Le Bromont Ultra prend son cinquième départ samedi et dimanche. Près de 2000 coureurs sillonneront les sentiers du vaste réseau de Bromont sur les deux journées.

Un Bromont Ultra qui s'annonce spectaculaire

La mecque de la course en sentier dans la région promet d’être spectaculaire. Le Bromont Ultra fête ses cinq ans et quelques records sont déjà fracassés. Si les 2000 inscriptions sont atteintes, le BU deviendra la plus grosse compétition de trail au Québec et peut-être même au Canada, selon Gilles Poulin, cofondateur de l’événement sportif et philanthropique.

Déjà, environ 1800 participants sont inscrits, environ 300 de plus que l’an dernier. Les inscriptions sur place sont toujours possibles. La croissance de la popularité de la course en sentier n’est plus à prouver. « J’ai 40 % de mes coureurs qui vont faire leur première course officielle en trail, note M. Poulin. On a l’objectif “courir plus, donner plus”. On encourage les gens à courir leur plus grande distance à vie, ce que font 60 % des coureurs cette année. Ça crée beaucoup d’émotions sur le site. Il y a beaucoup de nervosité et d’émotions dans l’air. »

En plus des nouveaux compétiteurs, il y aura de grosses pointures de la course en sentier. « Ça va être spectaculaire tant chez les femmes que chez les hommes, dans toutes les distances. »

Le premier nom qui lui vient en tête est Jean-François Cauchon, un coureur aguerri de 25 ans qui cumule les premières places et les honneurs (voir autre texte). Il affrontera le tracé de 160 km dessiné par Alister Gardner.

Il fera face à Sébastien Roulier, qui vient tout juste de réaliser le Spartathlon de 246 km en Grèce, qui devrait aussi prendre le départ si ses jambes le permettent. Roulier détient le record de parcours de 21:01:25. David Jeker, coureur élite, sera aussi dans les sentiers du 160 km.

« On va avoir notre premier gagnant, de 2014, Joan Roch. » Ce coureur émérite avait pris soudainement sa retraite de la course en mai 2016 avant de recommencer à courir pour se rendre à son travail. Il a fait un retour à la compétition au Bromont Ultra 2017 en changeant sa mentalité face à la course.

Gabriel Filippi, un ancien Cowansvillois, tentera sa chance pour la première fois sur une distance aussi longue. L’alpiniste est le premier et seul Québécois à avoir réussi à monter l’Everest sur ses deux faces. « Je ne suis pas inquiet à savoir s’il peut finir, mais ça reste que c’est tout un défi courir ces 160 km-là. L’année dernière, à peine 55 % des 77 participants ont fini », note Gilles Poulin.

Chez les femmes, l’aventurière Caroline Côté réalisera son premier 160 km. « Elle est très forte, constate M. Poulin. Elle fait beaucoup de trucs d’endurance. Il y a Joëlle Hébert, qui l’a fini deux fois. Elle a fait le podium les deux fois et elle va chercher son troisième podium. »

Il remarque une baisse de participation des femmes à cette longue distance. Elles composaient 20 % des inscriptions l’an dernier et elles ne sont que 10 % cette année sur les 108 inscrits.

La redoutable Sarah Bergeron-Larouche

La redoutable Sarah Bergeron-Larouche tentera de l’emporter à l’épreuve du 55 km. Elle vient défendre son titre de championne à cette distance. Elle aura de la compétition, prévient Gille Poulin. Anne Champagne, une championne de courses à obstacles — elle a battu tout le monde, même les hommes au Spartan Ultra Beast — devrait offrir une belle résistance à Bergeron-Larouche. La troisième maille de la chaîne élite au 55 km est Audrey Longval, une athlète qui cumule les disciplines.

Du côté des hommes, le Bromontois Elliot Cardin voudra certainement garder son titre de champion des deux dernières années. « Il va avoir de la compétition cette année! Maxime Leboeuf, d’Ottawa, est une machine de vitesse. Il court plus sur route, mais il va être vite. Elliot va se battre contre Marc-André (Marco) Bédard, un ex-Olympien en biathlon et ex-champion du monde Spartan. Martin Rouillard, habituellement, court les 160, mais là il fait le 55 km. Il est déjà assez rapide sur les 160, sur le 55 km ça devrait être quelque chose. Jean-François Bégin est connu dans le monde de l’aventure. Il a couru plusieurs traversées de déserts à travers le monde. Thomas Lacharité, qui vient de la région, vise un podium aussi dans toutes catégories confondu. Dieu sait qu’il est capable. À 19 ans, il est déjà pas mal expérimenté. »

Sur le 80 km, le coureur de renommée nord-américaine, Brian Rusiecki, pourrait l’emporter. Il a déjà gagné le Vermont 100, une course d’endurance très réputée. Sa sœur Emy, elle aussi une ancienne championne du Vermont 100, sera sur le 80 km. Une affaire de famille.

