Steve Poirier tentera de remporter une 11e victoire à Granby en série Empire Super Sprints.

Steve Poirier, la légende

Steve Poirier l’admet : les longs voyages et les soirées dans le garage à travailler sur la voiture lui pèsent plus lourd qu’à une certaine époque. Mais le plaisir de courir, lui, reste le même.

À l’Autodrome Granby, vendredi soir, Poirier tentera de remporter une 11e victoire chez nous en série Empire Super Sprints. Avec huit championnats (le même nombre que Mike Woodring) et 74 succès en carrière, le résident de Belœil s’impose comme le meilleur pilote de l’histoire de la série américaine.

Et n’ayons pas peur des mots : Poirier est une légende du sport automobile.

« À 47 ans, je savoure tout ce qui passe, lance celui qui avait connu sa part de succès en modifié auparavant. Mais honnêtement, ce n’est pas un début de saison facile. J’ai eu un accident à la première course, j’ai été malade, j’ai manqué trois épreuves, etc. Le retour au Québec tombe à point! »

Même s’il vit et travaille au Québec, Poirier est toujours heureux de courir chez lui. Car c’est toujours l’occasion de renouer avec les pilotes d’ici, de même qu’avec les amateurs et la faune du stock-car sur terre battue québécois.

« Ce qui est l’fun, c’est l’excitation que la série provoque. Tu t’en rends compte rapidement lorsque tu vas faire ton tour sur les réseaux sociaux. À Granby, la visite des Empire Super Sprints est ni plus ni moins perçue comme le vrai début de saison. C’est agréable comme sensation. »

Jordan Poirier, son neveu, Dale Gosselin, Alex Vigneault et Bryan Cloutier sont les autres Québécois qui ont confirmé leur présence vendredi soir. Non, le Saint-Pien Alain Bergeron ne sera pas en piste, mais il travaillera dans les puits avec Gosselin, son gendre.

« Il devrait y avoir au moins 25 voitures, peut-être jusqu’à 30 », souligne Poirier.

Jason Barney est actuellement en tête du championnat de la série, quatre petits points devant Chuck Hebing.

« Après avoir raté trois courses, je ne pense plus au championnat, dit encore Poirier. J’ai déjà beaucoup de retard au classement. »

Mais au cours des dernières années, il a remporté des championnats sans nécessairement prendre part à chacune des épreuves. Comme en 2018.

« Je ne devais pas faire tant de courses la saison dernière, mais les choses ont tellement bien été en début de campagne que j’ai finalement changé mes plans. N’empêche que mon entreprise en coffrage de béton prend de l’expansion et me demande de plus en plus de temps. Les courses, c’est l’fun, mais ce n’est pas mon fonds de pension… »

L’important : être compétitif

Steve Poirier n’est pas encore rendu à penser à la retraite. En fait, il se voit faire « un bon deux ou trois ans encore » à bord de son sprint car.

« En réalité, je risque de continuer tant et aussi longtemps que je serai compétitif, laisse-t-il tomber. Mais quand je regarde mon début de saison, je me dis que la fin approche peut-être plus que je pense! »

Et même s’il ne se voit pas en modifié à court terme, Poirier continue à garder la porte ouverte à un retour éventuel dans la classe où il a remporté trois titres à Granby seulement.

« Ça reste une possibilité. L’idée de continuer à courir, mais de couper sur les voyages, est intéressante. À mon âge, on pense aussi davantage aux blessures et on s’entend qu’un accident en sprint car, ça pardonne souvent moins. Mais bon, je ne suis pas encore rendu là. »