Les joueurs de la LNH ont finalement choisi de ne pas rouvrir la convention collective. Cette décision du syndicat n’est pas surprenante. En 2012 (photo), un conflit de travail les avait empêchés de disputer une saison complète.

Pareil, mais différent

CHRONIQUE / Heureusement, la menace d’un nouveau conflit de travail paralysant les activités de la Ligue nationale de hockey aura duré quelques heures, à peine.

L’Association des joueurs a vraiment pris la bonne décision, en optant pour la paix et la stabilité jusqu’en 2022.

Le temps est à la collaboration, pas à l’affrontement.

Le spectre d’un – autre – conflit de travail peut donner aux partisans une mauvaise impression de déjà-vu.

En réalité, beaucoup de choses ont changé depuis le dernier lock-out, celui qui a paralysé les activités de la ligue pendant un peu plus de trois mois, à l’automne 2012.

La façon de suivre le hockey a changé.

Une douzaine de mois après la résolution de ce conflit, les entreprises de télécommunications Rogers et Québecor ont signé un lourd contrat de 5,2 milliards $ pour décrocher les droits de télédiffusion nationaux de la LNH au Canada.

Ce contrat devait faire le bonheur de la ligue, comme celui des diffuseurs.

Six ans plus tard, les revenus des câblodistributeurs sont en baisse.

Le printemps dernier, lors d’une campagne très publique, Pierre-Karl Péladeau a remis en doute la survie de sa chaîne spécialisée TVA Sports.

Les actionnaires de contrôle de Rogers ont été plus discrets. Ils ont néanmoins envoyé des signaux inquiétants, quelques mois plus tard, en se libérant des contrats de deux commentateurs vedettes, Nick Kypreos et Doug MacLean.

Les partisans canadiens ont vite pardonné la LNH et ses joueurs pour les deux conflits de travail des années 2000. Ils ont continué à regarder les matches à la télévision. Ils ont continué à remplir les arénas.

On vous répète que le Canada était un pays différent.

En 2013, le hockey était de loin, le sport favori au pays.

C’est sans doute encore le cas, mais l’écart n’est plus aussi grand.

Des milliers de personnes se sont rassemblées dans toutes les grandes villes du pays, au printemps dernier, pour assister à des matches éliminatoires de la NBA. Les dirigeants de Maple Leaf Sports and Entertainment (MLSE) ont senti monter cette passion pour leur équipe de basket-ball. Certains ont prédit depuis plusieurs années que les Raptors finiraient par devenir plus populaires que les Maple Leafs dans la Ville-Reine.

Pas plus tard que la semaine dernière, 7,4 millions de Canadiens ont suivi la finale féminine du US Open de tennis, sur les ondes de RDS et TSN.

Le soccer devrait continuer de gagner en popularité, aussi. Ça devrait culminer aux environs 2026, quand la Coupe du monde masculine de la FIFA sera présentée un peu partout sur le territoire nord-américain.

Pour continuer à prospérer, et ne pas trop perdre de terrain, les joueurs ont tout intérêt à continuer à vendre leur produit. Et le meilleur endroit pour gagner le coeur des fans, c’est sur la patinoire.

Ainsi donc, Mitch Marner a reçu deux offres hostiles durant les mois d’été.

Le jeune et dynamique attaquant a choisi de ne pas leur donner suite. Il tenait à poursuivre sa carrière dans sa région natale. Il devait bien se douter que les richissimes Leafs trouveraient une façon de le payer à sa juste valeur.

Cette nouvelle nous confirme néanmoins que les moeurs changent. Les directeurs généraux ne respectent plus les interdits d’autrefois.

On vous rappelle que les Sénateurs ont un an pour s’entendre avec Thomas Chabot.

S’ils ne parviennent pas à s’entendre avec leur meilleur joueur d’ici le 1er juillet prochain, il pourra également recevoir, étudier, rejeter ou accepter les offres des 30 autres organisations de la ligue.

Toute cette histoire sent mauvais.

Un casino du Connecticut aurait intenté une poursuite de plus de 900 000 $ US contre le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk.

Le Mohegan Sun prétend que M. Melnyk aurait négligé de payer une dette de jeu.

On ne sait pas exactement ce qui s’est passé, dans cette maison de jeu, en mars 2017. Les tribunaux se chargeront de démêler le vrai du faux.

En attendant, on va s’entendre pour un truc. Le fait que cette histoire ait été dévoilée publiquement n’aidera en rien les Sénateurs, dans leur quête pour regagner la confiance du public.