Danny Gélinas
Le jeune Alexis Lafrenière, qui fut sélectionné il y a trois ans par mon ami Serge David, dépisteur-chef de l’Océanic de Rimouski, avait sans doute imaginé un autre scénario pour sa journée de repêchage dans la LNH.
Le jeune Alexis Lafrenière, qui fut sélectionné il y a trois ans par mon ami Serge David, dépisteur-chef de l’Océanic de Rimouski, avait sans doute imaginé un autre scénario pour sa journée de repêchage dans la LNH.

Sports et COVID-19: des impacts majeurs sur notre économie

CHRONIQUE / Cette semaine, une grande nouvelle a défrayé les manchettes et celle-ci va certainement en précéder une autre qui devrait être annoncée dans les jours à venir.

La première nous a appris qu’en raison de la COVID-19, le repêchage de la LNH prévu à Montréal en juin prochain est reporté. La deuxième, c’est que cela n’augure rien de bon pour la présentation du Grand Prix du Canada sur le circuit Gilles-Villeneuve de l’île Notre-Dame le week-end précédent.

Et à partir du moment où l’on reporte le repêchage ainsi que tous ces genres d’événements les uns à la suite des autres, on en vient à se poser de sérieuses questions.

En passant, vous remarquerez que personne ne parle ici d’annulation. De mémoire, il n’y a que les différentes ligues sportives qui ont annulé leurs fins de saisons, que ce soit la LNH, la LHJMQ, la LHJAAAQ ou la Ligue de hockey midget AAA.

Cependant, faut-il le mentionner, qui dit « annulation » dit forcément « remboursement », ou à tout le moins « report à une date ultérieure ».

Un exemple pour exprimer le fond de ma pensée : ma femme et moi adorons l’humoriste Olivier Martineau, qui devait se produire à Granby vendredi soir. Ayant appris cet automne sa venue chez nous, nous avions eu la bonne idée de nous acheter une paire de billets. Puisque l’événement a été reporté au 13 février 2021 – ce sera toutefois une excellente façon de fêter la Saint-Valentin ! — nous nous devons de garder nos billets en notre possession si l’on désire toujours assister à son spectacle. Comme nous les avions payés, le Palace a gardé l’argent dans ses coffres.

Par contre, si la représentation avait été annulée, il y aurait eu sans aucun doute un remboursement de la part de la salle de spectacles.

À mon avis, depuis toutes ces histoires de COVID-19, c’est ce qui est devenu le véritable enjeu, du moins dans le monde du sport : la nuance entre « reporter » un événement ou tout simplement « l’annuler », et surtout les innombrables conséquences que la prise de décisions au sujet de ceux-ci peut avoir sur notre économie.

Quelle catastrophe ce serait pour Montréal et l’économie du Québec si, en plus du repêchage de la LNH, le Grand-Prix du Canada de Formule 1 était annulé !

Pour un, le repêchage de la Ligue nationale de hockey devait donc avoir lieu les 26 et 27 juin prochains au Centre Bell. En regardant froidement la situation, nous sommes de plus en plus nombreux à croire que cette séance de sélection pourrait tout de même avoir lieu, mais dans un tout autre format, celui où les 31 formations ne seraient présentes dans un même endroit, mais bien dans leur « bunker » ou « war room » respectifs. Un peu à l’image du repêchage de la NFL, mais sans les différents rassemblements, bien entendu.

Cela affecterait notamment les nombreux espoirs qui rêvent de voir leur nom être prononcé au micro par une organisation, dont ils porteront le chandail et la casquette quelques minutes plus tard, histoire d’immortaliser le moment. Évidemment, un tel scénario impliquerait beaucoup de déceptions.

On n’a qu’à penser à celui que tous considèrent unanimement comme le supposé tout premier choix de cette séance, le jeune attaquant québécois Alexis Lafrenière de l’Océanic de Rimouski, qui aurait été repêché « chez lui» à Montréal, avec toute la faune médiatique du Québec aux alentours.

Des espoirs anéantis

Pour nous qui vivons à proximité de la métropole, le fait que l’état-major du Canadien ait obtenu le mandat d’organiser toutes les festivités entourant le repêchage de la LNH représentait beaucoup puisque les retombées économiques potentielles étaient immenses.

Mais reste encore à savoir la véritable question : est-ce que le repêchage sera repoussé ou le verra-t-on sous une autre forme ?

La Ligue de hockey junior majeur du Québec a été de mémoire la première à emboîter le pas étant donné les circonstances en annonçant qu’elle présenterait son repêchage sur internet, sans que ses 18 formations ni les joueurs pressentis ou même leurs familles ne se rassemblent au sein d’un seul et même endroit. Cette année, tous devaient converger vers Sherbrooke, tel en avait décidé les dirigeants du circuit Courteau.

J’aurai d’ailleurs le temps d’en reparler, mes pensées allant bien sûr à mon vieux « chum » Jocelyn Thibault et à toute son organisation du Phoenix, qui voient tant d’efforts s’anéantir. Espérons pour eux que ce ne sera que partie remise…

Même chose pour Montréal si cela s’avérait être le cas. Quel désastre ce serait pour notre économie puisque bon an mal an, lorsqu’une séance de sélection se tient dans l’Est, c’est plus de 5000 chambres d’hôtel qui sont réservées, et je ne parle pas des restaurants, bars et établissements licenciés, compagnies de location diverses, de l’industrie du taxi et tout le tralala...

Les festivités entourant le repêchage devant à l’origine se dérouler dans la semaine suivant la présentation du Grand Prix du Canada et comme les dirigeants de la Formuke 1 n’ont pas encore annoncé ce qu’il adviendra de l’événement, imaginez si ni l’un ni l’autre n’étaient présentés à Montréal en 2020, et tout cela sans compter sur le report probable de nombreux festivals !

J’aime mieux ne pas y penser…