Les attaquants des Jets de Winnipeg, Patrik Laine (à gauche) et Kyle Connor (à droite) sont toujours sans contrat. Une rumeur circulait la semaine dernière à l’effet que les Jets pourraient être tentés de se défaire de Laine.

L’automne de l’entonnoir

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / Comme toujours, la prudence est de mise.

Il y avait un peu de bruit, sur Internet, lundi matin. Les Jets de Winnipeg, disait-on, chercheraient sérieusement à se défaire de Patrik Laine.

On identifiait même quelques équipes qui seraient prêtes à lui faire une place.

On ne peut pas écarter cette rumeur du revers de la main. Les camps d’entraînement débutent officiellement dans les 31 villes de la LNH. Sans contrat en poche, Laine ne se donnera probablement pas la peine de se rapporter au Manitoba.

Laine n’avait pas l’air trop optimiste, le mois dernier, quand il a choisi d’accorder quelques entrevues.

«Je ne sais pas trop où je vais poursuivre ma carrière. Je suis prêt à tout», avait-il affirmé au collègue Chris Johnston, du réseau Sportsnet.

Les négociations ne pourront pas traîner, ainsi, bien longtemps. Un jour ou l’autre, s’ils ne parviennent pas à s’entendre avec leur dangereux marqueur, les Jets devront se résoudre à le laisser partir.

La prudence est quand même de mise, alors que débute la deuxième semaine de septembre. Il reste un peu de temps.

On ne se débarrasse pas d’un Patrik Laine aussi facilement. Le Finlandais a marqué 110 buts dans la LNH avant d’avoir l’âge légal pour consommer de l’alcool dans les bars américains. Il n’est pas déraisonnable de s’imaginer qu’il pourrait en marquer 500 autres d’ici la fin de sa carrière.

On a recensé seulement 20 marqueurs de 600 buts dans les 100 premières années de la LNH.

Laine continuera de faire parler de lui, dans les prochaines semaines.

Laine... et tous les autres comme lui. La LNH ne s’est jamais retrouvée dans une situation pareille, avec autant de jeunes vedettes qui ne savent pas trop sur quel pied danser à l’ouverture des camps d’entraînement.

Brayden Point, Mikko Rantanen, Matthew Tkachuk, Ivan Provorov...

Ces jeunes vedettes sont peut-être, tout simplement, victimes de leur époque.

En 2005, au terme d’un coûteux conflit de travail qui a duré un an, les dirigeants de la LNH et ceux de l’Association des joueurs ont réussi à créer un nouveau système qui favorisait les joueurs expérimentés, âgés dans la fin de la vingtaine.

Or, depuis ce jour, la ligue tend à se rajeunir.

Les recrues ont besoin de moins en moins de temps, à se développer. Ils sont prêts à dominer, très tôt. Leurs agents demandent donc, avec raison, qu’on leur réserve une plus grosse part de la tarte (salariale).

La planification à moyen ou long terme, ça n’a pas toujours été la force des directeurs généraux de la LNH. En ce moment, dans plusieurs villes, on constate que la tarte n’est pas assez grosse pour tout le monde.

C’est un peu comme si les jeunes vedettes essaient en ce moment de passer dans un entonoir. Difficile de savoir, avec précision, quand - et comment - ils vont en sortir.

Certains ont l’air de penser que Mitch Marner sera le premier à connaître son dénouement. Il est sans doute le joueur le plus complet sur la liste des joueurs autonomes avec compensation.

Marner appartient aussi aux Maple Leafs de Toronto.

Qu’on le veuille ou non, tout le monde regarde de près ce qui se passe à Montréal ainsi qu’à Toronto.

Eh bien, à Toronto, on ne peut pas dire que l’optimisme règne. Lundi matin, l’informateur du réseau TSN Darren Dreger disait que Marner risque de mettre le cap sur l’Europe d’ici la fin du mois. Il jouerait à Zurich, cette saison.

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TOUJOURS LE TEMPS D'UNE OFFRE HOSTILE ?

Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, a soumis sa dernière offre hostile de 2019. «Il nous reste environ six millions de dollars sous le plafond salarial. Ce n’est pas énorme, pour attirer un joueur de premier plan», a-t-il indiqué dans un entretien avec nos collègues de La Presse.

On ne sait pas trop si ses homologues sont tous prêts à en faire autant.

Le DG des Jets, Kevin Cheveldayoff, a discuté avec les animateurs de la station de radio TSN 1200, lundi matin. Il s’est dit prêt à faire face à tous les scénarios.

«En tant que gérant, je dois être prêt à tout, a-t-il déclaré. Les offres hostiles font partie des possibilités. Elles existent. Elles font partie de notre convention collective. On compte 31 équipes dans notre ligue. Chaque directeur général a sa propre façon de faire les choses. Je suis responsable. Je reste aux aguets.»

Cheveldayoff doit se soucier de deux joueurs. En plus de Patrik Laine, il doit trouver un moyen de s’entendre avec le double marqueur de 30 buts Kyle Connor.

«Dans le monde du plafond salarial, il y a beaucoup de pression», concède-t-il.