Le marché des granules est destiné à un avenir prometteur, selon John Arsenault de QWEB.

Les granules de bois, un marché en croissance

MATANE – Si le marché des granules de bois est destiné à un avenir prometteur, le Québec ne possède pas moins un passé fort garant dans ce type d’énergie. La première usine québécoise de granules a été fondée il y a plus de 35 ans. De plus, l’Amérique du Nord et, en particulier le Québec, jouissent d’une longue tradition dans l’utilisation du bois comme source de chauffage.

Le directeur du Groupe granules du Bureau de promotion des produits du bois du Québec (QWEB) rappelle que, jadis, nos ancêtres chauffaient leur maison au bois. Aujourd’hui, les nouveaux équipements de chauffage répondent à des normes environnementales. «Les fabricants d’équipements de chauffage fabriquent des produits à haute efficacité avec de moins en moins d’émissions de particules […], souligne John Arsenault. En termes d’efficacité, ils sont plus productifs que les vieilles truies ou les vieux poêles à bois de nos grand-pères!»

Le principal marché visé par les premières usines de granules était le secteur industriel. Aujourd’hui, il est presque exclusivement destiné au chauffage domestique et résidentiel. «Le marché évolue lentement, mais on voit énormément de potentiel, estime M. Arsenault. Le principal casse-tête qu’on a, au Québec, c’est que les autres formes d’énergie, à commencer par l’électricité et les hydrocarbures, que ce soit l’huile à chauffage dans le temps ou le gaz naturel maintenant, sont relativement peu dispendieux. Ça attire la faveur des utilisateurs.»

Actuellement, la majorité de la production canadienne de granules contribue à réduire les gaz à effet de serre d’autres pays, de l’avis de M. Arsenault. «Au Québec, c’est à peu près 50% des granules qui sont exportés, spécifie le spécialiste. C’est principalement vers le marché de la Nouvelle-Angleterre et un peu vers celui de l’Italie.»

M. Arsenault indique que de nouvelles usines sont en construction ou en démarrage pour l’exportation vers l’Europe. Selon lui, l’exportation de granules grimpera à 75 ou 80% après la construction de deux nouvelles usines à Chapais et à Saint-Michel-des-Saints. «Ces deux usines sont à toute fin pratique pour l’exportation, estime l’ingénieur. Le marché intérieur n’est pas assez porteur […].»

John Arsenault entrevoit donc l’avenir des granules comme étant prometteur. «Il y a une progression, constate-t-il. Sur le plan mondial, il y a une croissance soutenue depuis à peu près 2004, où la demande est de 2 millions à 2 millions et demie de tonnes par année. Les projections vont continuer certainement pour cinq à six ans.»

Un BBQ aux granules

Une nouvelle tendance se dessine aux États-Unis: les BBQ aux granules. Dans les faits, il y a longtemps que les BBQ aux granules existent. «Mais, il y a un an et demi ou deux ans, quelqu’un a eu la brillante idée d’envoyer un BBQ aux granules à des chefs qui sont des blogueurs, raconte le directeur du Groupe granules pour QWEB. Ils ont vendu plus de BBQ aux granules dans la dernière année qu’ils en avaient vendus dans les 15 ans avant! Tout à coup, il y a 1 million de BBQ aux granules qui se sont vendus aux États-Unis.»