Avant d’affronter les Red Wings, les Sénateurs ont annoncé l’arrivée de Jim Little à titre de chef de la direction. Personne ne croit que sa tâche sera simple.

Les choses «un peu» brisées

CHRONIQUE / Les Sénateurs ont embauché un nouveau chef de la direction. Il s’appelle Jim Little. Son mandat : élaborer « la stratégie commerciale globale » de l’organisation. Il devra s’attarder plus particulièrement au marketing, tout en tissant de nouveaux liens communautaires.

Déjà, c’est une bonne nouvelle.

C’est une bonne nouvelle parce que, pour la première fois en huit mois, on connaît l’identité de la personne qui tiendra le gouvernail.

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Le prédécesseur de M. Little, Nicolas Ruszkowski, a quitté son poste le printemps dernier, sans vraiment s’expliquer. Depuis, on ne connaissait pas vraiment l’identité de la personne (des personnes ?) qui prenaient les décisions les plus importantes.

La nomination de Little constitue une double bonne nouvelle, parce qu’il possède un certain bagage d’expérience, dans le monde du marketing sportif.

On lui attribue le sauvetage et la relance de l’Omnium canadien de la PGA.

Ça s’est passé il y a une douzaine d’années, environ. M. Little occupait alors un poste important au sein de la direction de la Banque royale du Canada (RBC). Le tournoi de golf le plus relevé au pays accumulait les déficits annuels quand il a décidé de s’impliquer. L’institution financière est devenue le principal commanditaire de l’événement. Depuis, tout s’est replacé.

Plusieurs années après son départ, l’Omnium canadien RBC a toujours le vent en poupe.

D’ailleurs, j’ai trouvé une citation fort intéressante de M. Little, dans le magazine spécialisé SCOREGolf.

Je traduis l’essentiel : « Ce que j’ai le plus aimé, c’est que nous avons décidé d’investir dans le golf alors que tout le monde cherchait à délaisser ce sport. Ça correspond pas mal à ma façon d’envisager la vie. Je m’intéresse souvent aux choses qui sont un peu brisées, qui ont besoin de beaucoup d’amour et d’attention. »

M. Little complète : « Le principe fondamental, c’est que tout revient toujours à la normale. »

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Cette façon de voir les choses colle bien au défi que Jim Little s’apprête à relever. On peut dire que les Sénateurs sont « un peu brisés ».

Sur la patinoire, l’équipe commence à montrer des signes de progression, après deux années extrêmement laborieuses.

Dans la communauté, c’est moins évident. Selon les données colligées par le réseau américain ESPN, les gens de la région d’Ottawa-Gatineau sont ceux qui soutiennent le moins bien leur club de hockey des ligues majeures. Le Centre Canadian Tire est l’amphithéâtre le moins achalandé de toute la LNH, avec une moyenne de 11 732 spectateurs par rencontre.

On peut dire que les partisans des Sénateurs ont besoin d’amour et d’attention.

Dans le court terme, les faibles assistances ne sont pas dramatiques. En ces années de reconstruction, la masse salariale de l’équipe n’est pas trop élevée. Les sommes empochées par les droits de télédiffusion et de radiodiffusion compensent pour la baisse importante du nombre de billets de saison.

Les Sénateurs ont quand même tout avantage à ce que la situation « revienne à la normale » au plus vite. La direction ferait bien de trouver une façon d’injecter un sentiment de fierté dans les chaumières, un peu partout, sur le chemin entre Rockland et Smiths Falls. Le plus tôt sera le mieux.

Le refrain risque de changer, toutefois, si le climat actuel reste pendant un an, deux ans, trois ans de plus.

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Personne ne croit que la tâche de Jim Little sera simple.

Eugene Melnyk se fait extrêmement discret depuis quelques mois, et c’est tant mieux. Ça ne veut pas dire qu’il a changé, du tout au tout.

Les trois dernières personnes à occuper des postes de haute direction dans l’organisation des Sénateurs sont partis après quelques mois.

On a parlé plus tôt de Nicolas Ruszkowski. La dame qu’on avait embauchée en même temps que lui pour s’occuper de la mise en marché, Aimee Deziel, est elle aussi partie afin de « relever de nouveaux défis à l’étranger ».

Le poste de président des Sénateurs est vacant depuis bientôt deux ans. Le dernier homme à l’occuper, Tom Anselmi, est lui aussi parti dans le mystère le plus complet.

Ça commence à ressembler à une tendance.

On présume que M. Little a pris le temps de s’informer de tout ça, avant de plonger vers ce nouveau défi.