Sylvain St-Laurent
Tie Domi et Dominik Hasek 
Tie Domi et Dominik Hasek 

La troisième opportunité ratée

CHRONIQUE / Quand on pense aux années de gloire des Sénateurs, on retient généralement deux belles opportunités, ratées, de gagner la coupe Stanley.

Il y a les séries du printemps 2003, évidemment. L’équipe, encore toute jeune, avait atteint le septième match de la Finale de l’Association Est. Elle avait la chance de jouer ce match à Kanata, dans un Centre Corel rempli à capacité. Tout le monde s’entendait pour dire que le gagnant de ce match partirait favori, en grande finale, contre les Mighty Ducks - à l’époque, ils étaient encore Mighty - d’Anaheim.

Un cafouillage défensif survenu au pire moment a complètement bousillé les efforts fournis durant un hiver complet.

On revient souvent, aussi, sur le gâchis du printemps 2006.

Au retour d’une année de conflit, les Sénateurs avaient tous les ingrédients pour réussir. Ils étaient dangereux à l’attaque. Ils avaient Zdeno Chara, Wade Redden et Chris Phillips en défensive. Ils avaient surtout un gardien d’élite de 40 ans, Dominik Hasek, qui avait trouvé la Fontaine de Jouvence.

Le Dominateur est parti pour les Jeux de Turin. Il est revenu avec une blessure aux muscles adducteurs et n’a jamais été capable de retrouver son filet.

Deux opportunités ratées, dis-je.

J’ai envie de vous en proposer une troisième. Une troisième opportunité qui se glisserait parfaitement, entre les deux.

Je me demande ce qui serait arrivé, en 2004, si les Sénateurs avaient réussi à passer à travers la première ronde.

Je dis ça parce que, comme plusieurs d’entre-vous, j’ai été replongé dans le dernier (vrai) chapitre de la Bataille de l’Ontario, ce week-end.

Dans le cadre de sa série de soirées rétro, le réseau Sportsnet a choisi de nous présenter le match décisif de la dernière série qui a opposé la capitale fédérale et la métropole canadienne.

Sportsnet, on s’en doute, cherche à plaire à un plus grand nombre de fans possible. Les têtes dirigeantes du réseau veulent présenter quelques moments de réjouissance aux millions de partisans des Leafs qui sont éparpillés aux quatre coins du pays.

Le 20 avril 2004, les Leafs ont gagné ce match décisif. Ce fut, en outre, leur dernier triomphe en séries.

La rediffusion du match numéro 7, en 2004, nous a permis de revoir les deux buts marqués par Joe Nieuwendyk, durant la première période.

On ne comprendra jamais pourquoi Patrick Lalime a figé devant ces deux tirs de routine.

Cette contre-performance, au pire moment, nous fait presque oublier à quel point il a été brillant, en séries, durant son séjour à Ottawa.

S’ils avaient trouvé un moyen de gagner ce match, les Sénateurs auraient affronté les Flyers de Philadelphie au deuxième tour.

Un an plus tôt, Lalime et les Sénateurs avaient battu, sans trop de difficultés, les Flyers. Le gardien québécois avait alloué seulement 10 buts en six parties.

Le tableau était ouvert, en 2004. Il n’y avait pas de grands favoris.

La coupe a finalement été remportée par l’équipe qui était la plus affamée. Le Lightning de Tampa Bay était mené par deux éternels laissés pour compte. Il y avait Martin Saint-Louis à l’attaque et Dan Boyle en défensive. Les deux détestaient plus que tout perdre.

On parlait, un peu plus tôt, de Dominik Hasek.

Nos amis de L’Athlétique l’ont retrouvé, dernièrement. Et ça valait la peine, parce que le Dominateur leur a fait part de ses ambitions politiques.

Il songe parfois à se présenter aux élections législatives, dans son pays natal, la République tchèque.

La manchette m’a tout de suite attiré. Nous ne l’avons pas côtoyé pendant très longtemps. Durant son court passage à Ottawa, le Dominateur s’est surtout démarqué par son caractère excentrique. Il avait souvent l’air seul sur son île. En somme, il n’avait pas l’air d’un futur politicien.

«J’ai l’impression que beaucoup de gens s’intéressent à mes idées. Je considère donc que j’ai le devoir de ne pas les garder pour moi», dit-il, dans l’entrevue.

«Les politiciens qui sont au pouvoir, en ce moment, ont des politiques qui s’appuient sur la haine. Elles ont pour effet de diviser notre société. Un bon président devrait chercher à unir les gens», ajoute-t-il.

Hasek a le temps de bien réfléchir à son affaire. Il ne croit pas qu’il sera candidat lors des prochaines élections, prévues pour 2023. Il pourrait visiter les élections suivantes, qui sont prévues pour 2028.