ZONE HOMMAGE AUX MEILLEURS

La force de la résilience

SHERBROOKE — Courir. Un pas devant l’autre. Un autre, et puis un autre. Encore. Pendant des heures.

Courir des distances extrêmes, pour le pédiatre-intensiviste du CHUS (Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke) et ultramarathonien Sébastien Roulier, c’est apprendre la résilience. La course à pied, sur route ou en sentiers, fait maintenant partie de son ADN et lui a permis de dépasser ses limites.

En une semaine, en septembre dernier, il a établi un record Guinness au marathon de Montréal en complétant les 42 km en 3 heures, 1 minute et 24 secondes, un marathon complété en duo alors qu’il poussait Marie-Michelle Fortin, une Chicoutimienne de 22 ans atteinte de paralysie cérébrale, assise dans son fauteuil roulant.

Quelques jours plus tard, il prenait l’avion pour la Grèce, où il devenait le premier coureur québécois à compléter l’exigeant Spartathlon, qui relie Athènes et Sparte, sur une distance de 250 km.

Sébastien Roulier est un habitué des défis extrêmes; il a pris part à une quarantaine d’ultra-marathons (course de plus de 80 km), et à plus de 55 marathons. En plus de 170 courses, il n’a jamais abandonné.

Il avoue cependant que cette semaine de septembre dernier fut un peu beaucoup rock and roll.

« C’était assez débile oui! », a-t-il admis.

« Quand j’ai planifié à la fin 2017 le Spartathlon, je n’avais pas prévu aussi le marathon de Montréal. Le Spartathlon était ma course principale pour 2018; toutes les courses par la suite étaient en lien pour une progression vers le Spartathlon. J’ai fait un 100 km, un 24 heures de courses où j’ai fait 220 km, des sorties un peu plus longues. »

« Après avoir fait le Demi-marathon de Lévis avec Marie-Michelle au début du mois de mai, je lui ai dit que si elle était intéressée à faire un marathon, qu’elle me fasse signe. »

« Ça a été facile, j’ai eu le sourire tout le long de la course. Il y a plein de kilomètres que je n’ai pas vus passer. Avec les gens sur les bords du parcours qui nous encourageaient, tu ne penses pas à tes bobos. Tu as des ailes et tu y vas, tu fonces. »

Une fois le marathon de Montréal complété, Roulier a pris la direction de la Grèce, où l’imposant Spartathlon l’attendait.

Le Spartathlon est une course inaugurée en 1983, qui retrace le parcours de Phidippidès, un messager athénien, envoyé à Sparte en -490 afin de demander de l’aide lors de la Bataille de Marathon.

Sébastien Roulier a complété l’épreuve de 246 km en 33 heures et 47 minutes, en 120e position.

« On a aussi dû affronter le cyclone Zorba, qui a été extrême, avec des vents et des bourrasques qui pouvaient atteindre les 140 km/h. En plus des trombes d’eau qui tombaient. Mais bon, tu avances. Tu fais un pas, et un autre. Physiquement, ce fut ma course la plus exigeante. Mais je n’ai jamais pensé abandonner. Mais j’avais hâte que ça finisse! »

Cette passion pour les distances extrêmes, les défis qui poussent le corps humain vers ses limites, connaît une hausse de popularité. Les épreuves offertes aux participants sont de plus en plus difficiles.

Pour Sébastien Roulier, ce n’est pas une question de performance. Mais de quête. Et de bonheur. Et surtout, de résilience.

« Certains coureurs vont trouver leur compte dans un 5 km; moi j’ai besoin de plus. C’est une façon de se sentir vivant. C’est face à des épreuves qu’on réalise plein de choses. Même si le défi semble impossible, je sais que je vais y arriver. J’ai cette confiance. C’est un entraînement à la résilience. »

« Au début, c’était la performance qui primait, mais la résilience s’est imposée naturellement. Ça vient aussi rejoindre mon métier d’intensiviste, parce que je côtoie la maladie dans ce qu’elle a de plus extrême. Je travaille avec le spectre de la mort. Comment on continue son travail, quand on vient de vivre un décès une heure avant? Ce n’est pas de l’insensibilité, c’est qu’il y a un cheminement qui a été fait. Probablement qu’à la base, je suis quelqu’un d’assez résilient pour intégrer tout ça. Ça m’affecte, mais je suis capable de continuer. »

