Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Le Centre Gervais Auto est prêt à recevoir les Cataractes.
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LHJMQ: beaucoup de boulot à abattre

CHRONIQUE — La LHJMQ a annoncé la semaine dernière qu’elle amorcera la prochaine saison le 1er octobre, et que les camps d’entraînement vont ouvrir le 30 août.

À la base, c’est une bonne nouvelle! Tous ces jeunes dédiés à leur sport vont pouvoir recommencer à faire ce qu’ils aiment le plus dans la vie. Ils étaient plongés dans une zone grise depuis le printemps. Ils connaissent maintenant la prochaine étape.

Sur papier, du moins. Parce qu’en pratique, la ligue a encore beaucoup de boulot à abattre avant la première mise en jeu. En fait, il y a tellement de détails à attacher que l’annonce de la semaine dernière semble prématurée.

Pourquoi ne pas attendre d’avoir tout réglé avant de s’avancer autant? Bonne question. Peut-être pour coincer un peu le gouvernement provincial, qui s’est montré très ouvert dans les dernières discussions à aider les franchises à traverser cette crise? Gilles Courteau a été prudent dans ses commentaires, il a simplement dit que ses équipes avaient décidé d’aller de l’avant à huis clos après un rapport détaillé sur les pourparlers avec les lieutenants de François Legault. Facile de deviner que les «négociations» sont pratiquement blindées et que tout ce qui manque, c’est la date pour la grande annonce. Sinon, la Ligue vient de prendre la décision la plus stupide de son existence!

CE QU’ON SAIT

Alors, on sait que les matchs seront présentés à huis clos au Québec. Que le camp d’entraînement sera aminci de 60 à 34 joueurs. Et que la saison sera réduite à 60 matchs, de façon à prévoir des dates ouvertes pour des reprises de matchs reportés en raison de potentielles éclosions à la COVID-19. À ce sujet, c’est une bonne idée car les chances sont très élevées qu’il y ait des pépins en cours de route.

Pas de bulle pour la LHJMQ. Localement, l’idée avait été soumise de regrouper les joueurs dans un hôtel de façon à éviter les contacts. Elle a rapidement été abandonnée, jugée trop onéreuse. Alors les joueurs iront en pension comme d’habitude. Dans des familles où les parents travaillent, où les enfants vont à l’école. Le risque d’infection est assez élevé merci dans ces conditions…

CE QU’ON NE SAIT PAS

Le risque sera encore plus élevé si les joueurs se présentent eux aussi sur les bancs d’école. Le «si» est important car au moment d’écrire ces lignes, aucune décision n’avait été prise par la ligue. C’est quand même ironique: la LHJMQ martèle l’importance des études dans son modèle, et fait référence aussi souvent qu’elle le peut au terme étudiant-athlète. Pourtant, on ne sait pas encore, après avoir annoncé le retour au jeu, si ces derniers iront en classe ou suivront des cours à distance!

C’est tout aussi nébuleux en ce qui concerne les joueurs européens, qui devront se soumettre à une quarantaine à leur arrivée… qui n’est pas encore programmée. La LHJMQ est en discussions avec le gouvernement fédéral dans ce rayon. En ajoutant la quarantaine, c’est donc assuré qu’ils vont rater le début du camp. Espérons que ce dossier se réglera rapidement, afin qu’ils soient au moins sur la glace pour le début de la saison.

Les patineurs des Maritimes qui évoluent au Québec doivent se soumettre au même protocole de quarantaine que les Européens. Dur de comprendre pourquoi, ces provinces sont bien moins infectées que le Québec, non? Quoi qu’il en soit, les équipes ont donc fait leur possible pour les rapatrier au cours du week-end, question qu’ils soient disponibles pour sauter sur la glace en même temps que leurs coéquipiers le 30 août.

D’ici là, la LHJMQ doit aussi statuer sur le nombre de vétérans de 20 ans par équipe. La réglementation en prévoit trois. La Ligue aimerait en ajouter un 4e, mais doit avoir l’approbation des deux autres ligues junior au pays. La OHL et la WHL ont annoncé que leur début de saison était retardé au premier décembre, vont-ils rapidement étudier la question?

Reste aussi à décider qui aura accès aux arénas, à part les équipes bien entendu. Les recruteurs seront-ils admis? Les médias? Les parents? Pour l’instant, la ligue étudie la question des médias et des dépisteurs, et ils ont écarté les parents. Encore là, c’est dur de comprendre le raisonnement. Pour les tournois de hockey mineur, la règle de la limite de 250 personnes s’applique, donc les parents sont autorisés dans l’aréna. Si la LHJMQ suit la loi, il y a pourtant de la place pour les médias, les dépisteurs et les parents sans problème.

Voilà pour les principaux défis de logistique à régler dans les prochaines semaines.

Dans certains marchés, il y a également des enjeux spécifiques.

À Gatineau, on ne sait toujours pas où les Olympiques vont jouer, après avoir été dépouillés de leur aréna Robert-Guertin. Quel mauvais roman-savon, cette relation amour-haine entre les Olympiques et la Ville. Ça dure depuis des années. De l’extérieur, les Olympiques ne semblent pas très choyés...

À Val-d’Or, on doit surveiller les finances de l’équipe, qui a mis au chômage ses dépisteurs quelques semaines avant le dernier repêchage! Imaginez, avec le sixième choix au total, les Foreurs ont choisi Vincent Filion, à qui ils n’avaient jamais parlé! Ça ne fait pas très sérieux comme modus operandi. Les Foreurs ont fait du magasinage cet été, se payant notamment l’excellent Jakob Pelletier. Vont-ils y aller le tout pour le tout? Il y a des gens dans la ligue qui croient en effet que l’état-major de l’équipe se prépare à arriver à un important carrefour au terme de la prochaine saison.

On peut aussi dire la même chose du Drakkar à Baie-Comeau, dont le conseil d’administration a démissionné en bloc à la fin juin. C’est essentiellement la Ville de Baie-Comeau qui va maintenant gérer l’équipe, qui rédige depuis longtemps des bilans financiers à l’encre rouge.

Voyez, le commissaire Courteau ne chômera pas de sitôt…