Lundi, l’ancien sprinteur Bruny Surin a découvert avec amusement la zone de la Maison olympique canadienne où les visiteurs pourront virtuellement se mesurer à lui.

Trois ans plus tard, la Maison olympique ouvre enfin

MONTRÉAL — Après trois années de retard, le Comité olympique canadien (COC) est enfin prêt à ouvrir les portes de sa Maison olympique au grand public.

Petit retour en arrière : la Maison olympique canadienne, sise au 500 boulevard René-Lévesque Ouest à Montréal, est le seul bâtiment à être coiffé des anneaux olympiques avec celui qui abrite les quartiers généraux du CIO, à Lausanne. C’était un projet de l’ex-président du COC Marcel Aubut.

Inauguré avec faste en juillet 2015, le parachèvement du projet a en quelque sorte été mis sur la glace quand Aubut a dû démissionner dans la tourmente en octobre de la même année, faisant face à des allégations de harcèlement sexuel. Lundi, le COC a admis que l’Expérience olympique canadienne, exposition interactive qui ouvrira ses portes à compter de mercredi, aurait bien pu ne jamais voir le jour.

«En 2015, beaucoup de remises en question ont été faites au sein de l’organisation, pas seulement sur ce projet, mais sur l’ensemble : nos politiques de gouvernance, etc.» a déclaré Éric Myles, directeur exécutif, Sport, du COC, qui a procédé à l’inauguration en compagnie de l’actuelle présidente du COC, Tricia Smith. «À partir de là, pour toutes les décisions que nous avons prises — comme celle-ci —, on s’assurait de dire que si on le fait, faisons-le comme il le faut.»

Expérience pour tous les sens

L’expérience qui sera offerte au public est très différente de celle qui avait été imaginée au départ, surtout en ce qui a trait au volet éducatif et à l’exposition permanente, qui occupe une grande partie des bureaux montréalais de l’organisme, soit quelque 5000 pieds carrés.

Elle est divisée en trois zones distinctes, qui sollicitent tous les sens des participants. Elle permettra aux jeunes et moins jeunes de se mesurer à des étoiles de l’olympisme, de découvrir leurs aptitudes sportives, d’en connaître plus sur l’histoire des Jeux et de vivre les compétitions comme s’ils y étaient.

La première zone, la plus interactive des trois, permet aux visiteurs de découvrir leur profil athlétique et sportif. Après quelques tests physiques, on pointe vers les trois sports pour lesquels il semble démontrer le plus d’aptitudes. On pourra même l’orienter vers les fédérations sportives provinciales et nationales de ces sports s’il souhaite pousser plus loin l’expérience.

«Nous étions soucieux de faire ce lien, parce qu’au-delà du plaisir, nous voulions aussi créer une continuité», a souligné Eric Myles. «Il est tout aussi important pour nous qu’un jeune visiteur ait envie de se retrouver sur une piste ou dans un bateau après être passé ici. Si on fait jaillir l’étincelle, tant mieux.»

C’est également dans cette zone que les visiteurs peuvent prendre un départ face à un Bruny Surin virtuel, effectuer une descente de bobsleigh sur la piste utilisée pour les JO de Vancouver, en 2010, ou encore skier dans les bosses contre Mikaël Kingsbury.

Les visiteurs pourront ensuite passer à la portion plus muséale du parcours, alors que la zone 2 relate l’histoire des Jeux, mais plus particulièrement des performances canadiennes, racontées en photos, vidéos et bandes audio.

Finalement, dans la zone 3, située dans la salle Lausanne, les visiteurs seront plongés en plein cœur des performances des Canadiens, présentées en rafale sur un écran géant incurvé.

L’exposition est appelée à évoluer au fil du temps, alors qu’elle sera adaptée en raison des performances canadiennes lors des prochaines éditions des Jeux olympiques.

Le Comité olympique canadien espère recevoir 25 000 visiteurs par année. Le public pourra visiter l’exposition du mercredi au dimanche, de 10h à 18h, moyennant des frais d’admission de 9 $ à 13 $. Un forfait familial est également offert à 39 $. Il faudra toutefois réserver une plage horaire au moment de l’achat des billets en raison de l’espace limité et du caractère interactif de l’exposition.