Une défaite par forfait a éliminé les Maroons, vendredi soir à Saint-Cyrille.

Une élimination amère pour les Maroons

Une défaite par forfait a mis fin à une saison plutôt décevante pour les Maroons, vendredi soir. La formation waterloise a été éliminée en cinq matchs par le Condor de Saint-Cyrille en quarts de finale de la Ligue de hockey senior AAA du Québec (LHSAAAQ).

Acculés au pied du mur, les Maroons avaient pourtant amorcé la rencontre du bon pied. Grâce aux buts de Jonathan Bouchard, de Marc-André Levasseur puis de Samuel Deslandes, ils menaient même 3-1 après une période à l’aréna de Saint-Cyrille.

Le vent a toutefois tourné au retour des vestiaires. Le Condor a profité des blessures subies par les gardiens Paul Jr Bourbeau et Olivier Davignon pour marquer quatre fois sans réplique.

Privés de leurs deux portiers, les visiteurs ont demandé la permission d’envoyer l’entraîneur-chef Miguel Fortin, un gardien à la retraite, devant le filet. Les autorités de la LHSAAAQ ont toutefois refusé, plaidant qu’une équipe ne peut aligner plus de 20 joueurs.

Copropriétaire des Maroons, Daniel Roy affirme que l’organisation du Condor s’y est également opposée. « Ça faisait quatre ans qu’ils étaient éliminés au premier tour. C’était leur seule manière d’envisager de passer à l’autre ronde. C’est pour ça qu’ils ont refusé... », estime-t-il.

Se retrouvant dans une impasse, les Waterlois ont préféré rentrer à la maison au deuxième entracte, perdant ainsi par forfait au compte de 6-3. « Si on avait envoyé un joueur régulier devant le filet, ça aurait probablement fini 20-5. On n’était pas prêts à s’abaisser à ce niveau-là. Un moment donné, c’est une question de logique. Je comprends qu’il y a un livre des règlements, mais la ligue aurait pu nous laisser finir le match », clame Roy, qui est aussi directeur général associé pour son club.

Avec du recul, Roy regrette la décision d’aligner le dur Samuel Desruisseaux, qui n’a toutefois effectué aucune apparition sur la patinoire. Sa présence aura finalement fait en sorte que Fortin n’a pu enfiler ses jambières. « J’ai habillé Desruisseaux par respect. Parce que toute l’année, il a mangé des tapes sur la gueule. [...] On s’est tiré dans le pied avec ça. » Certains diront que le Condor était tout simplement trop fort. Daniel Roy n’est pas d’accord. « [Lors du quatrième match] à Waterloo, on les a vraiment dominés. On aurait pu les sortir. Mais je pense que notre pause de trois semaines [avant le début des séries] a vraiment fait mal », mentionne-t-il.

Échanges infructueux
Les Maroons auront donc connu une saison en dents de scie. Les absences répétées de certains joueurs ont nui à leur cause.

Ils ont aussi joué de malchance. Choisi en première ronde du repêchage inaugural de la LHSAAAQ, l’attaquant Guillaume Pelletier a été blessé à un œil lors d’un match préparatoire. Il n’a donc disputé aucune partie régulière et sa carrière est même comprise.

Miguel Fortin a multiplié les transactions au cours des mois suivants, pour des résultats que l’on peut qualifier de mitigés. Les partisans des Maroons ont notamment vu partir les attaquants Alexandre Labrosse et Mathieu Papineau, membres de l’organisation depuis plusieurs saisons. Plusieurs talents locaux ont été échangés.

Daniel Roy déplore qu’un règlement interdise aux équipes du circuit de parler à des joueurs avant d’obtenir leurs droits. « Dans le cas de Brian Lovell, on s’est retrouvé avec un très bon défenseur, mais qui ne voulait tout simplement pas venir à Waterloo. C’est frustrant. »

« Mais je ne blâme pas Miguel. Je prends 50 % de la responsabilité. On a toujours essayé d’avoir le meilleur alignement possible. »

Si rien n’est encore coulé dans le béton, Fortin devrait d’ailleurs revenir comme entraîneur-chef et directeur général la saison prochaine.

Roy refuse de parler d’une saison à oublier. « On a été un des clubs avec le plus de combats et on a terminé sixièmes [en saison régulière]. Je ne crois pas qu’à 8 $, quelqu’un a payé trop cher pour venir voir un match chez nous. Le spectacle a été bon. »

Carré d’as
En demi-finales, le Condor a maintenant rendez-vous avec les Loups de La Tuque. Le puissant Bellemare de Louiseville affrontera quant à lui le BigFoot de Saint-Léonard-d’Aston.