La bagarre fait partie de l’identité du hockey senior, affirme le nouveau président de la LHSAAAQ, Dominic Lussier.

Un président qui veut plaire à tous

CHRONIQUE / Dominic Lussier est le nouveau président de la Ligue de hockey senior AAA du Québec. Ce qu’il veut, comme tout bon président, c’est un circuit et des équipes en santé. Et pour y arriver, il est conscient que le produit doit plaire autant à la vieille garde qu’aux progressistes.

« On fait du hockey senior, pas du hockey de développement, souligne Lussier, de Saint-Hyacinthe, d’entrée de jeu. Mais je pense qu’il est possible de présenter du hockey de grande qualité à l’intérieur d’un cadre de hockey pour hommes. Et quand je regarde nos matchs, je me dis que c’est ce que l’on offre de plus en plus. »

Il n’y a pas si longtemps, la Ligue de hockey senior de la Mauricie, l’ancêtre de la LHSAAAQ, vendait d’abord et avant tout de la bagarre. Les mêlées générales étaient nombreuses, voire même encouragées. Mais les temps changent.

« Le calibre de jeu de la ligue augmente à chaque année et les bons joueurs ne sont plus gênés de s’en venir chez nous, reprend Lussier. On va se dire les vraies affaires : de la bagarre, il y en aura toujours au hockey senior. Et c’est correct, ça fait partie de notre identité, ça fait partie du folklore du senior. Mais est-ce qu’il doit y avoir des mêlées générales à toutes les semaines ? Non. Est-ce que les joueurs doivent grimper dans les gradins ? Non. Est-ce qu’il faut tolérer les gestes vicieux ? Non. Il y a moyen d’évoluer tout en restant fidèle à ce que nous sommes. La plus grande difficulté, c’est d’avoir une vision commune. »

À Granby, où les Bisons visent une clientèle familiale, les bagarres « stagées » ne sont pas encouragées. Mais l’équipe a tout de même ses durs à cuire.

« Je n’ai rien contre les bagarres et je suis même capable de vivre avec une bagarre stagée, dit encore Lussier. Mais il ne faut pas que les batailles soient plus importantes que le hockey. Ce qu’il faut vendre en premier lieu, c’est du bon hockey. »

Bref, le président est un progressiste… qui ne veut pas s’aliéner la vieille garde, encore très présente au hockey senior.

«On a un bon produit, à un prix plus qu’abordable. Pour un billet à un match du Canadien au Centre Bell, t’as 12 matchs de notre ligue», image Dominic Lussier.

Un bon départ

Dominic Lussier, qui était le relationniste de la LHSAAAQ avant d’en devenir le président et qui est bien connu pour son implication dans le monde du baseball senior, affirme qu’il aime ce qu’il voit en ce début de saison.

« Sur la patinoire, même si certaines équipes traînent de la patte au classement, la parité est là, souligne-t-il. Ce que j’apprécie, c’est que tout le monde peut battre tout le monde et que la grande majorité des matchs sont serrés. Et ça, ça a un impact positif sur les assistances, qui sont en hausse pratiquement partout. »

Il notera tout de même que le Formule Fitness de Bécancour ne fait pas courir les foules. « Mais ça, c’est principalement relié à la fiche perdante de l’équipe », ajoute-t-il.

À l’opposé, Lussier se dit étonné des assistances enregistrées à Granby jusqu’ici.

« Mais je suis content pour les dirigeants de l’équipe, qui travaillent fort pour rendre leur produit attrayant. Les Bisons évoluent dans un gros marché et leurs succès aux guichets sont bons pour le rayonnement de la ligue. »

Une ligue, dit-il, qui pourrait tout aussi bien compter 10 ou 12 équipes éventuellement ou encore… huit.

« Je préfère huit équipes en santé à une ligue à 10 ou 12 clubs avec deux ou trois canards boiteux. L’idée, c’est de bien choisir les villes. Il faut toujours se demander si c’est un bon fit. Par exemple, si on s’approche trop de Montréal, on doit se demander si la formation ne sera pas favorisée par sa situation géographique dans le recrutement des joueurs. Aussi, il faut protéger nos marchés actuels et être prudent avant d’installer une concession dans un secteur déjà occupé par une équipe qui a du succès. C’est très complexe. »

Mais Dominic Lussier a confiance en l’avenir de la LHSAAAQ.

« On a un bon produit, à un prix plus qu’abordable. Pour un billet à un match du Canadien au Centre Bell, t’as 12 matchs de notre ligue. Et je ne serais absolument pas gêné d’amener un partisan du Canadien à une partie de senior AAA. Pas gêné du tout à part ça ! »