Samedi dernier, les Hurricanes ont su rebondir à Nashville en battant les Predators 5-3.

Que se passe-t-il, au juste, en Caroline?

CHRONIQUE / C’est l’histoire de notre saison, fanfaronnait un Rod Brind’Amour tout souriant, devant les journalistes, tard samedi soir. L’équipe qu’il dirige, les Hurricanes de la Caroline, venait de gagner un gros match sur la route, dans un amphithéâtre intimidant, à Nashville.

« Notre équipe commet parfois des erreurs, mais elle est toujours prête à se battre. Nos joueurs sont de grands travailleurs », a-t-il précisé.

Les Canes avaient commis une grosse « erreur », 24 heures plus tôt.

Sur leur patinoire, à Raleigh, ils avaient encaissé une méchante dégelée. Ils avaient été battus 8-1 par les Jets de Winnipeg.

Dommage pour les fans, qui s’étaient déplacés dans le but (entre autres) d’assister à une créative célébration d’après-match.

Dans l’Association Est, où une formation de fort calibre sera exclue des séries éliminatoires, on ne peut pas trop se permettre de trébucher trop souvent, comme ça.

« Nous n’avons pas les moyens d’échapper trop de points, a dit le défenseur Justin Faulk au quotidien News&Observer, après la partie. En jouant de cette façon, nous ne pouvons pas espérer empocher beaucoup de points. »

Les Canes ont pris les moyens d’empocher deux points, 24 heures plus tard.

Brind’Amour dit que son équipe est toujours prête à se battre. On peut difficilement le contredire.

Il s’agissait de leur 14e séquence de deux matches en autant de soirs, cette saison.

Leur fiche, dans le match numéro deux, est de 10-3-1.

Cinq équipes se battent présentement pour obtenir les quatre derniers tickets en prévision des séries éliminatoires, dans l’Est. L’équipe de Brind’Amour a entrepris la semaine dans une des positions d’équipe repêchée. La pression sera forte, dans les prochaines semaines. Les fans de la Caroline n’ont pas assisté à du hockey de printemps une seule fois depuis le début de la décennie.

Plusieurs membres de l’organisation se trouvent au cœur des succès des Canes.

À 24 ans, l’ailier finlandais Teuvo Teravainen produit à un rythme d’un point par match depuis le début de la saison.

Le Suisse Nino Niederreiter, qui est à peine plus vieux, semble profiter du changement d’air. Il produit lui aussi à un rythme d’un point par match depuis le jour où il s’est joint à sa nouvelle équipe par voie de transaction.

La brigade défensive au grand complet est probablement sous-estimée.

Brind’Amour est possiblement sous-estimé, lui aussi.

En 2009, lorsque les Hurricanes ont participé aux séries pour la dernière fois, il vivait les derniers moments d’une brillante carrière de joueur.

Paul Maurice était son entraîneur.

Maurice était déjà convaincu que son protégé avait les qualités requises pour devenir un bon entraîneur. « Plusieurs joueurs sont passionnés. Plusieurs joueurs adorent leur sport. C’est la première qualité, celle qui sert de fondation pour les bons entraîneurs. Rod avait cette passion. Il était aussi de ceux qui cherchent constamment à trouver les petits détails pour s’améliorer. C’est une qualité essentielle. C’est ce qui pousse les entraîneurs à s’enfermer dans leurs bureaux pendant des heures. Cette qualité permet aux bons entraîneurs de passer des heures à étudier des vidéos pour en comprendre les moindres détails », a-t-il expliqué aux médias, dans les heures qui ont précédé le duel entre les Canes et les Jets.

Le pilote des Islanders de New York, Barry Trotz, est sans doute le favori dans la course au trophée Jack-Adams, à titre d’entraîneur-chef de l’année dans la LNH.

Brind’Amour ne doit pas être trop loin, derrière lui.

Demers en renfort

Les Coyotes de l’Arizona sont, en quelque sorte, les Hurricanes de l’Ouest. En pleine course aux séries, ils s’apprêtent à recevoir un bon coup de pouce. Le vétéran défenseur Jason Demers, blessé depuis la mi-novembre, est enfin prêt à reprendre sa place. Il devait au départ jouer avec le capitaine Oliver Ekman-Larsson dans le premier duo. Niklas Hjalmarsson lui a un peu piqué sa place dans les derniers mois. On se demande même quel rôle il pourra jouer, maintenant. « Selon mon expérience, les équipes qui luttent dans le dernier droit n’ont jamais trop de profondeur. Nous avons huit défenseurs en ce moment. C’est un luxe », commente l’entraîneur-chef Rick Tocchet.

Garder le moral

Jonathan Bernier a été un excellent mercenaire, ces dernières années. Il a été très bon lorsqu’on lui a confié des mandats à court terme, à Anaheim, puis au Colorado. Cette saison, à Détroit, c’est plus difficile. Le gardien lavallois a gagné seulement six de ses 30 premiers matches. « Nous avons eu plusieurs conversations. Jonathan est un pro. Rien n’est facile, mais il faut garder la tête haute », a récemment confié son coach, Jeff Blashill, au Detroit Free Press.

La misère des riches

On a longtemps eu l’impression que l’Avalanche du Colorado était pauvre, en défensive. Ce n’est clairement plus le cas. Selon certaines rumeurs, le jeune vétéran Tyson Barrie pourrait changer d’adresse. De jeunes défenseurs à caractère offensif comme Samuel Girard, Cale Makar et Conor Timmins pourraient le pousser vers la porte de sortie. « Je ne suis pas aveugle, a-t-il récemment confié au Denver Post. Cela dit, nous sommes en plein cœur d’une course aux séries, en ce moment. Je ne veux penser à rien d’autre. »