Alors que le nom de Mark Stone se situe au 45e rang sur la liste des joueurs de la LNH les plus susceptibles de changer d’équipe, celui de son coéquipier Matt Duchene trône au sommet du classement.

Est-il déjà trop tard?

CHRONIQUE / On ne sait pas grand-chose. En fait, on ne sait qu’une chose. C’était une journée cruciale dans le processus de reconstruction des Sénateurs.

Pierre Dorion s’est acheté un billet d’avion pour Los Angeles. Il a fait le long voyage jusqu’en Californie pour s’asseoir, face à face, avec l’influent agent de joueurs Pat Brisson.

Selon les informations qui circulent, les deux hommes devaient se rencontrer mercredi.

On ne peut pas vraiment savoir comment ça s’est passé.

Dorion a fait essentiellement deux choses, en début d’année. Il a d’abord mis ses cartes sur la table, en annonçant que Duchene et Stone sont les deux jeunes vétérans autour desquels il souhaite construire son noyau. Il a ensuite dit aux journalistes qu’il ne sert à rien de lui poser des questions. « Je vous parlerai des négociations quand nous aurons des contrats à signer. »

Dorion est probablement en train d’abattre ses dernières cartes. Il n’a pas décidé de s’imposer un long et coûteux déplacement jusqu’en Californie pour rien. Il devait lui rester des arguments nouveaux à présenter.

Les partisans des Sénateurs n’ont plus qu’à se croiser les doigts. En espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard...

Au moment où Dorion se préparait pour son rendez-vous, nos collègues de TSN mettaient à jour leur liste des joueurs les plus susceptibles de changer d’équipe.

Cette liste, souvent citée dans le milieu du hockey, est préparée avec beaucoup de sérieux par les experts qui ont des contacts partout.

Sur la version de cette semaine, 45 joueurs sont répertoriés.

Duchene s’est hissé au sommet de la liste. Il occupe le tout premier rang.

Les experts doivent se poser la même question que nous. La fenêtre permettant aux Sénateurs de négocier avec leur attaquant le plus créatif s’est ouverte le 1er juillet dernier. Ça fait déjà six mois. Et demi.

Si Dorion n’a pas réussi à trouver les arguments pour le convaincre d’apposer sa griffe au bas d’un pacte de longue durée, en six mois, pourra-t-il vraiment y parvenir en moins de six semaines ?

Duchene ne devait pas être pressé de signer, l’été dernier. Les Sénateurs traversaient une période trouble, l’équipe voguait de scandale en scandale. Dorion lui-même ne devait pas avoir beaucoup de temps ou d’énergie à lui consacrer, alors qu’il cherchait à régler le dossier du capitaine Erik Karlsson.

Les choses ont évolué.

Depuis la mi-septembre, Duchene a eu amplement le temps de se familiariser avec les « nouveaux » Sénateurs. Il connaît la valeur et le potentiel de ses jeunes coéquipiers.

Si l’incertitude persiste en ce qui a trait au propriétaire, il a certainement pu poser toutes ses questions.

Duchene a l’air de s’amuser à Ottawa. Il avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles quand il a marqué deux buts aux dépens de ses anciens coéquipiers de l’Avalanche, mercredi soir.

Il lui arrive, en contrepartie, de lancer des messages.

En matinée, après un léger entraînement, il disait à quelques journalistes voir les années qui passent.

« Je me sens vieux, aujourd’hui. Je suis père de famille, maintenant. En plus, c’est ma fête. J’ai 28 ans. Ça me donne des nausées », a-t-il débuté.

« Vingt-huit ans, c’est fou. Quand j’ai donné mes premiers coups de patin dans la LNH, j’avais 18 ans. Le temps file... »

Quand un joueur dit que le temps file, il commence à comprendre qu’il ne jouera pas éternellement. Il doit donc prendre les décisions qui lui permettront de gagner le plus rapidement possible.

Duchene va peut-être conclure que le chemin le plus rapide vers la coupe Stanley se trouve ailleurs qu’à Ottawa.

Trois autres membres des Sénateurs figurent sur la liste des joueurs à surveiller de TSN. Ryan Dzingel se pointe au 21e rang. Cody Ceci suit, six échelons plus bas.

Mark Stone se situe en 45e position. C’est forcément une bonne nouvelle. Les spécialistes de TSN ont l’air de croire qu’il a de bonnes chances de s’entendre avec Dorion.

Il serait intéressant de noter, enfin, que trois dépisteurs des Sénateurs ont suivi les matches de l’organisation des Flyers, mercredi.

Deux d’entre eux étaient à Philadelphie, pour assister au match contre les Bruins.

Un troisième homme s’est déplacé pour voir à l’œuvre leurs espoirs dans la Ligue américaine.

Il n’y a pas de fumée sans feu.