Sylvain St-Laurent
Le programme sport-études hockey de l’école secondaire Nicolas-Gatineau offre des séances d’entraînement hors glace, en direct, sur Facebook.
Le programme sport-études hockey de l’école secondaire Nicolas-Gatineau offre des séances d’entraînement hors glace, en direct, sur Facebook.

Le sport-études dans votre salon

CHRONIQUE / Le Québec s’est amouraché de Marie-Ève Lévesque, cette jeune enseignante dévouée qui a décidé de prendre sous son aile tous les écoliers du primaire, à travers toute la province, durant cette longue pause forcée.

La dame qui rejoint chaque matin des milliers d’élèves, sur YouTube, s’est même retrouvée sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche soir.

L’idée de départ était brillante. Son succès est contagieux.

Ce qui est génial, c’est qu’elle n’est plus toute seule.

On trouve ici même, en Outaouais, des éducateurs qui ont décidé de s’occuper des enfants qui sont en confinement.

Quatre matins par semaine, le programme sport-études hockey de l’école secondaire Nicolas-Gatineau offre des séances d’entraînement hors glace, en direct, sur Facebook.

Ça se passe sur la page Sport études Intrépide.

Les lundis et mercredis, à 9 h, Maxime Villeneuve-Ménard offre des entraînements de type dryland, destinés aux hockeyeurs des catégories atome et pee-wee.

Les mardis et jeudis, à 10 h, une spécialiste en yoga, Andrée-Anne Gagnon, s’occupe des plus vieux, ceux qui évoluent au niveau bantam et midget.

C’est récent. Ça vient tout juste de commencer.

Il faut croire que ça répond à un besoin.

Quand les séances d’entraînement sont terminées, on les rend rapidement disponibles, sur la page Facebook.

La séance de dryland du 15 avril a déjà été vue 1500 fois.

«Au départ, quand le gouvernement a décrété que les écoles étaient fermées jusqu’au début du mois d’avril, on ne voulait pas trop se lancer dans la planification. Plus tard, quand la première date possible de reprise des cours a été repoussée au 4 mai, on a commencé à se poser des questions. La vérité, c’est qu’on ne sait pas vraiment ce qui nous pend au bout du nez. Est-ce que l’école va reprendre, cette année? Peut-être, mais on ne sait pas quand», explique Alain Sanscartier.

Le directeur des opérations du programme sport-études n’était pas obligé d’offrir ces programmes à ses membres. On devine qu’il ne manque pas de travail, par les temps qui courent. L’annulation des cours doit représenter un casse-tête logistique, pour son organisation. Il faut s’occuper des employés à temps complet qui ont été mis à pied. Il faut jongler avec les différents budgets d’opération. Il faudra forcément rembourser les parents qui ont déboursé de fortes sommes pour profiter de leur encadrement sportif jusqu’à la fin du mois de mai.

Il faut commencer à préparer une rentrée scolaire dans un climat d’incertitude total.

À quoi ressembleront les camps de sélection de hockey mineur, en septembre prochain, si les mesures de distanciation sociales sont maintenues?

Malgré tout ça, les gens du sport-études ont décidé de ne pas trop s’éloigner de leur vocation première.

C’est fort, la vocation d’un enseignant.

«Au fond, on donne une raison de plus aux jeunes de se lever, le matin», me dit Alain Sanscartier.

«On leur donne quelque chose d’autre à faire. Les jeunes ne peuvent quand même pas passer toutes leurs journées devant leurs écrans!»

Et la – véritable – beauté de l’affaire, c’est que les cours ne s’adressent pas exclusivement aux élèves de l’école secondaire Nicolas-Gatineau. L’accès à la page Facebook Sport-études Intrépide n’est pas contrôlé. N’importe qui peut se brancher.

On a passé le mot à quelques organismes. Des gens de Hockey Québec et du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) ont été mis au courant.

«On est dans le sens du partage. Tant qu’à offrir un cours pour 30 personnes, aussi bien l’offrir à 400 personnes.»

«J’imagine que nos cours de yoga sont aussi populaires auprès des mères des joueurs. Et ça ne me pose aucun problème!»

Le directeur des opérations du programme sport-études, Alain Sanscartier

Alain Sanscartier est facilement capable de s’enthousiasmer.

La réponse positive des derniers jours lui donne envie d’aller plus loin et d’ajouter à son offre.

Cette partie-là ne me semble pas encore très clairement définie.

Il parle de solliciter d’autres intervenants du milieu. Il songe à organiser des conférences interactives, avec des anciens du programme.

«On peut jaser de psychologie, de nutrition, d’entraînement hors glace, de techniques de patinage...»

«Moi, j’appelle ça entretenir nos gens.»