Je lève mon chapeau aux femmes qui jouent au hockey. Elles sont inspirantes.

Vivre ses Jeux

CHRONIQUE / Je suis contente de faire cette chronique. Et je suis contente de voir qu’elle suscite des réactions. Et j’aime lire vos commentaires.

M. Gilles Brisebois, de Granby, m’a envoyé une question intéressante, à laquelle j’ai envie de répondre. Il me demande comment est-ce que les athlètes vivent leur participation aux Jeux. Au sens, précise-t-il, où les athlètes sont-ils capables de véritablement « profiter » des Jeux, de vivre l’ambiance olympique comme tout le monde ?

C’est vraiment une très bonne question, M. Brisebois !

La réponse est… ça dépend des athlètes !

Moi, je suis allée aux Jeux en tant qu’athlète à Sydney, à 2000, à ceux d’Athlètes, en 2004, en plus de participer aux Jeux paralympiques de Londres, en 2012. Et avec le recul, je pense que j’aurais dû profiter davantage de cette grande fête que sont les Olympiques.

À l’époque, j’étais très concentrée sur ce que j’avais à faire. J’étais focus, comme on dit. Je m’entraînais, je me couchais tôt, j’étais très disciplinée afin d’obtenir les meilleurs résultats possible. Je restais tranquille, je sortais peu. La gérance de mon stress, aussi, prenait passablement de mon énergie.

Moi, je fonctionnais comme ça. Mais évidemment, ce n’est pas comme ça que fonctionnent tous les athlètes. C’est chacun son genre, chacun son style, et c’est correct comme ça.

Certains aiment assister aux autres compétitions, encourager les autres athlètes de notre pays, faire la fête un peu.

Vous allez trouver ça drôle, mais je réalisais que j’avais fait les Jeux… de retour à la maison. C’était comme : « Ben oui, la grande, t’arrives des Olympiques ! »

C’est spécial, je le sais.

C’est pour ça que je vous dis que, avec le recul, je profiterais probablement davantage de la fête des Jeux si c’était à refaire. Mais bon, c’est fait et je n’ai pas de gros, gros regrets non plus.

Je n’ai pas d’exemple en tête, mais je sais que certains profitent à plein de leur séjour aux Olympiques. Qu’ils se lâchent lousses, autrement dit. Et peut-être que ça affecte les performances de quelques-uns. Peut-être. Ceci dit, ce n’est pas un jugement que je porte.

Merci à M. Brisebois pour son excellente question. Aussi, mes salutations à Daniel et Lucille Lessard, de grands amateurs de cyclisme de Cowansville que j’aime beaucoup !

Des femmes inspirantes !
Puisque le hockey prend beaucoup de place dans notre pays, certains n’ont pas aimé mon commentaire au sujet du fait que l’absence des millionnaires de la Ligue nationale aux Jeux de PyeongChang ne me faisait pas de peine. Je comprends ça, mais vous le savez, je ne me suis jamais gênée pour dire ce que je pense.

À l’opposé, j’ai énormément de respect pour ces femmes très inspirantes qui jouent au hockey. Ça, ce sont de vraies athlètes amateures. Ce sont souvent de bonnes mères de famille, des femmes qui prennent soin de leurs enfants en même temps qu’ils pratiquent leur sport, et qui multiplient les sacrifices.

Chapeau, mesdames !

Propos recueillis par Michel Tassé