Selon notre chroniqueur, deux groupes d’investisseurs seraient intéressés à faire l’acquisition de l’équipe de Baseball de Miles Wolff (photo), les Champions d’Ottawa.

Prochaine station: Champ-des-rêves

CHRONIQUE / Je me suis rendu à l’hôtel de ville d’Ottawa, mercredi matin, un peu comme on se rend à des funérailles.

Convaincu qu’on s’apprêtait à enterrer une autre équipe sportive des ligues mineures dans la capitale.

C’était prématuré, il faut croire. Les Champions d’Ottawa ne sont pas encore morts.

Ils ne sont pas encore sauvés, non plus.

Disons qu’ils sont en sursis.

Leur avenir se joue dans les prochaines semaines et il y a — un peu — d’espoir. Deux groupes seraient intéressés à faire l’achat de l’équipe pour qu’elle puisse poursuivre ses opérations en 2020.

Le premier groupe a l’avantage de connaître le baseball des ligues mineures. Sam et Regan Katz ont joué un rôle majeur dans les succès des Goldeyes de Winnipeg. Ce club indépendant qui évolue dans l’American Association a encore vendu près de 200 000 billets l’été dernier.

Les Champions, à titre de comparaison, ont attiré 88 119 spectateurs au parc RCGT.

Ces gens chercheraient à conclure des partenariats avec des gens qui sont bien implantés à Ottawa. Ils ont approché l’Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG).

L’autre groupe d’affaires est formé de quelques investisseurs locaux. L’un d’entre eux, Rob Lavoie, est le directeur des opérations régionales auprès de la chaîne de magasins d’articles de sport usagés Play It Again Sports.

Vous excuserez mon cynisme du début de journée.

Ça fait au moins deux ans que j’entends le propriétaire actuel des Champions, Miles Wolff, parler de ses projets d’avenir. Peut-être plus.

À l’écouter, il est sur le point de trouver un repreneur depuis des mois.

J’ai fini par me dire qu’il ne réussirait jamais.

Surtout que les Champions ont contracté une importante dette, au fil des ans. Les nouveaux propriétaires devront trouver une façon de s’entendre avec la Ville, pour le loyer impayé. Les arrérages seraient supérieurs à 400 000 $.

Ils devront ensuite négocier un nouveau bail. Le conseil municipal souhaiterait une entente à long terme, préférablement d’une durée de sept à 10 ans.

On aura la chance de se reparler de tout cela.

En attendant, l’optimisme règne.

« Je pense vraiment que tout est plus positif, maintenant, jure le maire, Jim Watson. Nous discutons avec deux groupes sérieux qui ont la capacité les factures. Le stade est aussi relié au système de train léger, grâce à la passerelle Max-Keeping. Ça change les choses. »

Avant toute chose, il faut d’abord se parler de transport en commun.

« Si vous le construisez, ils viendront. »

Un vétéran journaliste qui traînait dans la tribune de la presse de l’hôtel de ville a lâché cette boutade, mercredi matin.

Il s’agit, évidemment, d’une réplique empruntée au film culte de baseball, Le Champ des rêves.

Ou, Field of Dreams, dans sa version originale anglaise.

Au tour de la table du conseil, on peut encore trouver quelques optimistes, qui s’imaginent que le baseball professionnel des ligues mineures peut prospérer à Ottawa.

Ces gens-là semblent convaincus que l’arrivée du train léger va complètement changer la donne.

Encore une fois, vous excuserez mon scepticisme.

Les Champions ont des tas de problèmes. Le manque de visibilité dans les médias traditionnels arrive au sommet de la liste. Les faméliques budgets alloués au marketing et aux promotions n’ont pas aidé, non plus.

En cinq ans de couverture, je n’ai jamais entendu personne se plaindre des problèmes d’accessibilité au stade ou des tarifs déraisonnables de stationnement.

Mais bon. À ce stade-ci de l’histoire, pour la survie du baseball, les gens ont besoin de s’imaginer qu’il y a de l’espoir.

Et si l’espoir doit prendre la forme de ce magnifique train tout neuf qui circule enfin...

On a entendu d’autres élus parler du retour des ligues majeures à Montréal, mercredi.

Le baseball a connu ses heures les plus glorieuses à Ottawa lorsque les Lynx formaient le club-école AAA des Expos.

Certains s’imaginent que la capitale pourrait redevenir, un jour, l’antichambre de la métropole.

Un jour, peut-être.

En attendant, l’important, c’est de trouver une vocation au stade. Il doit coûter une fortune à entretenir — surtout quand il est vide.

Et la Ligue Can-Am, malgré ses défauts, constitue la meilleure option dans le court terme.