Sylvain St-Laurent
Zach Dean est débarqué à Gatineau à la fin de l’été. Il a fêté ses 17 ans en janvier. Selon l’entraîneur-adjoint Ron Choules,  le joueur recrue des Olympiques a tout ce qu’il faut pour être choisi parmi les premiers, à l’été 2021.
Zach Dean est débarqué à Gatineau à la fin de l’été. Il a fêté ses 17 ans en janvier. Selon l’entraîneur-adjoint Ron Choules, le joueur recrue des Olympiques a tout ce qu’il faut pour être choisi parmi les premiers, à l’été 2021.

Zach Dean, le prochain

CHRONIQUE / Il paraît que le party était pogné, sur la rue Carillon, en fin de semaine dernière. J’ai raté ça, mais je peux facilement l’imaginer. J’en ai déjà vu, des gros matches, au centre Guertin, avec 3500 personnes.

Ça devait être drôlement agréable pour les employés et les bénévoles qui ont survécu aux derniers mois en rêvant de jours meilleurs.

On devine que plusieurs curieux s’étaient déplacés dans le but de voir à l’œuvre le plus bel espoir du prochain repêchage de la Ligue nationale, Alexis Lafrenière. On espère que certains d’entre eux ont (re)découvert, par la bande, l’excellent produit de la LHJMQ.

On va se le dire. Même si les vieux bancs de bois ne sont pas très confortables, le spectacle offert par les juniors est souvent supérieur à celui qui est offert par les pros.

Daniel Brunet, le spécialiste en marketing que les Olympiques de Gatineau viennent de rapatrier, pourra facilement tirer des leçons de cette fin de semaine. D’abord, sur l’importance des médias traditionnels. Il suffit qu’on parle un peu de son club à la télévision et à la radio pour créer un buzz.

Les médias sont bien présents. Ils existent depuis longtemps. Le truc, c’est d’en prendre soin et de les alimenter un peu.

Bien sûr, on ne pourra pas compter sur la venue d’une superstar comme Lafrenière chaque semaine pour donner un coup de pouce aux guichets.

Encore une fois, la solution est peut-être là, sous leurs yeux.

Le prochain espoir de haut niveau joue peut-être à Gatineau, en ce moment, et personne ne le connaît vraiment.

Il s’appelle Zach Dean.

Dean est débarqué à Gatineau à la fin de l’été. Après quelques jours, au camp d’entraînement, l’entraîneur-adjoint Ron Choules a été conquis. Il s’est même permis une prédiction à la fois audacieuse et rigolote, en affirmant que la recrue disposait de quelques mois pour s’acheter un complet dernier cri de grande qualité. Il faut apparaître sous son meilleur jour quand on monte sur l’estrade, en tant que choix de première ronde, lors du repêchage de la LNH.

Pour Choules, Dean a tout ce qu’il faut pour être choisi parmi les premiers, à l’été 2021.

À ce moment-là, Dean avait tout juste 16 ans et zéro match d’expérience. Il avait encore tout à prouver.

Il a fêté ses 17 ans en janvier. À son retour du congé des Fêtes, il est passé au niveau supérieur. Les plus purs partisans des Olympiques ont épluché les statistiques pour nous apprendre que l’équipe n’a pas aligné une recrue aussi productive depuis Maxime Talbot.

Dean jouera mercredi soir, à Boisbriand, sa 46e partie dans le hockey junior majeur.

Dans les matches 44 et 45, ce week-end, mes espions me disent qu’il n’a pas mal paru.

L’Océanic de Rimouski est une formation mature, construite dans le but de gagner la Coupe du président ce printemps.

« On a un joueur de 16 ans qui a joué plus de 15 minutes, dans les deux parties du week-end. C’est une belle expérience », me confirme Éric Landry.

L’entraîneur-chef des Olympiques est convaincu que l’expérience a été très enrichissante pour son protégé. À plusieurs niveaux.

« Les projecteurs n’étaient peut-être pas braqués directement sur lui. Il a quand même pu voir, de l’extérieur, ce à quoi ressemble la vie d’un espoir de premier niveau. Il a pu voir, un peu, comment Alexis Lafrenière gère tout ça. »

« Dans tous les matches, Zach veut faire des jeux qui vont se retrouver dans les faits saillants. Dans tous les matches, il cherche à faire des choses pour qu’on le remarque. Tout ça, c’est très bien. En même temps, Alexis n’a rien fait de flashy la fin de semaine dernière. Il a quand même été efficace. Bien jouer au hockey, c’est aussi distribuer la rondelle et prendre de bonnes décisions. »

Dean est un très bon élève, selon ce qu’on me dit. Il ne mettra pas trop de temps à comprendre tout cela.

Zach Dean me dit qu’il commence à se faire des amis, en Outaouais. Les partisans l’accostent parfois, après les matches disputés à Guertin. Certains interagissent un peu, avec lui, dans les réseaux sociaux.

Il pourrait quand même passer complètement inaperçu s’il traversait les Promenades Gatineau à pied, le week-end.

Il faudrait que ça change. Ce serait un beau défi, pour les prochains mois.