Jocelyne et Jacques Marseille prennent grand soin de leur potager, leur serre et leur poulailler dans leur cour, à Cowansville.
Jocelyne et Jacques Marseille prennent grand soin de leur potager, leur serre et leur poulailler dans leur cour, à Cowansville.

Des passionnés de jardinage se racontent

Ail, échalotes, tomates, fenouil, cerises de terre, pommes, raisins et des dizaines d’autres fruits, légumes et fines herbes poussent chez les Marseille, qui, avec beaucoup de patience et de temps, ont aménagé un potager et une serre dans leur cour.

En plus des carrés où poussent de nombreux plants, Jocelyne et Jacques Marseille ont un petit jardin d’eau sur lequel veille une statue de Lao Tseu, un poulailler où vivent Rock Star, Aurore et Blondie, une petite ruche d’abeilles pollinisatrices et un solarium où ils « passent leurs journées ».

Depuis 20 ans, le couple voit son jardin s’agrandir, se transformer, évoluer au gré des saisons, des vents, des pluies, des insectes. Comme s’il avait une vie propre.

« Jocelyne, c’est le cerveau. Elle lit beaucoup sur le jardinage, amène des idées. Moi, je suis les bras. C’est un travail de couple », dit Jacques Marseille, arrivé de la France en 1964.

C’est d’ailleurs son père et l’image de son grand jardin, en France, qu’il avait construit lui-même et qui tombait en escalier, qui a inspiré Jacques à toujours en posséder un.

Serre et solarium

La serre, qu’ils ont construite il y a environ trois ans avec l’aide précieuse et l’expertise de leurs amis Isabelle Longpré et Michel Guénette, leur permet d’« étirer la saison », dit Jocelyne. « Ça demande beaucoup de travail. »

Deux figuiers, plante plus rare au Québec, poussent entre autres dans un coin de la serre.

L’an prochain, Jocelyne et Jacques, qui passent beaucoup de temps dans leur solarium, aimeraient l’aménager comme « serre de départ ».

Transformations et petits pots

Avec ses différentes sortes de tomates, Jocelyne fait de la bruschetta, des sauces ; avec la rhubarbe, elle fait de la compote, et bien d’autres « transformations » qui lui donnent de 300 à 400 pots conservés dans ses deux gros congélateurs. Ainsi, elle peut « sentir l’été en ouvrant un pot de marmelade l’hiver ».

Jocelyne parle de « transformation » de ses récoltes en tant que combinaison d’aliments, ce qui permet aux Marseille d’avoir des aliments frais toute l’année. Pesto, confitures, marmelade, et feuilles de verveine citronnelle séchées qu’on infuse pour les tisanes ne sont que quelques exemples de produits « transformés » que Jocelyne conserve en pots. Elle fait également ses propres pâtes alimentaires, son pain, ses viandes froides, ses saucisses italiennes et ses pizzas.

Ail, échalottes, tomates, fenouil, cerises de terre, pommes, raisins, zucchinis, figues, vigues, piments, et des dizaines d’autres fruits, légumes et fines herbes poussent chez les Marseille.

« Un univers personnel »

Mariés depuis 49 ans, Jocelyne et Jacques Marseille prennent tellement soin de leur jardin, qu’ils n’ont pratiquement pas vu la pandémie passer.

« Un jardin, c’est un univers personnel. Quand tu es dans la terre et que tu t’occupes des légumes, avec des écouteurs et des podcasts dans les oreilles, tu vois pas la journée passer », philosophe Jacques Marseille.

Un engouement soudain pour le jardinage a éclos chez plusieurs personnes avec les mesures de confinement, et selon Jocelyne, « peut-être entre 15 et 25 % des gens vont continuer après la pandémie. Et pour ces gens-là, c’est une belle découverte. C’est comme rencontrer quelqu’un qui va changer ta vie ».

Les poules Blondie et Aurore donnent des oeufs frais le matin, et le fumier procure aux Marseille de l’engrais.

Conseils de jardiniers

Trois poules donnent aux Marseille des œufs frais, en plus du fumier comme engrais pour le jardin. L’eau de pluie est ramassée pour le compostage et l’arrosage. « Tout est utilisé », dit Jocelyne.

Une partie du jardin, qui a été plantée il y a une semaine, donnera entre autres des zucchinis et du céleri-rave.

« Si tu veux un jardin où tout est beau tout le temps, va au IGA ! », blague M. Marseille, qui conseille à ceux voulant se partir un jardin de faire preuve de patience et de persévérance.

« Il ne faut pas avoir d’attentes. Sinon, vous allez être déçus. L’an passé, on n’a eu des tomates qu’à la fin juillet. Si vous attendez constamment, vous allez vous décourager. Jardiner, ça doit demeurer un plaisir. »

Jocelyne ajoute que débuter avec des fruits exotiques, comme les figuiers, n’est pas recommandé. « C’est important d’avoir aussi les bons outils. Il ne faut pas lésiner sur ça. »

« Chaque jardinier trouve son compte, sa façon à lui », fait valoir M. Marseille.

Le père de Jacques avait 92 ans lorsqu’il a fait son dernier jardin. On souhaite aux Marseille de longtemps prendre soin du leur.