Noel Acciari se relève après la mise en échec de Tyler Bozak qui a mené au but controversé de David Perron.

Vers un dimanche soir historique?

CHRONIQUE — EN SÉRIES / Bruce Cassidy ne s’est pas gêné. Il a dit tout le mal qu’il pensait des arbitres de la Ligue nationale de hockey, dans sa conférence de presse d’après-match, jeudi.

Il n’a rien dit de bien original. Tout le monde sait que l’arbitrage, dans notre sport national, manque souvent de constance. Surtout dans les matches les plus importants. Et, en matière de matches importants, il est plutôt difficile de trouver mieux que la cinquième rencontre de la finale de la coupe Stanley.

On retiendra surtout que cette montée de lait a été déclenchée par une seule erreur. Une pénalité qui n’a pas été décernée à Tyler Bozak, en zone d’attaque, quelques secondes après le deuxième but des Blues de Saint-Louis.

On retiendra également ce moment de lucidité de Cassidy, au beau milieu de sa tirade. « Il nous restait du temps », a reconnu l’entraîneur-chef des Bruins de Boston.

C’est exact.

Il restait neuf minutes et 30 secondes à écouler à la troisième période, environ. L’équipe de Cassidy tirait de l’arrière par deux buts.

Les Bruins avaient amplement le temps de revenir de l’arrière. Ils pouvaient marquer deux buts, créer l’égalité, semer le doute dans l’esprit de leurs adversaires.

S’ils avaient fait cela, ils auraient pu profiter de l’avantage de la foule, en prolongation.

S’ils avaient profité des neuf minutes et 30 secondes qui étaient à leur disposition, ils ne feraient pas face à l’élimination, ce week-end.

On souhaite à Cassidy de ravaler assez rapidement sa colère. Parce qu’il lui reste encore du temps.

On pourrait vivre un dimanche historique, à Saint-Louis. Après 50 ans d’attente, les partisans des Blues pourraient enfin voir leurs favoris soulever la coupe Stanley.

Pour ce faire, ils devront d’abord battre les Bruins pour une troisième fois d’affilée.

Or, les Bruins n’ont pas été battus trois fois de suite depuis la deuxième semaine du mois de mars.

Pour gagner, les Bruins devront d’abord y croire. Si jamais Cassidy ne parvient pas à reprendre le contrôle, les joueurs pourront toujours suivre le leadership de Patrice Bergeron.

Le centre québécois n’a pas perdu le contrôle de ses émotions, après le match de jeudi. « On aurait cru qu’une pénalité serait décernée sur cette séquence. Quand les arbitres en ont décidé autrement, il fallait passer l’éponge. Il ne sert à rien de se tracasser avec des choses que nous ne pouvons pas contrôler », a-t-il déclaré. Avec raison.

Dans la légende

Zdeno Chara vient-il de nous prouver à quel point il faut être résilient pour jouer dans la LNH ?

La question a été posée aux deux entraîneurs, après le match de jeudi.

Craig Berube, comme Cassidy, a offert une réponse plus ou moins inspirée.

La vérité, c’est que Chara représente un cas unique. Pour jouer avec une mâchoire fracturée, il faut être capable de faire abstraction de la douleur.

Il faut être prêt à vivre avec les conséquences de sa décision. Un coup de coude, une mise en échec peut aggraver la blessure.

« Tu ne sautes jamais sur la patinoire en te demandant s’il est possible que tu subisses une blessure », a-t-il offert en guise de réponse aux journalistes.

Dans la fin de la vingtaine, Chara pouvait s’imposer des séances de vélo stationnaire de plusieurs heures, quand ses coéquipiers avaient quitté l’aréna pour regagner leurs foyers. Il devait être prêt à tout. Si son entraîneur voulait l’utiliser pendant 30 minutes, durant la partie suivante, il devait être capable d’offrir 30 minutes de qualité.

À 42 ans, alors que sa carrière tire visiblement à sa fin, il trouve de nouvelles façons de se sacrifier pour la cause.