Le copropriétaire du Dek hockey DIX10, Mathieu Hainault.
Le copropriétaire du Dek hockey DIX10, Mathieu Hainault.

Une saison difficile pour le dek hockey

L’industrie du sport n’échappe pas aux contrecoups de la pandémie. Prisé par des milliers de Québécois, le dek hockey vit des heures difficiles. En plus des inscriptions à la baisse cet été et des règles sanitaires à faire respecter, des joueurs testés positifs à la COVID-19 font mauvaise presse au sport, déplorent des propriétaires de centres de hockey balle.

«On se sent brimés. On nous fait de la publicité négative pour 15 cas qui ne viennent pas du dek alors qu’il y a plus de 70 000 joueurs au Québec. C’est fâchant», déplore Mathieu Hainault, copropriétaire du Dek hockey DIX10 à Granby.

Ce dernier a lui-même participé avec son équipe au tournoi de Mirabel, où des joueurs ont été déclarés positifs à la COVID-19. «Une joueuse s’est présentée même si elle avait des symptômes. Elle est tombée sur la bande et s’est blessée. Elle a été à l’hôpital et elle a été testée positive, raconte M. Hainault. La faute part de là. Ce n’est pas au dek qu’elle a été infectée.»

La Direction de la santé publique des Laurentides a toutefois indiqué par la suite qu’au moins cinq personnes ayant participé à l’événement étaient atteintes du coronavirus. Des joueurs de dek hockey ont aussi été déclarés positifs à la COVID-19 cette semaine à Sherbrooke.

Ces événements peuvent laisser croire à certaines personnes que le virus et les règles sanitaires ne sont pas pris au sérieux dans l’industrie, ce qui est loin d’être le cas, assure M. Hainault. «Les joueurs veulent jouer et respectent les règles. Ce n’est pas plus dangereux qu’en bateau, dans un restaurant ou dans un party privé», estime-t-il.

Même son de cloche au Pile ou Face de Granby, qui peaufine de jour en jour les mesures mises en place. «On est sur le qui-vive tous les jours. On fait attention le plus qu’on peut», assure Sébastien Houle, l’un des propriétaires du centre.

Une série de mesures a été déployée dans les deux centres granbyens pour s’assurer du respect des règles sanitaires imposées par le gouvernement: nettoyage des bancs des joueurs entre chaque partie, distributeurs de désinfectant installés à différents endroits, port du masque obligatoire dans le bâtiment principal, désinfection des mains avant d’y entrer et distanciation du mobilier en sont quelques-unes.

L’un des propriétaires du centre Pile ou Face, Sébastien Houle.

Une année à oublier

À la suite des cas positifs au tournoi à Mirabel, la plupart des centres de hockey balle affiliés avec la North American ball hockey players Association (NBHPA) ont décidé de ne pas tenir de tournois durant la saison estivale. C’est le cas au centre Pile ou Face, confirme M. Houle.

«On veut garder notre ligue en santé. On ne veut pas accueillir des gens de l’extérieur», dit-il.

De leur côté, le Dek hockey DIX10 a opté pour la tenue d’événements à plus petite échelle, c’est-à-dire en accueillant un maximum de 12 équipes lors de tournois, ce qui représente plus ou moins 120 joueurs, explique M. Hainault, qui est aussi impliqué dans la NBHPA. «On a 46 équipes par soir, donc on en a même moins lors des événements, dit-il. Il y a des gens de Sherbrooke ou de Drummondville qui vont au Zoo. Ce n’est pas pire pour le dek.»

Les policiers ont d’ailleurs reçu deux plaintes concernant des règles qui ne seraient pas respectées au centre. Après vérification, aucune infraction n’avait été commise, confirme le Service de police de Granby, et l’équipe du DIX10 a fourni toutes les preuves démontrant les mesures déployées.

En plus d’être privé de revenus des tournois, le centre Pile ou Face a décidé d’annuler son camp de jour à la suite de l’éclosion survenue à celui qui se tenait à l’école Haute-Ville.

«J’avais annulé les quatre premières semaines du camp. Je ne voulais pas mettre le centre dans l’embarras et je n’étais pas bien avec ça, donc on l’a complètement annulé. Il n’y aura rien du tout», explique M. Houle.

Qui plus est, les entreprises doivent composer avec des pertes de revenus en raison de la diminution du nombre d’inscriptions pour la saison estivale. Chaque centre dénombre une cinquantaine d’équipes adultes en moins. Quant aux joueurs de la catégorie junior, le Pile ou Face en accueille environ 450 comparativement à 800 l’année dernière. Un été à oublier, estime M. Houle.

Le DIX10 compte 350 joueurs de niveau junior au lieu de 500. «On est en mode survie. Nos deux plus gros mois de l’année sont scraps», affirme M. Hainault.