La propriétaire de la Fruitière des Cantons, Isabelle Hauver, espérait que l’autocueillette serait permise cet été. Pas moins de 85% de ses revenus en dépendent.
La propriétaire de la Fruitière des Cantons, Isabelle Hauver, espérait que l’autocueillette serait permise cet été. Pas moins de 85% de ses revenus en dépendent.

Les autocueilleurs bienvenus dans les champs

La décision du gouvernement du Québec de permettre l’autocueillette de fruits et légumes cet été a été accueillie avec un soupir de soulagement par plusieurs producteurs agricoles de la région, dont la propriétaire de la Fruitière des Cantons, à Shefford.

« L’autocueillette représente environ 85 % de notre chiffre d’affaires. Si ça n’avait pas été permis, il aurait fallu qu’on engage plein de gens pour faire les récoltes. On aurait aussi dû trouver des points de vente. Ça aurait été très chamboulant », lance Isabelle Hauver.

Celle-ci affirme que la décision du gouvernement québécois était attendue avec impatience par les producteurs depuis plusieurs semaines.

À la Fruitière des Cantons, l’autocueillette, prisée pour le contact avec la terre qu’elle suscite, débute avec les fraises, vers la fin juin, et se termine avec les citrouilles en octobre. Entre les deux, il est aussi possible de cueillir à la ferme du chemin Allen des framboises, des bleuets, du cassis, du raisin de table, des pommes et des courges.

Un protocole, établi par la Santé publique, devra néanmoins être respecté. Des stations de lavage de mains ainsi que la distanciation physique dans les champs devront entre autres être mises de l’avant. Rien de trop difficile, estime toutefois Isabelle Hauver.

Le copropriétaire des Petits fruits du clocher, Manuel Gosselin, estime que l’autocueillette est la «façon la plus saine de consommer des fruits».

Même son de cloche de la part du copropriétaire des Petits fruits du clocher à Sainte-Cécile-de-Milton, également président de Camerise Québec. « Je pense que pour quelqu’un de sérieux, qui est prêt à faire de petits compromis, c’est très acceptable », affirme Manuel Gosselin.

Habitude saine

Aux Petits fruits du clocher, où il est possible de cueillir des camerises, des framboises et des bleuets, l’autocueillette n’a cessé de gagner en popularité au fil des ans. Elle génère environ 50 % des revenus de l’entreprise agroalimentaire.

« S’il n’y avait pas eu d’autocueillette, ça aurait été des revenus en moins, mais ça aurait été aussi beaucoup plus de travail au champ. On aurait dû engager des gens pour cueillir tout ce que les gens ramassent à la main. C’est un double casse-tête quand on ne peut pas faire l’autocueillette », souligne M. Gosselin.

Le Terroir de Dunham aurait peut-être dû abandonner plus vite certains de ses champs de fraises, faute de ressources suffisantes pour tout cueillir, avance le propriétaire de l’endroit, Jonathan Rainville.

Environ 20 % du volume produit à la ferme de la rue Principale est vendu dans le cadre de l’autocueillette. « Ça aurait changé la donne. Mais on est contents que ça soit possible, autant pour les clients qui apprécient pouvoir faire de l’autocueillette que pour nous. Ça va nous permettre de passer des fraises », laisse-t-il tomber.


« L’autocueillette représente environ 85 % de notre chiffre d’affaires. Si ça n’avait pas été permis, il aurait fallu qu’on engage plein de gens pour faire les récoltes. On aurait aussi dû trouver des points de vente. Ça aurait été très chamboulant. »
Isabelle Hauver

Alors que l’achat local et le jardinage urbain ont actuellement la cote, Manuel Gosselin croit que plusieurs consommateurs opteront pour l’autocueillette, en cette période de pandémie.

« Ça vient directement du plant. Il n’y a aucun intermédiaire. Tu le prends toi-même et tu le mets dans ton panier ou les contenants que tu apportes de la maison. C’est la façon la plus saine de consommer des fruits. En même temps, ça nous permet de prendre l’air. C’est gagnant sur plusieurs points », estime-t-il.

Bref, M. Gosselin s’attend à ce que l’autocueillette soit une activité très prisée cette année, si, bien sûr, la météo est au rendez-vous. « On va être prêts », lance-t-il.