Yannick Rivard a été sacré champion panaméricain dans sa catégorie lors d’une compétition disputée à New York.

Un champion panaméricain de jiu-jitsu à Cowansville

Depuis un peu plus d’une semaine, Cowansville compte parmi ses citoyens un champion panaméricain de jiu-jitsu. Yannick Rivard, qui enseigne cet art martial originaire du Brésil à Cowansville depuis deux ans, a remporté les honneurs dans sa catégorie lors d’un championnat panaméricain à New York.

Yannick Rivard est mordu du jiu-jitsu. Champion panaméricain depuis plus d’une semaine, il tenait à rencontrer La Voix de l’Est pour parler de son sport encore méconnu dans son dojo (l’arène d’entraînement) aménagé dans le garage de sa résidence située non loin de l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins.

« Le jiu-jitsu, c’est un jeune sport qui n’est pas encore beaucoup connu. Si j’étais coach de soccer, les gens pourraient savoir immédiatement c’est quoi, mais avec ce sport, les gens ne peuvent même pas le prononcer », observe-t-il à la blague.

À 41 ans et après seulement quatre ans à pratiquer ce sport, Yannick Rivard est reparti de New York avec le titre de champion panaméricain dans sa catégorie (basé sur sa taille et son âge). « C’est un des rares sports où l’on peut espérer performer après 40 ans », dit-il

L’athlète était toutefois ceinture noire en kung-fu avant de se lancer dans le jiu-jitsu et avait également pratiqué les arts martiaux mixtes (MMA) au niveau amateur auparavant.

Jiu-Jitsu, populaire, mais interdit au Québec

Le jiu-jitsu, souvent qualifié de brésilien malgré le fait que le sport se soit progressivement popularisé à l’international, est un sport d’arts martiaux basé sur le contrôle articulaire et l’étranglement. Les jiu-jitsukas préfèrent le combat au sol où des techniques propres à ce sport sont utilisés pour vaincre l’adversaire.

« En MMA (arts martiaux mixtes), le jiu-jitsu donne un bon avantage technique. Georges St-Pierre a pu avoir de bons résultats grâce à ses coachs de jiu-jitsu. La différence majeure, c’est qu’en jiu-jitsu, il n’y a pas de coups. Personnellement à 41 ans, je n’ai pas le goût de manger des coups sur le cerveau comme un débile. C’est un sport où tu peux te battre le week-end et aller travailler le lundi matin sans problèmes si tu es bien préparé physiquement et psychologiquement », assure-t-il.

Malgré la relative popularité de ce sport dans la belle province en raison des succès de Georges St-Pierre, les compétitions de jiu-jitsu sont interdites au Québec depuis 2013. Le Code criminel interdit les compétitions d’arts martiaux non reconnus par le comité olympique et le jiu-jitsu n’en fait pas partie.

« Le Québec est une exception dans le monde. Avec mes étudiants, nous devons nous rendre en Ontario ou dans le Nord des États-Unis pour faire de la compétition », déplore l’entraîneur cowansvillois.

Une situation qui freine également le développement de ce sport au Québec.

Contrôle de soi

Pour Yannick Rivard, le jiu-jitsu est avant toute chose une excellente manière d’apprendre à se discipliner et à maîtriser son corps.

« La seule chose sur laquelle je peux avoir un contrôle, c’est moi-même. Ma préparation, ma posture et mon état d’esprit. Lorsque j’ai commencé la compétition, j’ai perdu contre des adversaires que j’aurais pu vaincre parce que j’étais intimidé. En apprenant à être dans le bon état d’esprit et détendu, c’est là qu’on peut avoir des résultats », croit Yannick Rivard.

Ces qualités propres au jiu-jitsu devraient être réutilisées dans d’autres disciplines aux yeux du propriétaire de l’école Sankaku.

« Dans plusieurs disciplines, les joueurs ne sont pas coachés au niveau personnel sur leur contrôle de soi avant qu’ils atteignent les niveaux supérieurs. Si un jeune hockeyeur pouvait avoir accès à ces techniques-là à 7 ou 8 ans, c’est sûr qu’il aurait un avantage considérable sur les autres joueurs rendus à 16 ans. Avec le jiu-jitsu, les athlètes sont plus complets et disciplinés, mais ils développent surtout une meilleure précision dans leurs gestes », assure le jiu-jitsuka.

Yannick Rivard souhaite d’ailleurs travailler davantage avec des organisations sportives dans le futur.

L’entraineur ne compte pas s’asseoir longtemps sur ses lauriers de champion panaméricain. Il continuera plutôt l’entrainement en vue des championnats mondiaux qui se dérouleront l’an prochain à Las Vegas tout en développant son école Sankaku.