La Césairoise Hélène Michaux pourrait bien rafler l’or du 25 km, toutes catégories confondues. « Ça va être dur de la battre sur le 25 autant pour les gars que les filles parce qu’elle est solide, commente M. Poulin. Alister Gardner, cofondateur du BU et designer du parcours, fait le 25 cette fois-ci. Ça va être très, très hot de les voir aller. »

Jean-François Cauchon compte fracasser le record du parcours de 160 km du Bromont Ultra.

Objectif : 160 km en 20 h

Jean-François Cauchon n’en est pas à un défi près. Non seulement cet ultra-marathonien émérite vise la première place du podium du 160 km au Bromont Ultra, mais il veut fracasser l’ancien record de 21 h 01, détenu par Sébastien Roulier en 2015, en franchissant la ligne d’arrivée en moins de 20 h.

Cauchon est une vedette montante de la course en sentier. Parmi ses exploits, il a notamment remporté le 125 km de l’Ultra-Trail Harricana, dans Charlevoix, cet été. Il a des victoires sur les longues distances de 100 et 165 km en Gaspésie et un record de parcours au Sinister 7, une course de 160 km en Alberta qu’il a réussi en 18 h 17.

« J’ai parlé beaucoup avec Gilles Poulin et il a annoncé au courant de l’été qu’il allait remettre une bourse philanthropique de 2000$ à quiconque allait faire le 160 km en bas de 20 h, explique le coureur de Québec. J’ai regardé les temps des années passées et ce que j’avais fait dans mes autres courses et je me suis rendu compte que c’était sûrement réalisable. Je suis très habitué dans les sentiers techniques. J’ai parlé avec Alister Gardner, qui a gagné le 160 km l’année passée, et il pense que c’est réalisable. »

Il n’est pas question ici de battre le record de parcours de quelques minutes, mais plutôt d’un peu plus d’une heure. Il a déjà préparé son plan de match pour sauver le plus de minutes possible. « Je vais avoir une équipe composée de ma famille. Je vais avoir absolument besoin de leur assistance à trois endroits sur le parcours, mais c’est sûr qu’au Bromont Ultra, t’as un ravito sur deux qui est majeur où tu peux avoir une équipe de soutien, donc sûrement que ma famille va essayer de me suivre. »

Sa sœur, aussi une ultra-marathonienne accomplie, et ses parents l’aideront à remplir son sac d’eau et à renflouer la nourriture pour qu’il garde son énergie. Si ses pieds sont mouillés, il profitera de cette pause d’environ cinq minutes pour changer de bas et de chaussures.

« C’est beaucoup de volume durant l’été pour se préparer à des ultra-marathons. Je fais entre 120 et 130 km d’entraînement par semaine dans ma grosse saison. Ça fait plusieurs que je fais, alors question alimentation, je connais ma recette gagnante que j’applique à chacune de mes courses. À ce jour je n’ai pas de problème avec cette stratégie-là. »

Il compte garder une foulée conservatrice pour les premiers kilomètres et profiter de l’effet de groupe avant de se détacher et prendre son rythme pour réussir son pari.

Après les coureurs et les cyclistes, place aux chevaux

Une toute nouvelle épreuve s’ajoute aux parcours de course à pied et à ceux de vélo de montagne. Les chevaux font leur entrée au Bromont Ultra.

« Événement surprise dimanche matin, on a un duathlon original pour rendre hommage au parc équestre avec qui on est depuis 5 ans », annonce Gilles Poulin, cofondateur et coorganisateur du Bromont Ultra.

Dimanche matin, un maximum de 20 cavaliers fera deux boucles de 15 km avec une vérification du vétérinaire entre les boucles. Ensuite, à midi, leur coéquipier ou les cavaliers eux-mêmes chausseront leurs espadrilles pour un 25 km de course en sentier. Le cumul des deux épreuves déterminera les gagnants.

L’horaire de toutes les épreuves est sur le site Internet de l’événement.

Il faut savoir que le Bromont Ultra est plus qu’un événement sportif. La moitié du prix d’inscription est remis à des causes.  « On avait plein de causes, mais pour les collectes de fonds, on proposait aux gens de donner à la cause de leur choix à condition de faire une collecte de fonds de 1000$ et plus, ou de 1500$ en équipe, explique M. Poulin. L’année dernière, on avait une année record avec 14 causes et 265 000$. Cette année, on a 23 causes. À l’heure actuelle (mercredi), on est rendu probablement à 160 000$ de collectes de fonds. »

L’objectif est d’atteindre 350 000$ de fonds afin de se rendre au million donné en cinq ans.