Ciryl Gane (à droite) lors de son affrontement face à Bobby Sullivan, qu’il a vaincu dès le premier round.

Un titre que Ciryl Gane veut conserver

Il parle doucement, il n’est pas tatoué des pieds à la tête et il est plutôt sympathique, ou sympa comme on dirait dans son pays. Mais il est grand et gros. Et il frappe comme une machine, pour reprendre les paroles du promoteur Stéphane Patry.

Lui, c’est Ciryl Gane, champion des lourds de TKO MMA et adversaire d’Adam Dyczka vendredi soir dans l’octogone du Centre Vidéotron de Québec.

À son seul et unique combat au sein de l’organisation, le mois dernier à La Tohu de Montréal, Gane a disposé de Bobby Sullivan dès le premier round, ce qui lui a permis de mettre la main sur la ceinture qui a déjà appartenu à Dyczka. Et si le Granbyen tient à la reprendre, le Français, lui, tient à la conserver.

« C’est un titre hyper important pour moi, lance l’athlète de 6’5’’et 250 livres. C’est ma première ceinture en arts martiaux mixtes et c’est celle qui me permet de m’ouvrir à l’Amérique du Nord. Non, je ne veux pas la perdre… »

Gane n’a que de bons mots au sujet de Dyczka.

« Il n’a encore jamais perdu un combat et il a toute une main droite, on le sait. Je le respecte énormément. En plus, il a l’air d’un bon garçon. »

Gane affirme qu’il a visionné plusieurs des combats de Dyczka. Il l’a étudié pour la peine.

« Ça m’apparaît évident que ce ne sera pas un combat facile. Mais j’ai confiance. Je travaille très fort à l’entraînement. Je serai prêt vendredi soir. La foule sera sûrement derrière lui, mais c’est normal. »

Futur champion de l’UFC ?
Ciryl Gane a commencé à faire dans les sports de combat il y a quatre ans seulement. Il a été champion de France en boxe thaïlandaise (muay-thaï), où il a conservé une fiche parfaite de 13 victoires et aucune défaite. Mais voilà, il a l’impression qu’il avait fait le tour du jardin dans son sport.

« Il n’y avait pas tant d’adversaires de qualités en muay-thaï, dit-il. Les arts martiaux mixtes me tentaient et lorsque M. Patry m’a ouvert la porte, j’étais plus qu’heureux. Cet homme a confiance en moi et je ne veux pas le décevoir. »

Patry a tellement confiance en lui que, en entrevue au Journal de Québec il y a quelques jours, il a déclaré qu’il était convaincu à 100 % que Gane deviendra champion des lourds de l’UFC avant longtemps.

« Ce sont des propos qui me motivent et qui me touchent, reprend Gane. J’ai confiance en mes moyens, mais il ne faut jamais rien prendre pour acquis. Une défaite vendredi représenterait un pas en arrière… »

« Bon gamin »
À peu près tous les boxeurs et les combattants ont un surnom. Adam Dyczka, c’est Kung Fu Panda. Cyril Gane, lui, c’est Bon gamin. Et c’est effectivement ce qu’il dégage.

« What you see is what you get, comme ils disent en anglais, mentionne l’athlète de 28 ans. J’ai beau me battre, je pense que je suis une bonne personne, je n’aime pas la chicane et vous ne m’entendrez jamais dire que je vais tuer mon adversaire. Je ne suis pas un personnage, je ne joue pas de rôle, je suis comme ça. »

Pour le reste, Gane adore se battre au Québec, qu’il n’avait jamais vu avant de venir affronter Sullivan.

« Vous parlez la même langue que moi, vous êtes gentils et il y a plein de grands espaces verts chez vous. Vraiment, je me sens bien ici. »

Sympa, qu’on vous disait.