«L’équipe d’étoiles» des Guerriers junior AA de 1997 à la suite du triomphe face au Laurier de Victoriaville en finale de la Ligue de l’Estrie
«L’équipe d’étoiles» des Guerriers junior AA de 1997 à la suite du triomphe face au Laurier de Victoriaville en finale de la Ligue de l’Estrie

Un championnat… et de l’intensité

Le baseball junior AA a apporté de beaux moments de sport aux Granbyens. Et des championnats, il y en a eu plusieurs. Celui remporté par les Guerriers, en 1997, a toutefois une saveur spéciale.

« On avait toute une équipe, une véritable équipe d’étoiles, raconte Richard Gariépy, qui dirigeait la formation en compagnie de Benoit Girard, son adjoint. Le junior AA était en santé à l’époque chez nous et il s’agissait du deuxième de trois championnats des séries consécutifs remportés par l’organisation. Mais plein de gens parlent encore de cette conquête en raison de la remarquable intensité qu’il y avait eu lors de la série finale face au Laurier de Victoriaville. »

Mais voilà, les Guerriers, qui s’étaient appelés les Yankees pendant plusieurs années auparavant, se sont d’abord imposés en saison régulière avec un dossier de 22 victoires et trois défaites, le meilleur de la Ligue junior de l’Estrie, qui avait aussi des équipes à Coaticook, Drummondville, Sherbrooke et Windsor. Tout au long de la campagne, les Granbyens avaient joué de l’excellent baseball.

En éliminatoires, les Guerriers ont été quatre en quatre lors du tournoi à la ronde servant de premier tour des séries. Puis, ils ont balayé les Olympiques de Drummondville en deux matchs en demi-finale. Mais contre le Laurier, qui avait fini deuxième en saison régulière et qui s’était débarrassé des Dauphins de Sherbrooke aussi en deux parties en demi-finale, la bataille allait s’avérer beaucoup plus difficile.

« Victo avait une excellente équipe, avec de bons joueurs à peu près partout, reprend Gariépy. On savait que ce ne serait pas de la tarte. »

En avance 2-1 dans ce duel au meilleur de cinq matchs, les Guerriers sont débarqués dans les Bois-Francs avec la possibilité de mettre la main sur le titre des séries. Mais les… arbitres, dira encore Gariépy après toutes ces années, en ont décidé autrement.

« Oui, je le répète, on s’est fait voler et les arbitres méritaient la prison ! Je l’avais dit au journaliste Gaétan Roy à l’époque et je le dis encore aujourd’hui. Il y a eu plein de décisions plus que douteuses et on a finalement perdu le match et notre calme. Mais la table était mise pour une grande soirée de baseball à Granby pour la rencontre décisive. »

La formation des Guerriers junior AA de 1997 a fait vivre des moments exceptionnels au gérant Richard Gariépy.

Le directeur général Guy Patenaude ainsi que les joueurs Mathieu Saint-Amour (capitaine des Guerriers) et Jean-Nicolas Massé ont été expulsés lors de cette soirée encore qualifiée de « très bizarre » par Gariépy.

« L’entrée au stade du Laurier était gratuite pour tout le monde. Mais ce soir-là, leurs dirigeants avaient exigé un prix d’entrée… pour les gens de Granby seulement. C’était pas croyable ! »

« Ambiance d’enfer »

Le 10 septembre 1997, les Guerriers recevaient donc le Laurier afin de déterminer le champion de la Ligue junior de l’Estrie. Plus de 400 spectateurs se sont alors donné rendez-vous au Stade Napoléon-Fontaine, modernisé peu de temps auparavant.

« Les gens étaient excités, ils avaient amené des flûtes et d’autres trucs pour faire du bruit, il y avait une ambiance d’enfer dans le stade, rappelle Richard Gariépy. Et l’enthousiasme de nos partisans nous a clairement aidés. »

Les Guerriers l’ont emporté 1-0. Yannick Parent a offert une magnifique performance au monticule et le receveur Mathieux Rochefort, qui était encore d’âge midget, a produit le seul point du match.

En septième manche, Rochefort, alors que le Laurier était au bâton, a demandé aux amateurs de se lever. Les visiteurs n’ont pas apprécié et la tension a commencé à monter. Puis, lorsque Simon Lussier a débouché une bouteille de champagne en direction des joueurs du Laurier lors des célébrations, la foire a éclaté.

« Des coups de poing ont été échangés sur le terrain et dans les gradins, raconte Gariépy. Quatre voitures de police se sont déplacées jusqu’au stade. C’était quelque chose. Cette série aura été intense jusqu’à la toute fin. »

Gariépy le répète : il dirigeait une véritable équipe d’étoiles.

« David Lapierre donne tout ce qu’il a derrière un banc de hockey et je peux vous dire qu’il faisait pareil à l’arrêt-court et sur un terrain de baseball. Mes réservistes, de leur côté, auraient fait partie de l’alignement partant de toutes les autres équipes. J’ai adoré diriger cette formation, elle m’a fait vivre des moments exceptionnels, probablement mes plus beaux dans le baseball. »