« On a toujours le choix : continuer ou arrêter. Ça arrive à tous, c’est comment tu arrives à gérer la partie négative du parcours, qui fait la différence. C’est pas que je suis brutal envers mon corps ou têtu, mais la course est une métaphore de la vie, c’est le reflet de ma personnalité et de mes valeurs. »

Elles ont un parcours impressionnant. Elles sont une véritable source d’inspiration. Des personnes d’exception racontent leur histoire dans la série Hommage aux meilleurs que présente le Groupe Capitales Médias avec le soutien des Fromages d’ici. Ce partenaire n’a aucun droit de regard sur le contenu. 

Prochain rendez-vous : le 16 novembre



Zone Une forêt à connaître

Aménager le vivant (2e de 5)

Les forêts représentent presque la moitié de la superficie totale du Québec. Toutefois, cette ressource majeure de l’économie est mal connue.

Quel est l’état des lieux aujourd’hui? Comment fait-on l’exploitation raisonnable et contrôlée, l’aménagement, le reboisement, la protection de la forêt? Comment fait-on le point sur la question actuelle de la main-d’œuvre, sans oublier les efforts investis dans la recherche et l’innovation?

Dans cette série, le Groupe Capitales Médias aborde ces questions. Prochain rendez-vous: le 10 novembre

ZONE UNE FORÊT À CONNAÎTRE

Pour une forêt plus performante

MATANE – La forêt québécoise représente un cinquième du territoire forestier canadien et 2% des forêts du monde. L’aménagement forestier durable constitue le pain et le beurre de plus de 200 municipalités du Québec. Ses retombées sont incontestables sur le plan de la main-d’œuvre et des activités de plein air. Au-delà de certains mythes qui ne voient que la coupe d’arbres, l’aménagement forestier se préoccupe avant tout de la santé de la forêt pour assurer sa pérennité, mais aussi pour la rendre plus performante.

«Au Québec, on a des normes très précises, stipule la directrice de l’Association forestière du sud du Québec, Amélie Normand. On récolte des arbres, mais pas n’importe où et n’importe quand! Il y a des façons de faire, des procédés, des mesures d’atténuation. On protège la forêt en fonction des utilisateurs et de l’environnement.»

«Si on ne fait que prélever purement et simplement, il est évident qu’on va manquer de ressources par rapport à la demande et aux besoins qu’on a aujourd’hui dans l’économie, prévient le président de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, François Laliberté. On essaie de faire produire plus que ce que la nature nous donne, mais aussi et parfois plus en qualité. On essaie d’activer les processus, tout en respectant les capacités du milieu.»

Selon l’ingénieur forestier, il est d’autant plus important de faire de l’aménagement forestier puisque la population augmente. «Ça met de la pression, reconnaît-il. Il faut qu’on produise plus!» M. Laliberté croit également que la forêt et les produits du bois sont une merveilleuse façon de remplacer une foule d’autres produits, dont plusieurs sont nocifs pour l’environnement. «Ca nous prend donc du bois, insiste-t-il. Une plantation devrait produire mieux et plus qu’un peuplement laissé à lui-même naturellement.»

Zone Une forêt à connaître

La forêt Montmorency, un modèle

MATANE – Plus vaste forêt d’enseignement et de recherche au monde, la forêt Montmorency, située à 45 km au nord de Québec, est considérée comme un modèle d’aménagement durable. En plus d’être un milieu d’enseignement et de recherche depuis 1964, elle est ouverte au public.

Les activités de la forêt Montmorency se déclinent sous trois grandes sphères: l’enseignement et la recherche, l’ouverture au public et la foresterie. «Ces trois volets-là définissent le modèle d’aménagement et la façon de mettre en valeur l’ensemble des ressources du territoire», précise le directeur des opérations, Hugues Sansregret. Pour y parvenir, ses acteurs mettent de l’avant un modèle viable d’aménagement des ressources ligneuses, fauniques, hydriques, récréatives, touristiques et paysagères, tout en veillant à la productivité de la forêt, à sa capacité de régénération et à sa vitalité.

