Au milieu de la deuxième période, mardi soir, Pageau a pris les choses en main.

Un dernier plaidoyer pour Pageau

CHRONIQUE / Jean-Gabriel Pageau traînait dans le vestiaire des Sénateurs, mardi matin. Il répondait aux questions d’un collègue de Radio-Canada, sur le leadership de son ancien coéquipier Chris Phillips.

Après un moment, à force de l’écouter, j’ai eu le goût de me mêler à la conversation.

Dis donc, Jean-Gabriel... Si Phillips n’avait pas été là, pour toi, serais-tu capable de jouer un rôle de leader, aujourd’hui ?

« Non », a-t-il répondu sans hésiter.

« Quand tu arrives dans la ligue, tu as besoin de vétérans qui ont joué la game. Tu as besoin de gars qui savent comment ça doit se passer, dans la chambre. Qui te montrent comment agir sur la route. Qui te montrent comment agir à l’extérieur de la patinoire, dans le gym. Il faut transmettre ces valeurs pour établir une culture. Chris faisait très bien ce travail, au début de ma carrière. »

Ça, c’était mardi matin.

Quelques heures plus tard, Pageau a trouvé le meilleur moyen de rendre hommage à son mentor.

Les Sénateurs et les Sabres de Buffalo étaient engagés dans un match un peu fou. À mi-chemin, en deuxième période, ça pouvait aller d’un côté, comme de l’autre.

Au milieu de la deuxième période, Pageau a pris les choses en main.

Il a d’abord marqué le cinquième but des Sénateurs. Le but de la victoire.

Il a ensuite marqué le sixième but. Le but d’assurance.

En fin de match, quand les Sabres ont retiré leur gardien à la faveur d’un sixième attaquant, il a intercepté une passe en zone défensive. Il a ensuite refilé la rondelle à son coéquipier Anthony Duclair, pour lui permettre de sortir de sa longue léthargie.

Il a été un leader, d’un bout à l’autre.

Cette victoire contre les Sabres n’aidera pas les Sénateurs, à court terme. Les points au classement, en cette fin d’hiver, ne sont pas très utiles. Pour que les jeunes Sénateurs puissent connaître du succès, d’ici quelques années, ils doivent apprendre à gagner des matches serrés, dès maintenant.

Pour ça, Pageau peut être très utile, encore.

J’ai écrit cette chronique au moins quatre fois, depuis l’automne. Peut-être cinq.

On peut bien livrer le message une fois de plus.

La vente de feu de 2020 a officiellement débuté, mardi, quand Dylan DeMelo a été sacrifié, en retour d’un bien quelconque choix de troisième ronde.

Tous les directeurs généraux qui ont vendu des défenseurs, jusqu’ici, ont obtenu des choix de deuxième ronde. Sauf Pierre Dorion.

Parmi les joueurs dont le sort nous préoccupe, il reste donc Mark Borowiecki et Pageau.

Dans le cas du Gatinois, on croit vraiment que ça peut aller d’un côté, comme de l’autre.

On me dit que Dorion est ouvert à l’idée de le laisser partir, s’il peut avoir son prix.

On me dit que je devrais essayer de voir les choses comme Pierre Dorion. Il a gravi les échelons comme dépisteur.

On me rappelle, amicalement, que les dépisteurs n’ont jamais suffisamment de choix en banque.

Les Sénateurs devraient détenir deux des 10 premiers choix, en juin prochain, au Centre Bell.

Un troisième choix de première ronde, ce serait bien. Retenir un vétéran qui sera capable de voir au développement des espoirs, ce serait mieux.

Je cite à nouveau Pageau, au sujet de Phillips : « Il savait séparer le travail et la vie de tous les jours. Quand on arrivait à l’aréna, le hockey passait au premier plan. Quand on allait prendre un café, quand on allait souper avec lui sur la route, il voulait juste jaser de nos vies personnelles. Il nous a vraiment tous aidés à faire la part des choses. »