Christiane Germain, cofondatrice et coprésidente du Groupe Germain Hôtels.

Groupe Germain Hôtels: tendances et signature

Les grandes tendances de voyages montrent que les gens cherchent de plus en plus à vivre des expériences, estime la cofondatrice et coprésidente de Groupe Germain Hôtels, Christiane Germain.

«Les gens ne veulent pas faire des tours guidés en autobus. Ils ne veulent pas être appelés des touristes, mais vivre comme les gens des lieux qu’ils visitent. Leur séjour doit être le plus proche possible de la réalité quotidienne des citoyens», explique Mme Germain.

Ce sera le marché public comme le Marché Jean-Talon à Montréal, ou celui de Québec. Ils iront dans des lieux où les Montréalais et les Québécois vivent. Il y aura encore les fameuses visites en groupe dans les autobus de touristes, mais la tendance qui se dessine fortement est axée sur l’expérience la plus authentique en termes d’activités.


« «Les gens ne veulent pas faire des tours guidés en autobus. Ils ne veulent pas être appelés des touristes, mais vivre comme les gens des lieux qu’ils visitent» »
Christiane Germain

«On voit cette tendance avec les clients qui résident dans nos hôtels. Les concierges de nos hôtels rencontrent les clients et voient à partir des questions posées que les personnes cherchent des éléments pour être connectés à la vie du milieu. Les gens à la recherche d’un restaurant prennent la peine de dire qu’ils ne veulent pas se retrouver dans un endroit remplis de touristes», souligne-t-elle.

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Visite locale

La tendance est forte pour que les voyageurs se sentent plus proches de la population locale. La technologie permet aux visiteurs de faire beaucoup de magasinage avant le départ en voyage. Ils ne cherchent pas simplement un prix, mais c’est une recherche de la bonne valeur pour leur séjour.

Elle précise que le personnel du Groupe Germain Hôtels est bien au fait des nouvelles tendances et il a été formé pour répondre aux demandes des visiteurs qui cherchent à vivre des expériences lors de leur séjour touristique.

«Nous communiquons avec les gens par courriel pour leur demander ce que nous pouvons préparer avant leur arrivée. Les gens nous répondent, ce qui permet de belles occasions de discussion pour les aider à organiser leur séjour en fonction de leurs goûts et de leurs attentes», continue Mme Germain.

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Tourisme culturel

L’autre tendance dans le monde du voyage touche le tourisme culturel. Selon Mme Germain, de plus en plus de personnes voyagent pour visiter des musées ou de grandes expositions.

«Ce peut être pour la musique, une série de concerts ou suivre un artiste en tournée. Le tourisme culturel est en croissance dans les grandes villes dans le monde et au Canada. Outre la musique, ce pourra être pour l’architecture. Certaines villes se prêtent bien à cela avec des parcours pour visiter une série d’édifices», raconte-t-elle.

Cela fait partie des expériences à vivre. Des gens voyagent pour les concerts, pour la gastronomie dans de grands restaurants.

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Prix ou service

Les Tivago et Booking de ce monde proposent des prix alors que les voyageurs se tournent vers ce qu’il y a à faire et à vivre dans telle ou telle ville dans le pays visité.

Pour Mme Germain, le consommateur ou le voyage va davantage se servir des différentes plateformes pour voir ce qui est disponible sur le marché.

«Les gens ont le réflexe d’aller directement sur le site de l’hôtel. Les plateformes technologiques sont comme un centre commercial où l’on peut voit toutes les offres, mais nous sentons que les clients veulent se rapprocher de nous et faire directement affaire avec nous», estime-t-elle. D’autant plus que le Groupe Germain Hôtels a ses propres outils Web pour les réservations.

Selon elle, la tendance de réserver sur le site de l’hôtel choisi vient de la prise de conscience qu’en étant en contact direct avec l’hôtelier, si un problème survient comme une erreur dans la réservation, il aura le support du personnel pour effectuer des changements ou apporter des corrections.