ZONE UNE FORÊT À CONNAÎTRE

Des pistes d’avenir pour la forêt?

MATANE – Avec le virage que prennent le gouvernement du Québec et de plus en plus de municipalités en optimisant l’utilisation du bois dans les constructions publiques et dans la fabrication de meubles, l’économie générée par la forêt ne s’en porte que mieux.

«Il n’y a pas juste Ikea, en Suède, qui peut faire des choses en bois, illustre le directeur des opérations de la forêt Montmorency, Hugues Sansregret. Au Québec, on est capables, nous aussi!» La bio-énergie peut aussi être une avenue visant à assurer la pérennité de la forêt. «On a des extractibles provenant des résidus forestiers qu’on peut utiliser pour remplacer les combustibles fossiles comme l’essence ou le diesel», croit M. Sansregret.

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FORÊT MONTMORENCY EN CHIFFRES

412 km² de superficie

73 projets de recherche

700 publications

Zone Une forêt à connaître

La forêt, une ressource inestimable

Les forêts représentent presque la moitié de la superficie totale du Québec. Toutefois, cette ressource majeure de l’économie est mal connue.

Quel est l’état des lieux aujourd’hui? Comment fait-on l’exploitation raisonnable et contrôlée, l’aménagement, le reboisement, la protection de la forêt? Comment fait-on le point sur la question actuelle de la main-d’œuvre, sans oublier les efforts investis dans la recherche et l’innovation?

Dans cette série, le Groupe Capitales Médias aborde ces questions. 1er de 5.

Prochain rendez-vous: le 3 novembre.

Zone Une forêt à connaître

Construction en bois: les municipalités doivent donner l’exemple

MATANE — «Si chacune des municipalités et des MRC donne l’exemple en utilisant du bois pour leurs constructions publiques, on va contribuer à une économie forte de la forêt», estime le président du Regroupement des communautés forestières et premier vice-président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Yvon Soucy.

«Elles donnent aussi l’exemple aux entreprises privées», poursuit-il. L’utilisation du bois dans les nouvelles constructions publiques est d’ailleurs l’élément phare du plan d’action 2018-2019 élaboré par le Regroupement des communautés forestières. La publication d’un guide sur l’utilisation du bois, qui représente 2,8% du PIB du Québec, est aussi dans les cartons.

Le plan d’action repose sur quatre axes:

1) conserver et favoriser une industrie essentielle;

2) favoriser des mesures concrètes pour intégrer davantage de bois dans les projets municipaux d’énergie et de construction;

3) aménager la forêt pour combattre les changements climatiques;

4) développer les économies de la forêt. Une déclaration commune est née de ce plan d’action que la FQM enjoint les municipalités à adopter. «Près de 200 municipalités et MRC l’ont adoptée», se réjouit le président du Regroupement.

La MRC du Kamouraska, pour laquelle Yvon Soucy est le préfet, donne l’exemple dans la construction de bâtiments publics en bois. L’Édifice Claude-Béchard, qui abrite d’ailleurs les bureaux de la MRC, en est un exemple. Une autre construction en bois sera mise en chantier l’été prochain à La Pocatière. Au coût de 2,4 millions$, la mise en chantier de la Maison d’accueil touristique du Kamouraska privilégiera l’utilisation du bois.

Les priorités de l’UMQ

À l’Union des municipalités du Québec (UMQ), le comité forêt priorise deux grands dossiers: le bois d’oeuvre et le caribou forestier. Le comité forêt adhère en totalité aux recommandations du forestier en chef. D’ailleurs, sa recommandation phare, qui porte sur les bois mal aimés, préoccupe le comité, qui réunit une quinzaine de maires.

«Certains types de bois ont moins de valeur et trouvent moins preneur dans l’industrie forestière traditionnelle, explique Jean-Maurice Matte, qui est membre du comité forêt. Il faut trouver des alternatives économiques pour ces volumes de bois qui sont laissés sur les parterres de coupe. On souhaite qu’il y ait plus d’effort qui soit fait par les gouvernements pour étudier et accompagner les industries qui veulent tendre vers ce type de production.»

