Bianca Andreescu après sa victoire surprise contre Venus Williams

Un bel exploit pour Bianca Andreescu

Bianca Andreescu a surpris le monde du tennis pour une deuxième fois en autant de jours en disposant de Venus Williams en trois manches de 6-7 (1), 6-1 et 6-3 vendredi en quarts de finale de la Classique ASB d’Auckland, en Nouvelle-Zélande.

Moins de 24 heures après avoir éliminé la favorite du tournoi et 3e joueuse mondiale, Caroline Wozniacki, l’Ontarienne de 18 ans a poursuivi son beau parcours en s’imposant à la surprise générale face à la légende américaine qui était classée 6e tête de série.

Après avoir cédé un bris dès le premier jeu de la deuxième manche, Andreescu a remporté 11 jeux d’affilée pour prendre le contrôle du match jusqu’au point final.

« Je crois que tout est possible et je pense que j’ai réussi l’impossible, a commenté Andreescu après sa victoire. Mon objectif était seulement de me qualifier et peut-être de disputer deux matchs. Mais maintenant que j’ai battu deux des meilleures joueuses, qui sait ? J’ai confiance en moi. »

La jeune Canadienne, qui occupe le 152e rang au classement mondial de la WTA, a dû franchir les qualifications pour accéder au tableau principal du tournoi. Elle pourrait d’ailleurs devenir la première joueuse issue des qualifications à atteindre la finale d’Auckland depuis Marion Maruska en 1997 advenant une victoire en demi-finale contre la Taïwanaise Su-Wei Hsieh.

Mais déjà ses deux victoires obtenues contre des championnes en Grand Chelem ne relèvent rien de moins que de l’exploit, estime le vice-président de Tennis Canada et directeur de la Coupe Rogers, Eugène Lapierre.

« Ça ne nous surprend pas puisqu’on connait tout son potentiel, mais en même temps, c’est étonnant qu’elle réussisse à battre ainsi deux anciennes top 1 mondiale. Wozniacki a eu des petits problèmes de santé et elle essaie de revenir au sommet de sa forme, mais c’est une joueuse d’expérience. Et Venus joue son meilleur tennis depuis quelques années, donc oui, ce sont deux grosses victoires », a-t-il noté.

Une habituée du Challenger de Granby

Après tout, Andreescu en est seulement à sa quatrième présence dans un tableau principal d’un tournoi de la WTA et pas plus tard qu’en juillet dernier, elle prenait part au Challenger de Granby pour une troisième année consécutive.

« L’année dernière fut un petit peu une année crève-cœur pour Bianca. C’était l’année de ses 18 ans, on aurait voulu qu’elle éclose, mais ça ne s’est pas produit. Elle a eu des blessures, notamment au dos. Quand elle était à Granby, elle avait d’ailleurs atteint la demi-finale, mais elle n’avait pas pu jouer en raison de maux de dos », a rappelé M. Lapierre.

Le vice-président de Tennis Canada, Eugène Lapierre

Blessée, la joueuse originaire de Mississauga avait en effet déclaré forfait dans le carré d’as à Granby, ouvrant la porte à l’Israëlienne Julia Glushko qui en avait profité pour remporter ensuite la finale. Classée 182e au monde au début 2018, elle n’a gagné que 30 rangs dans l’échelon mondial lors des douze mois qui ont suivi.

« Bianca a fait du surplace un peu l’année dernière, mais je savais que ça pouvait éclater à tout moment pour elle avec la puissance de ses coups. Mais la vitesse de ses déplacements, c’est ça qui est la vraie clé dans son jeu », a analysé Lapierre.

« On sait qu’elle cogne dur, qu’elle a de la touche et qu’elle est capable de finir les points au filet. Elle a aussi un bon service compte tenu de sa grandeur (seulement 5’5’’), mais si elle se déplace bien sur le terrain, si elle n’a pas de problème physique qui la handicape un peu de ce côté-là, elle va être très difficile à battre », a-t-il ajouté.

Le déclic attendu ?

Reste maintenant à voir si ses performances en Nouvelle-Zélande seront l’élément déclencheur qui lui permettra enfin de prendre son envol.

« Je pense qu’il y a un déclic qui vient de se faire pour Bianca. On va voir pour la suite, c’est toujours assez fragile, mais du fait que ça a été difficile pour elle de se rendre jusque là, je pense que ça ne risque pas d’être un feu de paille. Elle a fait ses devoirs, elle a vraiment travaillé dur et je pense que c’est en train de payer », a souligné Lapierre en précisant qu’il allait la suivre de près dans les prochaines semaines.

Déjà, Andreescu aura un autre beau défi devant elle en demi-finale à Auckland alors qu’elle affrontera la 3e tête de série, Su-Wei Hsieh classée 28e au monde. Le match aura lieu dans la nuit de vendredi à samedi (heure du Canada) et n’avait toujours pas débuté au moment de mettre sous presse.

« On a hâte de voir ce que ça va donner en demi-finale contre la Taïwanaise. C’est regrettable qu’Eugenie [NDLR : revers de 3-6, 6-3, 7-6 (6) contre l’Allemande Julia Goerges] ait perdu de l’autre côté du tableau, car on aurait pu anticiper une finale canadienne là-bas en Nouvelle-Zélande, mais on très content pour Bianca. Ça commence très bien l’année pour elle », a affirmé Lapierre.

Est-ce possible d’espérer revoir l’Ontarienne, qui devra aussi passer par les qualifications la semaine prochaine aux Internationaux d’Australie, une dernière fois au Challenger de Granby l’an prochain ?

« C’est plate à dire, mais je lui souhaiterais de ne pas avoir à jouer de challenger, parce que ça voudrait dire qu’elle a monté au classement et qu’elle accède déjà à des tournois plus importants du circuit WTA. Mais dans le cas contraire, c’est bien sûr qu’on va l’accueillir avec bonheur », a indiqué Eugène Lapierre.

— Avec La Presse canadienne