Laissé de côté à quelques occasions au début des séries, Carl Gunnarsson doit se demander ce que l’avenir lui réserve. Le héros du match numéro deux pourrait bientôt perdre son poste.

Combien vaut un but en or?

CHRONIQUE - EN SÉRIES #22 / C’est une bien sympathique histoire. Le défenseur à caractère défensif qui frappe un poteau en fin de troisième période. Qui annonce, à son retour au vestiaire, qu’il a juste besoin d’une autre opportunité. Qui obtient cette chance au début de la prolongation et qui fait mouche.

En pleine finale de la coupe Stanley, madame !

Carl Gunnarsson devra sans doute s’habituer à raconter cette anecdote. Elle la suivra sans doute pendant de nombreuses années. Même quand sa carrière d’athlète sera terminée.

La partie la plus intéressante de l’histoire est peut-être à venir.

Pendant une décennie, Gunnarsson a été un modèle de constance et de fiabilité dans la Ligue nationale de hockey. Il a fait le bonheur de ses entraîneurs, tant à Toronto qu’à Saint-Louis.

Mais Gunnarsson vieillit. Il a fêté ses 32 ans l’automne dernier. Dans une ligue de plus en plus rapide, de plus en plus jeune, il doit forcément voir le fil d’arrivée.

Gunnarsson vieillit et son corps commence à lui lancer des messages. Il a joué seulement 56 matches, cette saison. Une série de blessures ont affecté son rendement.

Gunnarsson se retrouve aussi à la croisée des chemins parce qu’il aura besoin d’un nouveau contrat dans quelques mois.

Il a été laissé de côté à quelques occasions, vers la fin de la saison régulière et au début des séries. Craig Berube a fini par lui trouver une place dans sa très forte brigade défensive. Il a quand même renoncé à son rôle de longue date. Il n’est plus le partenaire du quart-arrière Alex Pietrangelo.

« Le fait de me retrouver dans les gradins... Ça m’a fait mal », a-t-il avoué, à la mi-avril, à un reporter du St. Louis Post-Dispatch.

« C’est ça qui est ça. Tout le monde sait que la compétition est forte au sein de notre équipe. Surtout pour les sept défenseurs qui ont passé l’année au grand complet ici. C’est quand même dur. Je n’étais pas très heureux quand on m’a annoncé la nouvelle », a-t-il ajouté.

Les choses pourraient changer pour Gunnarsson.

Il est devenu le héros du jour, dans la finale de la coupe Stanley. Les Blues sont nez à nez avec les Bruins, au moment de rentrer chez eux pour disputer les matches numéro trois et quatre. C’est un peu – beaucoup – grâce à lui.

On découvrira rapidement ce que vaut un but en or.

Parviendra-t-il à conserver son poste dans la formation débutante, lorsque le créatif Vince Dunn sera prêt à effectuer un retour au jeu ?

Parviendra-t-il, par la suite, à se dénicher du boulot en prévision de la saison 2019-2020 ?

C’est prouvé, depuis longtemps. La façon la plus simple d’étirer sa carrière consiste à remporter un championnat. Les équipes aiment recruter des gagnants.

Les Blues ont énormément de profondeur en défensive. Toutes les équipes n’ont pas cette chance. Certaines formations chercheront par tous les moyens à recruter des joueurs fiables qui auront un effet stabilisateur sur leur brigade, durant la saison morte.

« Carl est un solide individu », a déclaré l’entraîneur-chef des Blues, Craig Berube, plus tôt cette saison.

Eh bien, le « solide individu » n’aura qu’à essayer de profiter de toute la publicité positive dont il fait l’objet.

Deux équipes, deux réalités

Les Bruins testeront également la profondeur de leur brigade défensive, dans les prochains jours. Victime d’une des plus rudes mises en échec de la série, Matt Grzelcyk a subi une commotion cérébrale. Il ne fera pas le voyage à Saint-Louis.

L’entraîneur-chef Bruce Cassidy l’a très bien expliqué, durant sa conférence de presse d’après-match, mercredi soir. La perte d’un défenseur de troisième duo, à cette période de l’année, peut faire très mal.

« Je ne me soucie pas trop de la chimie dans les duos défensifs. Nous avons passé l’année à faire entrer et sortir des gars de l’alignement. Les gars sont habitués aux changements de partenaires. Il sera quand même difficile de combler les 15 ou 16 minutes par match de Gryz », a-t-il commencé.

« Il brille quand vient le temps de faire circuler la rondelle. Quand il est en forme, il peut neutraliser l’échec-avant adverse. Nous aurions eu besoin de Gryz, vers la fin de ce match. Nous avions clairement du mal à établir notre échec-avant. Ce n’était pas le cas des Bruins. »

Cassidy a deux options, en prévision du match numéro trois. Deux joueurs d’expérience, Steven Kampfer et John Moore, peuvent remplacer l’éclopé. « La solution facile sera d’utiliser Moore, qui est gaucher. Comme ça, tout le monde pourrait continuer de jouer sur son côté fort. On verra bien. »

C’est la fête

On a déjà fait salle comble à deux occasions, en finale, à Saint-Louis. Les fans ont rempli les gradins du Enterprise Center pour regarder les matches sur écrans géants. Vous a-t-on dit que les gens rêvent à la coupe depuis 50 ans ?

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Tout va bien, Patrice ?

La « perfection line » doit se réveiller. Elle doit nous démontrer qu’elle est à la hauteur de sa réputation, disent les représentants des médias de Boston.

Patrice Bergeron, Brad Marchand et David Pastrnak n’ont pas réussi à participer au pointage, dans les deux premiers matches de la finale. Ça risque d’être encore plus difficile, pour eux, ce week-end. À Saint-Louis, ils seront presque toujours confrontés aux meilleurs éléments adverses.

« Nous n’avons pas été de calibre jusqu’à maintenant. Nous devons trouver un moyen de faire mieux », a reconnu candidement Marchand, au terme du match numéro deux.

On se demande si tout va bien, côté santé, pour son joueur de centre. Bergeron a pris part à 20 mises en jeu, dans le match numéro un. Fidèle à lui-même, il est sorti gagnant des cercles à 14 occasions. Dans le match numéro deux, il a été impliqué dans 13 mises en jeu, seulement. Il a perdu plus souvent qu’il a gagné.   

Son temps d’utilisation a surtout chuté. Il a passé tout juste 16 minutes sur la patinoire.

Tout le monde compose avec des petites (ou grosses) blessures, en juin...