Les détracteurs de Cody Ceci s’en donnent à coeur joie sur Internet. Un changement d’air serait sans doute bénéfique pour le défenseur des Sénateurs.

Ceci pourrait rebondir ailleurs

CHRONIQUE / La comparaison m’est venue, tout d’un coup, en début de semaine.

J’étais en train de jaser des Sénateurs, en direct, sur les ondes d’une station de radio montréalaise. Les animateurs de l’émission s’intéressaient aux joueurs qui pourraient être vendus, d’ici la date limite des transactions.

« Cody Ceci, Sylvain... N’est-il pas un des meilleurs défenseurs de l’équipe, après Thomas Chabot ?

— Bof. Oui et non. Parce qu’il est un des joueurs les plus expérimentés, on continue donc de lui confier des missions importantes. On lui en demande trop, pour être franc. Les partisans sont sur son dos depuis longtemps. Les critiques ont souvent été injustes, mais le mal est fait. Je ne le connais pas très bien, mais j’ai parfois l’impression que sa confiance est lourdement affectée. »

Je cherchais une bonne comparaison, pour un public largement composé de partisans du Canadien de Montréal.

Ce n’est pas idéal, comme contexte. Ceci est originaire d’Ottawa. Sa famille vit encore ici. Il est impossible, pour tous ces gens, d’ignorer le bruit ambiant, les critiques, les commentaires dans les réseaux sociaux. Moi, je demeure convaincu que Ceci peut connaître un certain succès, dans la LNH, mais un changement d’air lui ferait sans doute du bien.

C’est à peu près là que ça m’a frappé. J’ai trouvé la comparaison que je cherchais.

« Ceci, les gars, est en train de vivre à peu près ce que Patrice Brisebois a vécu durant son premier séjour à Montréal. »

L’histoire a déjà été racontée. Brisebois, jeune Montréalais, démontre un grand potentiel quand il dirige le jeu de puissance du Titan de Laval, dans la LHJMQ. Son potentiel est si grand qu’il est repêché en deuxième ronde par le club de sa ville natale, en 1989. Quelque part entre Adam Foote et Nicklas Lidstrom.

En quelques années, Brisebois a réussi à trouver sa place dans la meilleure ligue au monde. Il n’avait pas le même statut que les deux autres. Il n’était pas une vedette. Il était quand même à sa place dans la LNH.

Quand ses défauts ont commencé à prendre plus de place que ses qualités, dans le cœur et la tête des partisans, Brisebois s’est retrouvé coincé dans une spirale. « Ç’a failli me détruire », a-t-il déclaré, plusieurs années plus tard.

Brisebois et Ceci n’ont pas vécu exactement la même chose.

Quand il s’emparait de la rondelle, Brisebois entendait des huées au Centre Bell. Parfois, des partisans l’invectivaient dans la rue.

En public, les fans d’Ottawa sont polis. Civilisés. Depuis Alexeï Yashin, ils n’ont pas trop souvent hué un de leurs joueurs.

Ceci vit à l’époque des réseaux sociaux. Ses détracteurs se rassemblent et s’en donnent à cœur joie sur Internet. La distance ne rend pas nécessairement les attaques plus faciles à digérer.

Quand il a quitté Montréal, Brisebois a eu la chance de rebondir à Denver, une ville de hockey où les performances des défenseurs de soutien ne sont pas scrutées à la loupe. Il a connu sa meilleure saison en carrière avec l’Avalanche.

C’est un peu ce qu’on souhaite à Ceci, en ce moment.

Les boys de TradeCentre, la Ligue du Vieux Poêle du réseau TSN, ont ouvert leur segment de mardi en parlant de Cody Ceci.

Je résume, rapidement. À la base, il était question de la transaction que viennent de conclure les Maple Leafs de Toronto et les Kings de Los Angeles.

La valeur d’un défenseur d’expérience aurait été fixée, lorsque Kyle Dubas a cédé deux espoirs et un choix de première ronde à Rob Blake pour faire l’acquisition de Jake Muzzin.

Pierre Dorion doit suivre tout cela, à distance, et se frotter les mains avec satisfaction.

Du moins, c’est l’opinion de l’insider Darren Dreger.

« Les Sénateurs sont en reconstruction. Si Dorion peut obtenir un choix de première ronde et quelques jeunes espoirs pour son défenseur droitier de 25 ans, il doit tendre l’oreille », conclut-il.

Et comment ! Si une proposition comme celle-là se présente, Dorion devrait sauter dessus.

Muzzin a connu trois saisons de 40 points dans la LNH. Il faisait partie de l’équipe canadienne, lors du dernier tournoi de la Coupe du monde de hockey.

Ceci, malgré ses nombreuses qualités, présente un différentiel de moins 45 depuis le début de la saison 2017-18...