Alexandre Sauvageau a battu le record du parcours de 65 km de l’Ultra-Trail Harricana du Canada, samedi, mais il a été disqualifié puisqu’il ne portait pas sur lui tout le matériel obligatoire.

Une finale en queue de poisson à l’Ultra-Trail Harricana du Canada

Deux des trois athlètes élites de la région qui ont pris part à l’Ultra-Trail Harricana du Canada (UTHC) n’ont pas terminé leur ultra-marathon tandis que le troisième a été disqualifié.

Alexandre Sauvageau et Alexis Lussier allaient à l’UTHC avec un objectif bien clair en tête : battre le record du parcours de 65 km. Mission accomplie pour Alexandre Sauvageau, qui a franchi la ligne d’arrivée en 5 h 25. Malheureusement, son record ne sera pas enregistré.

« Je n’avais pas le matériel demandé, donc j’ai été disqualifié, confie le Granbyen. Ça n’empêche pas que j’ai fait le record de parcours. Pour toutes les courses, il y a tout le temps du matériel obligatoire, mais jamais ils ne font des vérifications comme ça, jamais ce n’est strict comme ça. »

Il a été surpris par l’intransigeance de l’organisation qui a choisi de sévir pour plusieurs athlètes. Un homme et une femme qui étaient susceptibles de faire un podium du 65 km et une femme qui était aussi en tête du 42 km ont été disqualifiés puisqu’ils n’avaient pas tout le matériel obligatoire.

« Au Québec, ce n’est pas encore fréquent d’être sérieux comme ça, mais dans le cadre de l’Ultra-Trail World Tour, on a des exigences en matière de sécurité à respecter, en matière de qualité de service aussi », explique Marline Côté, directrice de la course.

Une certaine quantité d’eau minimale, une tuque, un foulard tubulaire et une couverture de survie étaient, par exemple, nécessaires.

Plus sévère

« C’est sûr que ça a été une grosse décision, difficile pour nous, avoue Mme Côté. Honnêtement, on pensait qu’on avait donné assez d’informations. On ne pensait pas qu’il allait y avoir autant de coureurs qui n’allaient pas avoir tout leur matériel. Et ça a été difficile parce que ce sont des gens qu’on connait, il y en a là-dedans qui sont des amis. Mais je pense qu’il faut avoir un traitement équitable et il y en a beaucoup qui respectent le règlement, qui ont tout le matériel obligatoire et qui souhaitent que tout le monde fasse comme eux. Je pense que ça va susciter un bon débat dans le milieu et que ça va être constructif. »

L’an dernier, les vérifications — obligatoires pour les élites et aléatoires pour les autres coureurs — ne s’appliquaient que pour le parcours de 125 km. Cette année, l’organisation a décidé de les exiger aussi pour les distances de 65 et 42 km puisque, indique Mme Côté, plusieurs des participants à ces épreuves se dirigeront un jour vers une plus longue distance et qu’il faut tout de suite les sensibiliser sur la sécurité en sentier.

Alexandre Sauvageau accepte la décision. « Je suis déçu parce que la première place me revient, mais reste que j’ai fait une solide performance. [...] Je suis content de ma course. On est parti rapidement en groupe de trois, avec Alexis [Lussier] et Olivier [Collin], qui a terminé premier. On s’est suivi pendant une cinquantaine de kilomètres. Vers la fin, quand il restait 15-20 km, j’ai distancé Olivier de quelques minutes. »

Blessures

Alexis Lussier n’a cependant pas eu d’autre choix que d’abandonner. « Ça super bien été jusqu’au 35e kilomètre. Après ça, tous mes fléchisseurs de hanches se sont coincés. Je n’ai pas fait de longues sorties en trail de l’année et ça m’a rattrapé. Ils ont changé le parcours. Je comptais sur le roulant pour me permettre de continuer à avancer, mais c’était du single track assez technique, donc il fallait toujours que je lève les pieds, ce qui sollicitait mes fléchisseurs de hanches. »

Elliot Cardin courait pour sa part sur la distance du 125 km. Il a malheureusement dû abandonner après une quarantaine de km.

Sherbrooke — La Malbaie en vélo

Le coureur Sherbrookois David Jeker a préféré utiliser le vélo en guise de moyen de transport pour parvenir à la compétition.

« Je fais tout le temps ça en entraînement. Je vais à Orford ou dans les montagnes Blanches en vélo. Je n’utilise jamais de voiture pour aller m’entraîner. J’ai fait 230 km mercredi, j’ai campé à l’Ange-Gardien, près de Québec. Jeudi, j’ai fait les 120 km restants jusqu’au camping des chutes Fraser. »

Ses jambes étaient en pleine forme pour affronter l’épreuve du 125 km. Il a terminé en 4e position après environ... 14 h 30 de course.

Une partie des frais reliés à ce reportage ont été pris en charge par l’organisation Harricana.