ce soit dans l’intérêt du patient. C’est du moins l’avis du docteur Jean-Philippe Blais, médecin omnipraticien à Trois-Rivières, spécialisé dans le suivi périnatal à la Clinique de périnatalité de Trois-Rivières.

La pandémie aura forcé l’apparition de la télémédecine en un temps record pour les suivis des patients, une réalité qui était jusque-là peu encouragée par les ordres professionnels, note le Dr Blais. Ce dernier estime maintenant que cette pratique ramène le médecin à un niveau très intéressant, alors qu’il peut évaluer certains patients à distance, à partir de leur domicile, et du même coup prendre en considération plusieurs aspects de leur environnement dans son évaluation.

Maryse Martin, infirmière en périnatalité : «Aider, c’est ma mission sur Terre»

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Maryse Martin, infirmière en périnatalité : «Aider, c’est ma mission sur Terre»

Il suffit d’échanger avec Maryse Martin pour comprendre que le mot « aider » revient chez elle comme un leitmotiv. À l’aube de célébrer 30 ans de carrière, l’infirmière trouve le moyen de se réinventer en offrant une panoplie de services, notamment des capsules en ligne destinées aux futurs parents. Pas un instant la crise actuelle n’a fait vaciller la flamme en elle.

En tant que guide, Maryse Martin accompagne les couples dans l’aventure de la parentalité. Du plus loin qu’elle se souvienne, l’infirmière s’est sentie interpellée par ce métier. « Depuis que je suis toute petite, c’est clair. Aider, c’est ma mission sur Terre. Je veux faire la différence dans la vie des gens. Ça me parle énormément. Donc, je suis parfaitement sur mon X », confie-t-elle.

Infirmières de mère en fille

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Infirmières de mère en fille

Quand sa fille aînée Andréanne lui a annoncé qu’elle comptait s’inscrire en sciences infirmières, Chantale Tremblay, elle-même infirmière, n’a pu s’empêcher d’avoir un pincement au coeur.

C’est que celle qui est aujourd’hui assistante infirmière-chef à l’urgence de l’hôpital de Chicoutimi connaît trop bien les sacrifices demandés par la profession. Pendant des années, elle a jonglé avec des horaires de travail atypiques, en s’occupant de ses trois enfants et en complétant son baccalauréat en sciences infirmières.

Alors que Chantale Tremblay voyait des obstacles pour sa fille, Andréanne avait plutôt le regard rivé sur le modèle que sa mère lui offrait depuis sa tendre enfance. « J’ai une maman qui carbure à l’adrénaline et qui est passionnée par son métier », partage Andréanne Claveau.

Elle cherchait elle-même un métier qui lui procurerait de l’adrénaline et la placerait dans le feu de l’action. Après avoir mis de côté l’idée d’étudier en médecine, Andréanne a décidé de suivre les traces de sa mère.

Elle avait assisté, lorsqu’elle avait 13 ans, à la graduation de sa mère comme infirmière clinicienne. Une dizaine d’années plus tard, c’était au tour de Chantale Tremblay de voir sa fille lancer son mortier. « C’était un beau moment, vraiment. J’étais fière d’elle », se rappelle Chantale Tremblay avec émotion.

Toutes deux à l’urgence

Le duo mère-fille de La Baie a même été réuni au sein du même département, durant les premières années d’Andréanne dans la profession, à l’urgence de l’hôpital de Chicoutimi. Une situation qui a tout d’abord rendu Chantale Tremblay quelque peu mal à l’aise. Elle craignait les impressions de favoritisme, alors que sa fille se retrouvait sous son autorité, comme employée sur le plancher.

« Moi, je lui disais non. Je ne voulais pas qu’elle vienne à l’urgence. Puis, elle m’a dit : “Toi, Maman, c’est ta passion, et moi, je ne pourrai pas la vivre, tant que toi, tu vas être là. Je ne pourrai pas y aller.” », se rappelle-t-elle. C’est l’argument qui l’a fait flancher.