«En passant par un intermédiaire, ce dernier ne pourra pas faire grand-chose pour le client. À titre d’exemple, lors de l’éruption du volcan en Islande, tous les vols étaient retardés, décalés, voire annulés, les intermédiaires ne pouvaient pas apporter leur aide. C’était très difficile de faire des annulations. En travaillant directement avec l’hôtelier, il n’y a pas ce type de problème. Le consommateur est de plus en plus éduqué. J’ai l’impression que les voyageurs vont revenir à la réservation directe à l’hôtel», soutient-elle.

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Concept Alt

La bannière Alt est très différente de la bannière Le Germain plus luxueux. Les hôtels Alt sont dans la catégorie des établissements trois étoiles.

Le concept Alt est apparu après la construction de quelques hôtels Le Germain au Canada. Il y avait encore de la place pour de l’hôtellerie, mais pas nécessairement pour des hôtels quatre étoiles partout.

Le concept Alt a notamment été implanté à Ottawa.

«Nous avons voulu créer des hôtels-boutiques plus abordables où le design prend beaucoup de place, mais que l’on ne peut pas reproduire d’un lieu à l’autre à l’identique. Il y a des ressemblances. Par contre nous avons voulu nous distinguer des établissements trois étoiles qui sont en général identiques et ennuyants. Alt, est un design plus moderne et plus actuel», exprime Christiane Germain, coprésidente de Groupe Germain Hôtels.

C’est ce qui a permis au groupe de s’installer dans des villes où il aurait été plus difficile d’implanter le concept Le Germain.

L’hôtel à Brossard, l’Hôtel Alt+ Quartier DIX30, offre plus de service que ceux de la bannière Alt. «Les chambres sont un peu plus spacieuses, c’est un espace de vie avec un petit côté loft en ayant plus d’espace de vie. Les gens peuvent déjeuner dans la chambre avec la mini cuisine où l’on peut faire chauffer des plats et garder des choses au froid. On peut y prolonger son séjour», souligne celle qui s’intéresse beaucoup au design et à la décoration des hôtels.

Avouant qu’elle aime beaucoup le design, Mme Germain rappelle que le groupe travaille avec les mêmes architectes depuis plusieurs années de sorte qu’elle se sent bien accompagnée dans les nouveaux projets. «J’aime les endroits qui ont une âme. Ça dépend aussi du personnel, mais aussi de l’environnement. C’est certain que mes goûts font partie du projet,» exprime-t-elle.

L’idée derrière les hôtels Alt, demeure de donner une âme aux établissements et d’améliorer les projets à chaque nouvelle construction depuis le premier Alt en 2007.

Quant au projet à Vancouver, il est toujours dans la mire. Cependant, la famille Germain continue d’être disciplinée dans ses développements. À Vancouver, les prix des édifices et des terrains sont très chers. «Nous cherchons la bonne occasion au bon endroit», conclut-elle.

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TROIS DÉFINITIONS

1- Staycation

Ce mot à la mode est une contraction des mots anglais «stay» (rester) et «vacation» (vacances). Ce concept né à Singapour se traduit parfois ainsi : voyager sans bouger. Ce sont des vacances proches de la maison sans devoir prendre l’avion. Certaines traductions parlent des «vacances à Balconville».

Christiane Germain, coprésidente du Groupe Germain Hôtel l’illustre ainsi. «Un couple ou des amis vont assister à un spectacle au centre-ville de Montréal par exemple. Au lieu de retourner à Laval ou sur la Rive-Sud, ils décident de passer la nuit en ville».

En principe, c’est de coucher dans un hôtel de la ville où l’on réside.


2- Bleisure

Il s’agit d’une autre contraction de mots anglais : business et leisure, travail et loisir.
C’est ce que font des gens qui ont des rencontres d’affaires, que ce soit un colloque, un congrès ou des réunions et qui choisissent de prolonger leur séjour pour le plaisir de découvrir la ville où ils séjournaient pour le travail.

«Cette façon de voyager est de plus en plus populaire chez les gens d’affaires», affirme Mme Germain qui constate une augmentation de cette façon de faire dans les établissements du groupe.


3- L’achalandage

Dans les hôtels du Groupe Germain, en terme d’achalandage annuel, la majorité des clients sont canadiens, mais l’été le nombre de touristes étrangers est plus élevé.