Zone Une forêt à connaître

Un puissant moteur socio-économique

MATANE — Au Québec, 220 communautés dépendent de la forêt. C’est une municipalité sur cinq. Si les arbres sont les poumons des villes, la forêt est le cœur de toutes les régions du Québec. Que ce soit pour le travail, les loisirs ou les multiples utilisations qui en découlent, la forêt est la pierre d’assise du développement et de la vitalité des régions. La forêt est donc destinée à un avenir prometteur, croient de nombreux acteurs.

Pour le président du Regroupement des communautés forestières de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), les activités découlant de la forêt génèrent 106 000 emplois directs. C’est 2,8% de l’économie québécoise. «Elles injectent 9,5 milliards$ dans l’économie», précise Yvon Soucy.

Seulement dans la MRC du Kamouraska, dont M. Soucy est le préfet, la sylviculture et la transformation du bois procurent du travail à 500 personnes, ce qui représente 5% du total des emplois du Kamouraska.

Zone une forêt à connaître

Collectif pour une forêt durable: une mobilisation sans précédent

MATANE — Mis sur pied l’an dernier par le Conseil de l’industrie forestière du Québec, le Collectif pour une forêt durable regroupe une soixantaine de partenaires pour lesquels le développement durable des forêts québécoises leur tient à cœur.

Ces partenaires issus des milieux social, économique et municipal du Québec, accompagnés d’intervenants du secteur forestier de toutes les régions, participent à une mobilisation sans précédent axée sur la forêt et sur son immense potentiel. Les membres du Collectif s’engagent à mettre de l’avant des activités, des initiatives, des stratégies de promotion et des coups d’éclat visant à valoriser la forêt dans toutes les régions et les grandes villes du Québec. Ceux-ci sont invités à prendre la parole pour témoigner de toute l’importance que la forêt peut avoir sur leurs activités.

Parmi eux, l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT) a été l’un des premiers partenaires à joindre le Collectif en contribuant à son élaboration.

«Le Collectif vise à ce que tous les organismes et entreprises qui utilisent la forêt puissent faire un 360 degrés, illustre le président et chef de la direction de l’AQMAT, Richard Darveau. La ressource ligneuse, c’est l'un des rares trucs où on peut tellement se chicaner, mais aussi se fédérer. Là, on réussit à regarder ce qui nous rejoint, ce qui nous réunit. C’est le grand succès de ce collectif.»

Ressource fondamentale dans le secteur résidentiel

Richard Darveau, dont l’organisme représente un millier de quincailleries et de centres de rénovation réunis sous une demi-douzaine de bannières au Québec, rappelle que dans le secteur résidentiel, le bois est fondamental. «Sur les 300 principales manufactures qui ont comme ligne de production principale des matériaux ou des articles de quincaillerie pour la maison, 40% sont faits en bois, avance-t-il. C’est majeur!»

Pour le directeur du Jour de la terre, les partenaires du Collectif poursuivent tous le même objectif. «Le Jour de la terre plante beaucoup d’arbres, fait savoir Pierre Lussier. On a déjà planté, depuis 2000, plus de 700 000 arbres au Québec, souvent dans des parties plus urbaines, mais aussi en forêt privée. C’est le même amour de la forêt et des arbres qui anime autant les environnementalistes que les forestiers. C’est ce qui nous unit. C’est une façon de pouvoir regarder vers le futur.»

Selon M. Lussier, les préoccupations des environnementalistes et des forestiers sont les mêmes: «Quand l’agrile du frêne ou la tordeuse de l’épinette nous affecte, on a le même sentiment».

Zone

Tout mettre en œuvre pour le client

Être directrice générale de l’hôtel Le Germain Québec, pour Sarah Côté, c’est voir à ce que tout baigne dans l’huile dans chacun des départements. Elle doit voir à tout, même donner un coup de main aux autres membres de l’équipe.

Le Germain Québec offre 60 chambres dans le secteur du Vieux-Port de Québec. S’il y avait 600 chambres à gérer, la tâche de la directrice serait différente.