Danny Gélinas
Tout comme Trevor Georgie, actuel président et directeur général des Sea Dogs de Saint John, les dirigeants des équipes juniors au pays travaillent d’arrache-pied, et ce, malgré la COVID-19.    
Tout comme Trevor Georgie, actuel président et directeur général des Sea Dogs de Saint John, les dirigeants des équipes juniors au pays travaillent d’arrache-pied, et ce, malgré la COVID-19.    

Virus ou pas, pas de répit dans le hockey !

CHRONIQUE / Alors que toutes les ligues de hockey au monde ont suspendu leurs activités, cela n’empêche évidemment pas leurs dirigeants — en télétravail — de se préparer adéquatement afin d’être fin prêts lorsque le signal d’un éventuel départ sera donné.

Et au fil de mes conversations avec plusieurs d’entre eux, je constate que les tâches à effectuer d’ici là sont plus que nombreuses.

Dans le junior AAA, les dirigeants de la ligue ont déjà demandé à leurs directeurs généraux de leur fournir une trentaine de dates avec une saison régulière qui pourrait débuter le 11 septembre 2020 pour se terminer au début du mois de mars 2021. Un calendrier oscillant entre 48 et 52 parties pour être ainsi envisagé.

Tout comme son petit frère, les différentes formations de la LHJMQ doivent compléter leur préparation en vue du repêchage qui lui se déroulera en ligne – une première !  – le 6 juin prochain. 

Par contre, au préalable, les joueurs qui les intéressent devraient passer l’étape des entrevues, qui se fera cette année, COVID-19 oblige, via le téléphone et différentes technologies. De plus, on doit également passer au peigne fin les différents alignements des autres équipes du circuit Courteau en vue de la période de transactions, qui précèdera cette date.   

Puis, une fois le 6 juin passé, ce sera au tour du repêchage des joueurs européens de la Ligue canadienne (regroupant la LHJMQ, la Ligue de l’Ontario ainsi que la Ligue de l’Ouest), qui, bon an mal an, se déroule lors du dernier week-end de ce même mois, généralement celui suivant la séance de sélection de la LNH. Prévu à Montréal, l’encan 2020 a toutefois été reporté mercredi soir. 

Mais d’ici là, on doit aider les autorités à confectionner les différents calendriers, que ce soit pour les matchs préparatoires ou la saison régulière.

Comme me le mentionnait un dirigeant la semaine dernière : « Faudrait pas que je contracte le virus, ça ne serait pas le temps ! Je pense que j’ai travaillé plus fort au cours des deux dernières semaines que lorsqu’il n’y avait pas encore toutes ces histoires-là ! »

On ne peut que le comprendre… 

Repose en paix mon « Tahu », le Bon Dieu a sûrement gardé de bons matchs en réserve uniquement pour toi.

Par ailleurs, vous me permettrez de transmettre une nouvelle qui m’a personnellement attristé lorsque je l’ai apprise : ami de tous les amateurs de sport de Trois-

Rivières, Hubert « Tahu » Lesieur est décédé le 5 mars dernier à l’âge de 73 ans.  

J’ai pensé vous en faire la mention puisque je sais que dans la région de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi, il y a un très grand nombre de « transfuges » provenant de la Mauricie.

Au moins, on me dit que Hubert est parti heureux et joyeux, comme il l’a toujours été.

Handicapé intellectuel, gentil et surtout attachant comme tout, « Tahu » était de tous les événements.  Que ce soit pour les matchs des défunts Draveurs, des Patriotes de l’UQTR, du Grand-Prix de Trois-Rivières, des Aigles juniors ou seniors, vous pouviez toujours compter sur sa présence.

Quand je suis arrivé à Trois-Rivières en provenance de Shawinigan à la fin des années 80, un de mes mentors, André « Moose » Dupont, qui en prenait un soin jaloux, me l’avait présenté en me chuchotant à l’oreille : « Quand je ne suis pas là et que tu le vois, veille sur lui.  Achète-lui un hot-dog et un Coke et assure-toi qu’il passe une belle soirée » !

Inutile de vous dire que j’avais compris la leçon.  

Un mardi soir d’hiver, alors que je me dirigeais en voiture vers un match opposant le Titan de Laval aux Draveurs, il faisait froid à s’en glacer les os, dans les environs de -25, -30 °C.

Au loin, j’ai aperçu « Tahu » bravant le vent et les bourrasques de neige, qui tentait tant bien que mal de monter à pied la « côte à deux fesses » séparant le quartier Ste-Marguerite du terrain de l’exposition (cette côte fut surnommée ainsi puisqu’en forme de fesses, elle descend d’un côté en sens unique et de l’autre, on peut y effectuer le trajet inverse), lui qui en plus de son handicap devait se débrouiller avec une infirmité à la jambe droite, ce qui  l’empêchait évidemment de marcher adéquatement. 

L’ayant rejoint, je lui fis signe d’embarquer dans ma vieille Nissan Pulsar et c’est ainsi que presque tous les mardis soirs où les Draveurs évoluaient au Colisée, j’en avais fait mon compagnon de route tant à l’aller qu’au retour. 

Et évidemment, lorsque M. Dupont n’était pas là, je lui payais son hot-dog et son Coke.   

Même chose lors de la présentation des matchs des Aigles juniors en été.  Et à chaque fois, il prenait la peine de me remercier trois ou quatre fois, car « Tahu » était toujours aussi poli qu’il était souriant.       

Il était à ce point aimé de tous que l’organisation des Aigles avait même fait fabriquer un énorme gâteau pour ses 50 ans. Fernand Bédard et le président Clément Trottier, deux véritables gentlemen, en avaient d’ailleurs profité pour lui remettre une veste et une casquette aux couleurs de la formation — les mêmes qui sont portées par les joueurs — connaissant son attachement pour l’équipe.     

Cette veste et cette casquette bien vissée sur sa tête, il les portait non seulement en été, mais aussi au printemps et en automne, toujours fier comme un paon.

Repose en paix mon « Tahu », le Bon Dieu a sûrement gardé de bons matchs en réserve uniquement pour toi.