«Quand le moment sera venu, je n’hésiterai pas à dépenser les sommes nécessaires pour gagner la coupe Stanley», promet Eugene Melnyk.

Il a les moyens, avez-vous compris?

CHRONIQUE / Ce n’est pas très conventionnel, comme façon de faire. Le propriétaire d’un club sportif qui prend la parole en public pour, essentiellement, jurer qu’il a toujours les moyens de bien gérer son entreprise.

Non, ce n’est pas quelque chose qu’on voit chaque jour. On parle toutefois d’Eugene Melnyk, ici. Dans les 10 derniers mois, le proprio des Sénateurs a multiplié les efforts dans le but de rétablir des ponts avec les partisans. Les résultats tardent à se manifester. On a même le droit de penser que quelques-unes de ses initiatives ont été contre-productives. On peut quand même reconnaître qu’il ne craint pas de sortir des sentiers battus.

M. Melnyk s’est donc emparé du micro, mardi soir, devant quelques centaines de partenaires d’affaires, au Temple de la renommée du hockey. « On suit notre plan de reconstruction et ça se déroule bien, a-t-il assuré. Quand le moment sera venu, je n’hésiterai pas à dépenser les sommes nécessaires pour gagner la coupe Stanley. Notre masse salariale sera très proche du plafond salarial de la LNH, entre 2021 et 2025. »

En 2019, on aurait pu s’attendre à ce que la « bonne nouvelle » se propage rapidement. Il aurait suffi qu’une personne sorte son iPhone pour lancer un gazouillis dans l’univers. De fil en aiguille, tout le monde aurait fini par savoir.

Ça ne s’est pas passé ainsi. Il faut croire que les Sénateurs tenaient réellement à ce que le mot se passe. En soirée, mercredi, on a décidé de s’en remettre à la bonne vieille méthode. Un communiqué de presse a rebondi dans la boîte de courriels de tous les journalistes qui couvrent l’équipe, au beau milieu du match opposant les Sénateurs aux Maple Leafs.

En fin de soirée, les promesses de M. Melnyk étaient le sujet de conversation numéro un dans l’émission d’après-match du réseau Sportsnet.

Dans la mesure où l’information circule, mission accomplie.

C’était efficace.

Pas subtil pour deux sous, mais efficace.

Il faut placer cette sortie dans le contexte actuel. À moins de trois semaines de la date limite des transactions, le directeur général Pierre Dorion travaille d’arrache-pied pour convaincre Matt Duchene et Mark Stone de rester.

Je vous faisais part de mes appréhensions, sur le sujet, dans votre journal de mercredi. Duchene parle beaucoup aux médias, ces temps-ci. On comprend qu’il se plaît à Ottawa. Il est heureux de faire carrière à quelques heures de route de la maison. Il aime ses coéquipiers. « Le groupe le plus uni auquel j’ai appartenu », soutient-il.

S’il n’a pas encore signé, quelque chose doit forcément le tracasser.

J’ai alors émis cette hypothèse. Peut-être doute-t-il des capacités et des ressources de ses patrons.

Au moment où j’écrivais ces lignes, Eugene Melnyk ressentait le besoin de prendre la parole. Il voulait rejoindre le plus vaste auditoire possible, même si son message visait en réalité un tout petit groupe d’individus ciblés.

La bonne nouvelle, c’est que l’incertitude tire à sa fin. Si cette sortie a permis aux Sénateurs d’abattre leur dernière carte, on imagine que Duchene ne tardera pas à se brancher.

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Intéressante trouvaille sur le site de Radio-Canada.

« Dans un sondage mené auprès de 1310 parents, un tiers des répondants ont affirmé en connaître autant sinon plus sur l’autisme que les médecins et les chercheurs. »

Ça m’a fait penser à ce jeune collègue, il y a quelques années. Il me disait que sa maîtrise des statistiques avancées lui permettait de comprendre le hockey mieux que les plupart des dépisteurs professionnels.

Je me demande ce que devient ce brillant jeune homme...