« J’ai appris à respecter Matt pour une raison très simple : il est un vrai joueur de hockey ! », a déclaré l’entraîneur des Blue Jackets de Columbus

Le curieux cas de Duchene

CHRONIQUE - EN SÉRIES /

On parle beaucoup de Matt Duchene dans les médias québécois, ces jours-ci. De nombreux chroniqueurs et commentateurs sportifs le verraient bien, l’automne prochain, avec un maillot bleu, blanc et rouge sur le dos.

Évidemment !

Duchene traîne une certaine réputation depuis le début de sa carrière. On l’imagine capricieux, complexe, dur à satisfaire.

Le genre de joueur qui peut facilement semer la zizanie dans un vestiaire.

Cette réputation n’est pas entièrement justifiée.

De toute façon, on parle d’une réputation qui s’était construite en saison régulière.

Au hockey, les joueurs construisent leurs « vraies » réputations dans les séries éliminatoires.

Pour Duchene, tout était donc possible. Il n’avait joué que deux matches, en séries, durant sa première décennie passée dans la Ligue nationale.

Il profite pleinement de l’opportunité qui lui est offerte, enfin, par les Blue Jackets de Columbus.

Il produit à un rythme supérieur à un point par match. Il a marqué quatre buts à ses cinq derniers matches.

Il a marqué le but décisif dans les deux dernières parties contre les Bruins de Boston.

Ces deux buts, cruciaux, font en sorte que les Jackets ont atteint la mi-parcours, dans leur quête vers une première coupe Stanley.

Dans cette année complètement folle où les surprises se multiplient, tout semble possible. S’il fallait établir une liste des cinq joueurs les plus susceptibles de remporter le trophée Conn-Smythe, au 1er mai, il en ferait certainement partie.

« Je ne savais à peu près rien au sujet de Dutchy quand il est arrivé », a reconnu, de manière franche, John Tortorella après le match de mardi.

« Je savais que nous avions mis la main sur un bon joueur. Un joueur talentueux, a-t-il précisé. Pouvait-il se défendre dans son territoire ? Était-il facile à diriger ? Tout plein de gens avaient des informations à nous transmettre... Je vous dirai une chose. J’ai appris à respecter Matt pour une raison très simple : il est un vrai joueur de hockey ! Il adore parler de hockey. Il est toujours à la recherche d’extraits supplémentaires, sur vidéo, pour nous permettre d’aller plus loin. »

« Il a réussi à compléter de gros jeux, pour nous. C’est remarquable, quand on pense qu’il n’a pratiquement pas d’expérience en séries. Nous l’avons trouvé à l’approche de la date limite des transactions. À date, notre mariage est heureux. »

Reste à voir si le mariage durera.

Duchene a fait son boulot. Si jamais Marc Bergevin souhaite réellement le mettre sous contrat, le 1er juillet prochain, il aura de la compétition.

Duchene pourrait fort bien décider de ne pas attendre jusque-là avant de signer son prochain contrat.

Il n’a pas fait de promesses aux Jackets, après la transaction. Il aurait même fait comprendre au directeur général Jarmo Kekäläinen que Columbus ne faisait pas partie des villes dans lesquelles sa famille souhaitait vivre.

C’était en février.

Le vétéran journaliste Aaron Portzline, qui compte plus de 30 ans d’expérience, nous apprend que Duchene passe un nouveau commentaire positif sur les gens de l’Ohio chaque jour. Il suffit de lui tendre l’oreille.

« C’est incroyable, a-t-il déclaré dans l’euphorie de la plus récente victoire. J’adore l’ambiance. J’étais assis sur le banc, alors que s’écoulaient les dernières secondes. Je voyais les gars qui bloquaient des tirs, qui s’imposaient tous les sacrifices nécessaires. C’est pour ça qu’on joue au hockey. C’est stimulant de voir mes coéquipiers travailler de la sorte. Ça me donne juste le goût de faire ma part. »

Huit gros mots

Combien peut-on enfiler de gros mots en cinq secondes ? Pierre-Luc Dubois nous en a fait la démonstration, mardi. La réponse : huit.

Le jeune centre québécois des Blue Jackets voulait évacuer la pression, avant de sauter sur la glace pour affronter les Bruins.

À la sortie du vestiaire, il a pris une grande respiration. Il s’est ensuite mis à hurler pour faire sortir tout l’air de ses poumons. Il a choisi quelques expressions du terroir.

Dubois l’ignorait sans doute, mais une caméra de Hockey Night in Canada était braquée sur lui. Il était en direct, à la télévision, d’un océan à l’autre.

« Oh, that’s good », a immédiatement commenté l’animateur Ron MacLean. Dubois a passé 17 minutes sur la glace, dans le match numéro trois. Il complété cinq mises en échec et bloqué deux lancers.

Petit coup de poing

Le comité de discipline a pris la bonne décision. C’était juste un petit coup de poing derrière la tête d’un adversaire. La plus récente victime de Brad Marchand, Scott Harrington, va s’en remettre. Marchand ne méritait pas d’être suspendu. Il a simplement prouvé, encore une fois, qu’il perd ses moyens très facilement.