Adam Dyczka ne doit surtout pas envoyer le message qu’il ne respecte pas les contrats qu’il signe.

Un peu de patience, Adam...

CHRONIQUE / Après avoir fumé le calumet de paix, Adam Dyczka (ou du moins son clan) et Stéphane Patry sont repartis en guerre.

Pour tout vous dire, je voyais venir le nouveau conflit depuis un bout. Depuis que j’avais appris, en fait, que le monde de la boxe s’intéressait sérieusement au Granbyen, soit avant son combat l’opposant à Icho Larenas au Centre Vidéotron de Québec, au début mai.

Résumons le nouvel épisode du roman Dyczka-Patry.

Dyczka a une offre pour se battre en boxe le 29 juin, à la Place Bell de Laval, en sous-carte de l’affrontement opposant Jean Pascal à Steve Bossé. L’entraîneur Dirk Waardenburg a informé Patry de la proposition et le promoteur de TKO MMA, pas content, a répliqué en disant que Dyczka était encore sous contrat avec son organisation et qu’il n’était pas question qu’il mette des gants de boxe à la fin du mois, d’autant plus qu’il a un combat de championnat de prévu en arts martiaux mixtes au début du mois d’août.

Patry a aussi informé Groupe Yvon Michel (GYM), qui organise le gala du 29 juin, qu’il n’avait pas l’intention de libérer Dyczka de son contrat. Il a également envoyé une mise en demeure à GYM ainsi qu’à Dyczka et à Dimitri Waardenburg, le fils de l’autre, qui avait aussi l’intention de se battre à la fin du mois à la Place Bell.

Et selon ce que La Voix de l’Est a appris, le clan Dyczka se préparerait à son tour à envoyer une mise en demeure à Patry !

Au Journal de Montréal, le promoteur Yvon Michel a mentionné que « si Dyczka n’a pas réglé ses affaires avec Patry, il n’embarquera tout simplement pas sur la carte du 29 juin ». Et il a ajouté qu’il comprenait très bien Patry de vouloir faire respecter ses contrats.

Monnayer son talent
Adam Dyczka a du talent et du charisme. Et il le sait. Et il a hâte de monnayer pour la peine ce qu’il a à offrir, ce qui est tout à fait normal. Car l’homme a beau avoir une certaine popularité, en particulier dans sa région, il n’est pas riche. À preuve, il demandait de l’aide en fin de semaine sur Facebook pour l’aider à financer son entraînement.

En coulisse, on chuchote que le combat de boxe de la fin juin lui rapporterait trois fois la meilleure bourse qu’il a touchée jusqu’ici en arts martiaux mixtes. On comprendra que c’est très attirant.

Mais Dyczka doit être patient. Car la réalité, la plate réalité quand on se met dans sa peau, c’est qu’il a signé une entente avec TKO MMA et qu’il reste deux combats à son contrat. Yvon Michel ne semble pas du tout intéressé à se battre avec Stéphane Patry et il semble que même la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, qui légifère les activités des sports de combat dans la province, donne aussi raison au promoteur d’arts martiaux mixtes.

Dyczka va se battre le 2 août pour le titre des lourds de TKO MMA. S’il l’emporte face au Français Cyril Gane, il va défendre son titre à l’automne, ce qui constituera son dernier combat avec l’organisation de Patry. Autrement dit, il sera « libre » au plus tard à la fin de 2018. Et il fera bien ce qu’il veut après.

Patry avait déjà empêché Dyczka de se battre dans la cadre de la série Contender de l’UFC. L’homme ne fait de cadeaux à personne, il est dur en affaires, mais on ne peut certes pas le blâmer de vouloir protéger la business qu’il a montée en voulant qu’on respecte les contrats signés.

Patry trouve que Dyzcka est à la fois protégé et mal entouré à Granby. Et il ne deviendra jamais le meilleur ami du combattant. Mais il n’en demeure pas moins qu’il est celui qui lui a donné sa première chance, qui lui a permis de sortir des gymnases de Granby. Personne ne pourra lui enlever ça.

Dyczka, qui ne doit surtout pas envoyer le message qu’il ne respecte pas les contrats qu’il signe, devra faire preuve de patience. D’un peu de patience. Car même dans six mois, son talent et son charisme seront encore là.