Si les Champions veulent demeurer à Ottawa, ils ont jusqu’à la fin du mois pour trouver un nouveau propriétaire.

Qui sauvera les Champions?

CHRONIQUE / Cette fois, on dirait bien que ça y est.

L’avenir du baseball professionnel à Ottawa va se jouer dans les trois ou quatre prochaines semaines.

« Je dois vendre mon équipe », m’a annoncé le propriétaire des Champions, Miles Wolff, mardi matin.

« Si je ne suis pas capable de trouver des acheteurs d’ici la fin du mois de septembre, je serai contraint de fermer boutique », a-t-il enchaîné.

Les fans des Champions et les fidèles lecteurs commencent à connaître le refrain.

Wolff n’a jamais voulu diriger une équipe dans la capitale du Canada. Il a fondé le club en 2014 de façon à rendre service à la Ligue Can-Am, qui avait grand besoin d’élargir ses cadres. Depuis, chaque fois qu’on lui demande, il se fait un plaisir de nous rappeler qu’il est prêt à passer le flambeau.

Ce n’est pas la première fois qu’il nous sert un ultimatum, non plus. À pareille date, l’an dernier, il tenait un discours similaire.

Au moment de faire le bilan de la saison 2018, il ne pouvait pas garantir qu’il y aurait une saison 2019.

« C’est vrai, reconnaît-il. Mais, à pareille date, l’an dernier, des gens étaient à l’hôtel de ville travaillaient dans le but d’assouplir notre bail de location du stade. C’était en train de se faire. »

La Ville a finalement annulé, en juillet, le contrat de location qui permettait aux Champions d’évoluer au parc RCGT jusqu’en septembre 2024. L’équipe détient maintenant un nouveau contrat, plus avantageux à plusieurs égards.

« Ce nouveau bail... Je ne veux pas faire de promesses et garantir que le prochain propriétaire ne perdra pas d’argent. La table est certainement mise, en tous cas. Le bail devrait faciliter la vente de l’équipe », croit M. Wolff.

Faire de l’argent en avec un club sportif des ligues mineures.

Il faudra croire M. Wolff sur parole, parce qu’il est assez difficile d’y voir clair. Il ne montre certainement pas ses livres comptables à n’importe qui.

La seule donnée publique, c’est celle du nombre de billets vendus. Les chiffres qui sont disponibles nous laissent croire que les Champions se maintiennent dans la moyenne de la ligue. Ils ont attiré un peu plus de 88 000 spectateurs, en 49 parties, cet été.

Les données nous laissent surtout croire que les Champions n’ont pas gagné en popularité depuis leur première saison. Au contraire, on assiste à un léger — mais constant — déclin.

Ils ont atteint un sommet, en 2016, lorsqu’ils ont remporté leur premier — et seul — championnat des séries éliminatoires. En 2016, le baseball connaissait une hausse de popularité à travers le pays. Les Blue Jays de Toronto faisaient partie de l’élite des ligues majeures. Tout le monde en profitait.

En 2016, les Champions attiraient, en moyenne, 2454 spectateurs par partie.

Cet été, les matches ont été disputés devant des foules moyennes de 1800 personnes.

« Il y a un déclin, mais il n’y a pas de chute drastique », intervient Miles Wolff.

« Un nouveau propriétaire pourrait connaître du succès en débarquant avec des idées neuves. Nous appliquons la même recette, ici, depuis plusieurs années. »

« L’autre affaire, c’est le marketing. Nous aurions pu dépenser davantage pour faire la promotion de nos produits. Nous avons été limités. Nos budgets d’opération n’ont pas été très grands, ces dernières années. »

Tout cela est vrai.

La visibilité des athlètes et des organisations sportives passe aussi par les médias traditionnels.

Le club de baseball professionnel d’Ottawa n’a pas été gâté, à ce niveau. Cette année encore, les journalistes de votre quotidien francophone favori se sont encore sentis bien seuls, dans la galerie de la presse.

Miles Wolff nous assure que, dans les ligues mineures, le succès aux guichets n’est pas nécessairement lié aux succès sur le terrain.

« Nous sommes sortis de la course aux séries il y a plusieurs semaines. Nous avons quand même attiré quelques-unes de nos meilleures foules de la saison en fin de semaine. »

« Dans les trois dernières semaines de la saison, nous avions enfin l’air de former une bonne équipe. Sébastien Boucher a beaucoup appris. Il sera un meilleur gérant la saison prochaine. »

Ouais... La saison prochaine.

On s’en reparlera d’ici un mois.