Les craintes sont finalement tombées, et tout « s’est super bien passé », rapporte Andréanne Claveau. 

Pour la jeune femme, cela a été une nouvelle occasion d’apprendre de sa mère, son « modèle numéro 1 », en raison de son expérience dans différents départements. « C’est la référence numéro 1, et pas juste pour moi. Je pense que je parle au nom de bien des collègues de travail de l’urgence. »

À l’urgence, Andréanne s’est découvert une passion : la cardiologie. Elle est aujourd’hui infirmière en chirurgie cardiovasculaire et thoracique à l’hôpital de Chicoutimi. Mais surtout, actuellement, à 27 ans, elle est maman à temps plein d’une petite fille de 8 mois.

Pour Chantale Tremblay, cette expérience a été l’occasion de constater que sa fille avait choisi la bonne profession. « Je la regardais et j’étais remplie de fierté. Je la trouvais fine avec les patients », laisse tomber celle pour qui le travail d’infirmière est aussi une question de contacts humains.

Une vocation

C’est d’ailleurs cette passion, cette vocation, que les deux femmes évoquent lorsqu’il est question des années passées à exercer cette profession. Pas un mot sur le temps supplémentaire obligatoire, le manque de personnel et la surcharge de travail.

« Je pense que c’est la combinaison parfaite d’un métier : il y a le côté humain, le côté intellectuel et le côté adrénaline », exprime Andréanne Claveau.

« Être une bonne infirmière, renchérit Chantale Tremblay, ce n’est pas nécessairement de réussir toutes les techniques parfaitement. C’est de mettre une couverture chaude, de prendre la main de quelqu’un et de le rassurer. »

Un contact humain que la COVID-19 « est en train de nous retirer », et qu’elle espère retrouver au lendemain de la crise.

Étudiant en soins infirmiers, Andy est sur son X

Travailleurs de la santé

Étudiant en soins infirmiers, Andy est sur son X

À 20 ans seulement, Andy cumule déjà beaucoup d’expérience. Grâce aux neuf stages réalisés dans le cadre de ses études, il a ainsi pu goûter à différentes spécialités du secteur de la santé. Pédiatrie, chirurgie, chirurgie postopératoire, psychiatrie, maternité, gériatrie...

C’est à titre de préposé aux bénéficiaires auprès des personnes âgées hébergées dans un CHSLD lié à un centre hospitalier qu’Andy travaille depuis deux ans les fins de semaine.

Infirmières: « Le cœur à la bonne place »

Travailleurs de la santé

Infirmières: « Le cœur à la bonne place »

Quand tous les espoirs sont anéantis par la COVID-19 et que les visites des proches sont interdites, il reste des infirmières qui «ont vraiment le coeur à la bonne place», qui accompagnent les patients condamnés «jusqu’à la dernière seconde». Il y a aussi toutes celles qui travaillent dans l’ombre en prévention des infections, pour essayer de faire la vie dure à «une bibitte qui va vite» et qui frappe le monde entier.

Conseillère en soins infirmiers au centre désigné COVID-19 de l’Hôpital de Hull, Ann Larouche sait à quel point les proches des patients dont le coeur s’apprête à cesser de battre auraient voulu être présents. «Ce n’est pas facile pour le personnel, dit-elle. On est en pandémie, il n’y a rien d’habituel, mais on a des moyens technologiques.»

Paramédics prudents pour patients stressés

Travailleurs de la santé

Paramédics prudents pour patients stressés

Tout en devant sans cesse s’adapter à de nouveaux protocoles, les paramédics Guillaume Ouellet et Maxime Thivierge doivent faire preuve de persuasion auprès de patients qui craignent d’être transportés à l’hôpital en pleine pandémie.

Malgré un certain stress inhérent à la pandémie, Guillaume Ouellet et son coéquipier Maxime Thivierge sont rassurés lorsqu’ils embarquent dans leur véhicule de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais, à bord duquel ils ont déjà transporté quelques cas confirmés de COVID-19.