Le quart-arrière Colin Kaepernick pourrait devoir faire un séjour dans la LCF avant d’effectuer un retour dans la NFL.

Si Kaepernick veut jouer...

CHRONIQUE / Colin Kaepernick est, visiblement, en très grande forme.

C’est la première chose qui saute aux yeux quand on regarde la vidéo qu’il a partagée dans les réseaux sociaux, plus tôt, cette semaine.

C’est possiblement la seule chose qui nous semble claire, en fait, en regardant cette vidéo.

Tout débute par une projection, sur un écran noir. « On empêche cet homme de travailler depuis 889 jours », est-il écrit.

« Je suis ici à cinq heures du matin, cinq jours par semaine, depuis trois ans. Je suis toujours prêt », dit ensuite une voix hors champ.

Dans les 50 secondes qui suivent, on voit un Kaepernick à l’air déterminé qui soulève de la fonte, qui utilise des appareils sophistiqués et qui se plie à une série d’exercices dans un gymnase.

Avec une série de gros plans sur ses gros biceps tatoués.

Pour finir en beauté, l’athlète-chômeur enlève son chandail, pour dévoiler des muscles abdominaux découpés aux ciseaux. Il complète la mise en scène en lançant le vêtement sur la lentille du caméraman.

La fin.

Tout ceci nous laisse croire qu’il est en forme. Rien de plus, rien de moins.

On peut faire le tour des centres d’entraînement Econofitness du grand Gatineau et y trouver, chaque jour, des dizaines d’hommes aux bras gonflés à l’hélium.

Ce n’est pas parce qu’on soulève 220 kilogrammes au développé couché qu’on peut automatiquement diriger l’unité offensive d’un club de football professionnel...

Avec sa vidéo, Kaepernick veut lancer un message clair. Il est prêt à jouer au football.

Encore une fois, ce ne sont que des paroles.

Cette vidéo nous arrive alors que les camps d’entraînement s’achèvent, dans la NFL. Dans une semaine, tout sera terminé. Les 32 équipes auront choisi les quarts avec lesquels elles entreprendront la saison régulière.

Les portes n’ont pas l’air de s’ouvrir, pour lui.

Si jamais Kaepernick souhaite vraiment jouer, il pourrait se lancer à la poursuite de différentes avenues.

Pourquoi pas la Ligue canadienne ? Pourquoi pas Montréal ou Ottawa ?

On va s’entendre sur un truc, avant d’aller plus loin. Dans les trois dernières années, Kaepernick a accompli de grandes choses.

Il a eu l’audace d’utiliser son statut de personnage public pour lancer un message qu’il jugeait important. Il a surtout eu le courage de ne pas reculer quand le climat a monté. Il est allé jusqu’au bout de ses convictions.

On ne peut pas dire qu’il sort gagnant de tout cela.

À la lumière des tristes événements du dernier week-end, force est de constater que les États-Unis sont toujours aux prises avec de sérieux problèmes de racisme.

Kaepernick n’a pas eu besoin de se rendre jusqu’aux tribunaux, pour régler le litige dans lequel il prétendait que la collusion impliquant les propriétaires de la NFL l’empêchait d’obtenir un contrat. Le règlement à l’amiable ne lui a toutefois pas permis de s’enrichir. Selon le New York Times, la NFL lui a tout juste versé de quoi payer les avocats qui l’ont défendu.

La vidéo de cette semaine nous pousse à croire qu’il est de retour au point de départ. Il a peut-être même reculé. Il a désormais 31 ans, ce qui n’est pas jeune pour un joueur de football. Et il demande aux équipes de la meilleure ligue au monde d’offrir une nouvelle chance à un quart qui n’a pas joué depuis trois longues années ?

La NFL est la meilleure ligue au monde.

La LCF, qui n’a pas cette prétention, a souvent prouvé qu’elle n’avait pas peur d’offrir une deuxième chance.

Pour l’instant, le nom de Kaepernick est inscrit sur la liste de négociations des Alouettes. Ces derniers ont utilisé une bonne douzaine de quarts depuis 2014, sans jamais trouver un digne successeur pour Anthony Calvillo.

Le Rouge et Noir se trouve aussi dans une situation difficile. À Edmonton, ce vendredi, les travers de Dominique Davis pourraient paraître encore plus gros lorsqu’il sera confronté à Trevor Harris.

Kaepernick aurait plus à perdre qu’à gagner au Canada.

Il serait confronté à un immense défi.

Il n’aurait au moins pas à se poser de questions lors des hymnes nationaux. Ça lui permettrait de se concentrer uniquement sur les choses qui sont vraiment importantes.