Gilles et Suzette après qu’ils aient complété leur tournée des 44 tournois du PGA Tour en 2006.

Suivre le PGA Tour pendant un an (2e partie)

CHRONIQUE / Si vous vous souvenez, j’ai écrit la semaine dernière la première de deux chroniques consacrées au périple qu’ont vécu deux de mes amis, le couple formé de Gilles Samson et de Suzette Duguay, en suivant les 44 tournois du PGA Tour durant la saison 2006.

Nous nous étions laissés alors que Gilles avait mis le cap sur la Colombie-Britannique pour rencontrer les autorités du circuit lors de l’Omnium canadien, qui s’est déroulé en 2005 au prestigieux Shaughnessy Golf and Country Club de Vancouver. Laissons-le nous raconter la suite de leur aventure, eux qui ont ainsi pu côtoyer les meilleurs golfeurs au monde.

« En allant les rencontrer à l’autre bout du pays, je voulais leur démontrer que nous étions vraiment intéressés à collaborer avec eux et qu’ils pouvaient avoir confiance en nous. Ils ont eu l’air d’apprécier, car trois semaines plus tard, on recevait les fameuses passes gratuites nous permettant d’assister à tous les tournois de la saison. Une valeur, à l’époque, d’environ 20 000 $ », poursuit Gilles. Notons qu’en 2020, lui et Suzette célébreront leur 50e anniversaire de mariage. 

« En détenant ces accréditations, ça nous permettait de marcher à l’intérieur des câbles. D’ailleurs, quand Phil (Mickelson) a fait sa gaffe au US Open (La majorité des amateurs se souviendront que le gaucher, sur le 72e et dernier trou de ce tournoi, avait littéralement poussé son long coup de départ vers la gauche alors qu’un simple coup de fer no 5 dans le milieu de l’allée aurait fait le travail. Cette fausse manœuvre l’avait ainsi privé de la victoire...), j’étais placé seulement à cinq pieds derrière lui ! », relate Gilles.

« Mais avant tout, on nous avait demandé d’écrire des chroniques hebdomadaires à propos de notre vie sur le circuit, chose que nous avons faite en anglais et en français durant 44 semaines ! Puisqu’elles étaient publiées sur le site du PGA Tour, je peux te dire que pour être sûrs qu’elles soient bien transmises, nous avons visité toutes les petites bibliothèques des États-Unis ! »

« Aussi, pour être en mesure de nous rendre dans les différentes villes du circuit, on avait un motorisé sur lequel on avait fait installer une antenne satellite. On était bien préparés pour l’aventure. Notre seule crainte était d’avoir un ennui mécanique avec le véhicule. Heureusement, nous n’avons vécu aucun pépin durant les 56 000 kilomètres qu’a duré le voyage. »

Questions en rafales

Pour en savoir un peu plus au sujet de leur parcours, voici quelques questions en rafales auxquelles le patriarche de la famille Samson — le couple a deux enfants : Maude et Frédéric — s’est fait un plaisir de répondre.

— Le tournoi le plus impressionnant ?

« Dans le temps, il s’appelait le FBR Open. C’est devenu le Waste Management Phoenix Open (C’est le tournoi où l’on a construit un amphithéâtre autour du 16e trou — une normale
3 de 168 verges —, le Grandstands. À l’intérieur s’entassent plus de 20 000 personnes qui sont souvent imbibées par l’alcool, créant ainsi l’ambiance la plus festive de tout le circuit !) Durant le week-end, environ
400 000 spectateurs en franchissent les tourniquets. C’est non seulement une orgie de bière, mais c’est tout un happening ! »

— Le plus beau tournoi ?

« Sans contredit le Masters, parce qu’Augusta (le parcours où se déroule ce tournoi chaque mois d’avril), ça reste Augusta ! Il y a toutefois beaucoup de choses que Monsieur et Madame Tout-le-monde ne voient pas à la télé. Pour vraiment apprécier ce tournoi, il faut rester sur le site jusqu’à 23 h environ. Vers 21 h, on peut assister à la cérémonie à laquelle prennent part les présidents de toutes les associations de golf inimaginables, qui eux sont accompagnés de plusieurs anciens champions du tournoi. Pour l’avoir vécu, disons que c’est vraiment très impressionnant ! »

— Vos golfeurs préférés durant cette saison, en 2006 ?

« Si Suzette a adoré Vijay Singh, le mien, c’était Tiger Woods ! D’autant plus qu’en 2006, il a gagné huit tournois dans son année, dont six seulement sur le PGA Tour. Il était vraiment en pleine possession de ses moyens ! D’un autre côté, nous avons bien aimé la personnalité de David Toms, un homme très charismatique et gentil avec tout le monde. Cependant, nous ne pouvions pas manquer le jeune Camilo Villegas, qui était tellement énergique ! »

—Votre plus belle découverte ?

Assurément la John Deere Classic, disputé chaque année à Quad City (plus précisément à Silvis, en Illinois), car la région du Midwest nous était totalement inconnue. C’est notamment dans cette région que nous avons pu faire la visite d’une usine ou l’on fabriquait de l’éthanol. Je ne pensais jamais voir une telle chose dans ma vie ! »

Il n’y a pas à dire, si mes amis Gilles et Suzette ont eu beaucoup de plaisir à réaliser leur périple, j’en ai eu tout autant à les écouter me le raconter, les chanceux ! 

ON EN JASE AUTOUR D’UN BON CIGARE

Chaque fois que j’écris un entrefilet au sujet du Canadien dans une chronique, cela suscite énormément de passion dans la région. Du coup, ma boîte de courriels déborde de mots de partisans ultra-fidèles envers la Sainte-Flanelle, les « fefans » comme dirait l’autre. 

C’est souvent le cas quand j’attribue les déboires de l’équipe aux trop mauvaises décisions prises au fil des années par leur controversé directeur du recrutement, Trevor Timmins. Et Dieu sait qu’elles sont nombreuses ! Pour tous ceux qui, comme ce confrère montréalais au cours des derniers jours, se permettent de le louanger et de le surprotéger, malgré le fait qu’il est un homme de hockey surévalué, j’en ai une bonne pour, encore une fois, vous prouver le contraire !

Le Canadien, au cours des 21 derniers jours, a procédé à trois rappels de joueurs en provenance de son club-école, le Rocket de Laval. Parmi les trois joueurs rappelés, combien, selon vous, avaient eu l’honneur d’être repêchés par Timmins et sa bande ? 

Aucun. Zéro comme dans Ouellet ! L’attaquant Michael Chaput a été un choix des Flyers de Philadelphie en 2010. Idem pour son compagnon Kenny Agostino, la même année avec les Penguins de Pittsburgh. Le défenseur Brett Kulak, lui, a été sélectionné par les Flames de Calgary en 2012. Pendant ce temps, à Laval, le premier choix du CH il y a à peine cinq ans, Michael McCarron, croupit sur un troisième trio et, à moins d’un revirement spectaculaire, ne portera plus jamais l’uniforme du grand club. Dire que Timmins, en 2013, a déjà mentionné à des intimes que « McCarron, à maturité, va devenir le gros joueur de centre que l’organisation recherche depuis tant d’années… » Comme le disait la chanson : « J’attendrai le jour et la nuit, j’attendrai toujours... »