Ordre des ingénieurs du Québec: plus de place pour les femmes et les immigrants

La profession d’ingénieur connaît de grands changements et s’adapte aux réalités d’aujourd’hui. La relève, l’offensive pour attirer des femmes et la rareté de la main-d’œuvre constituent quelques-uns des défis de l’heure dans le secteur de l’ingénierie. Le Groupe Capitales Médias aborde quelques-uns de ces aspects à l’aube du mois de l’ingénierie et à la veille de l’année marquant le centenaire de la création de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

MATANE — Parmi les différentes actions projetées, l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) se donne deux grands défis: attirer plus de femmes dans la profession et faciliter l’accès des immigrants à la pratique.

«La relève est un aspect qui nous préoccupe beaucoup», indique la présidente de l’Ordre, Kathy Baig. L’organisme mènera d’ailleurs une campagne auprès des étudiants. Cette initiative visera aussi à attirer plus de femmes dans la profession, qui ne compte que pour 15% des 66 000 membres de l’Ordre, dont les disciplines sont au nombre d’environ 45. «On est loin des 50% que d’autres professions peuvent avoir», est forcée d’admettre Mme Baig.

Ingénieurs Canada, qui regroupe tous les ordres professionnels en ingénierie du Canada, vise 30% de femmes dans les nouvelles inscriptions en 2030. «Toutes les provinces se sont inscrites dans ce mouvement-là afin d’atteindre la cible, mentionne la présidente de l’OIQ. Nous, au Québec, on est en train de mettre sur pied un projet d’ambassadrices. Un des moments-clés où on peut avoir un impact, c’est au secondaire, surtout en secondaire 3.»

Des ingénieurs bénévoles font déjà de la promotion dans les écoles secondaires pour parler de leur profession. Cependant, 90% d’entre eux sont des hommes. Or, l’Ordre veut plus de femmes bénévoles. «Les ambassadrices vont se déployer à travers le Québec pour aller rencontrer les étudiantes, espère Kathy Baig. On va leur fournir une trousse avec des activités à faire en classe pour que les étudiantes puissent mieux comprendre ce qu’est le génie.»


« Un des moments-clés où on peut avoir un impact, c’est au secondaire, surtout en secondaire 3. (...) Les ambassadrices vont se déployer à travers le Québec pour aller rencontrer les étudiantes. »
Kathy Baig, présidente de l'Ordre es ingénieurs du Québec

Pour ce faire, l’OIQ a lancé un appel à toutes les femmes ingénieures intéressées à devenir ambassadrices. «On a eu plus de 600 inscriptions de femmes intéressées à comprendre le projet, se réjouit la présidente. Ensuite, elles verront si elles veulent s’inscrire comme ambassadrices.» L’Ordre souhaite mettre le projet en marche à la fin septembre (pour plus d’information: placepourtoi.ca).

Nouvelles cibles pour les immigrants

Le dossier des immigrants en est aussi un sur lequel l’Ordre des ingénieurs travaille très fort depuis le printemps dernier. L’OIQ, qui est l’un des plus gros ordres au Québec, accueille de 500 à 600 étrangers par année. Environ 58% des gens qui font leur demande de permis réussissent à l’obtenir dans un délai moyen de 16 mois. «On s’est fixé de nouvelles cibles, avance la présidente. On espère avoir 75% des gens qui obtiendront leur permis à l’intérieur de huit mois.»

Pour atteindre ces cibles, l’Ordre offrira notamment de l’accompagnement auprès des professionnels étrangers. Une plus grande attention sera aussi portée à leur parcours professionnel, dont l’expérience peut parfois combler certaines lacunes académiques.

Pour assurer une meilleure connexion avec ses membres, la présidente de l’OIQ participe, depuis trois ans, à une tournée de 11 régions du Québec afin de mieux comprendre les réalités sur le terrain et pour présenter le plan stratégique ING 2020. 

La présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, Kathy Baig.

LES INGÉNIEURS DU QUÉBEC EN CHIFFRES

  • Nombre d’ingénieurs: 66 000
  • Nombre de femmes ingénieures: 9 900
  • Nombre de disciplines: 45
  • Nombre de diplômés en génie (2016): 3 771
  • Nombre d’ingénieurs étrangers admis: 500-600/an