Les terreurs nocturnes se manifestent chez 34% des enfants de 1 an et demi, mais ce pourcentage diminue par la suite pour atteindre 12% à l’âge 6 ans. Leur prévalence est corrélée avec l’intensité de l’anxiété de séparation.

Des nuits difficiles pour les enfants souffrant d'anxiété de séparation

Ce trouble est associé à un risque accru de bruxisme, de somnambulisme et de terreurs nocturnes
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

Les enfants souffrant d'anxiété de séparation n'ont pas des nuits de tout repos. Les risques de bruxisme, de somnambulisme et de terreurs nocturnes sont plus élevés chez les enfants pour qui le fait d'être séparés de leurs parents engendre une détresse marquée. C'est ce que démontre une étude menée par l'étudiante-chercheuse Elham Garmroudinezhad Rostami, par son directeur Michel Boivin, de l'École de psychologie et du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale de l'enfant et de l'adolescent, et par leurs collaborateurs.

Les chercheurs ont réalisé leur étude à partir des réponses fournies à différents questionnaires par les mères et les enseignantes de près de 2000 enfants du Québec qui ont été suivis pendant 5 ans. Les questions portaient sur l'anxiété générale, sur l'anxiété de séparation et sur certains comportements tels que le bruxisme, le somnambulisme et les terreurs nocturnes.

Dans un article publié récemment par la revue scientifique Sleep, Elham Garmroudinezhad Rostami, Michel Boivin et leurs collaborateurs, Evelyne Touchette, Nelly Huynh, Jacques Montplaisir, Richard E. Tremblay et Marco Battaglia, rapportent que chez 7% de ces enfants, l'anxiété de séparation suit une trajectoire à la hausse entre l'âge de 1 à 6 ans. Dans ce groupe, le risque de bruxisme nocturne – un mouvement inconscient de friction des dents pendant la nuit – est 2 fois plus élevé que chez les enfants pour qui l'anxiété de séparation demeure faible pendant la période de 1 à 6 ans.

Par ailleurs, Elham Garmroudinezhad Rostami, Michel Boivin et la professionnelle de recherche Nadine Forget-Dubois ont établi que les terreurs nocturnes se manifestaient chez 34% des enfants de 1 an et demi, mais que cette prévalence diminuait par la suite pour atteindre 12% à l’âge 6 ans. À l’inverse, le somnambulisme augmente avec l’âge: sa prévalence s’établit à 3% à l’âge de 3 ans et demi et elle grimpe à 8% chez les enfants de 6 ans. Les analyses des chercheurs montrent que la fréquence de ces deux problèmes nocturnes est significativement corrélée avec l’intensité de l’anxiété de séparation. Cette corrélation est présente peu importe le sexe de l'enfant ou sa propension à être anxieux dans les situations de la vie courante.

«Nos résultats suggèrent que l'anxiété de séparation interviendrait dans l'apparition de ces trois problèmes nocturnes. C'est l'un des déterminants, mais ce n'est pas le seul, analyse Michel Boivin. L'anxiété de séparation, rappelle-t-il, est un comportement normal dans le développement de l'enfant. Une évaluation isolée, réalisée en bas âge, ne suffit pas à conclure qu'il y a un problème. Dans la majorité des cas, l'enfant va surmonter son anxiété de séparation en vieillissant.» 

Reste que les parents d'enfants anxieux «qui sont souvent anxieux eux-mêmes», note le professeur Boivin, devraient discuter de la question au moment de la visite chez le dentiste afin que celui-ci porte une attention particulière aux signes de bruxisme. Pour ce qui est du somnambulisme et des terreurs nocturnes, il n'y a pas lieu de s'en faire outre mesure si le fonctionnement quotidien de l'enfant n'est pas perturbé. «Dans le cas contraire ou si les problèmes persistent ou s'amplifient, il serait bon de demander l'avis d'un pédiatre ou d'un psychologue», suggère-t-il.