Frédérick Gaudreau dans l'uniforme des Predators de Nashville

« Son amour du hockey l'a conduit là »

« Quand Frédérick a marqué, on a sauté, on était super contents ! En même temps, on était soulagés. Ça montre qu'il est parfaitement capable de jouer dans la Ligue nationale et qu'il est capable d'avoir du succès. »
Des parents fiers de leur fils: France Desrosiers et Jean-Pierre Gaudreau entourant le porte-couleurs des Predators de Nashville.
France Desrosiers est la mère de Frédérick Gaudreau. Accompagnée de Jean-Pierre Gaudreau, son conjoint et le père de Frédérick, elle est actuellement à Pittsburgh afin d'assister à la finale de la Coupe Stanley. Et fiston, on s'en doutera, fait vivre de très belles émotions à ses parents.
« On regardait autour lors du premier match et on se disait : "Wow, c'est gros, c'est impressionnant ! ", a expliqué Mme Desrosiers. C'est la finale de la plus grande ligue de hockey au monde et notre garçon est là. C'est... émouvant. »
France et Jean-Pierre n'avaient jamais encore assisté à un match de leur fils dans la Ligue nationale. En compagnie de l'oncle et de la tante de Frédérick, qui ont hébergé celui-ci alors qu'il évoluait avec les Voltigeurs de Drummondville au niveau junior majeur, ils ont parcouru plus de 1000 kilomètres en voiture afin de se rendre à Pittsburgh. Puis, plus tard cette semaine, ils feront la randonnée Pittsburgh-Nashville, une affaire de sept ou huit heures de route. Et ils rentreront finalement au Québec depuis le Tennessee, un voyage de plus de 17 heures !
« En fait, on va peut-être revenir à Pittsburgh, dépendant de l'allure de la série, a précisé M. Gaudreau. Ça a l'air fou comme aventure, mais on a déjà été voir Fred à Milwaukee (alors qu'il jouait dans la Ligue américaine), une affaire de plus de 15 heures de route. C'est pas grave, car on a du plaisir ! »
Ils ont du plaisir et la longueur des voyages n'a d'égal que la fierté qu'ils ressentent.
« Fred est rendu là en raison de son amour du hockey, a repris son père. Il n'a pas été repêché par la LHJMQ, il n'a pas été repêché par la Ligue nationale, mais il a toujours continué, il ne s'est jamais découragé simplement parce qu'il a toujours aimé jouer au hockey. Un jour, il nous a dit : "Le repêchage, c'est une histoire d'orgueil. Moi, je joue parce que j'ai du fun ! " »
Un philosophe
Frédérick Gaudreau, on l'a déjà écrit, a de la graine de philosophe. Souvent, en entrevue, il a raconté qu'il ne contrôlait pas tout, qu'il ne pouvait faire plus que donner son maximum. Ses parents diront même qu'il les ramène sur terre à l'occasion.
« Il ne prend jamais rien pour acquis, mais il est toujours positif, mentionne sa mère. Il a toujours été comme ça, mais il l'est probablement encore plus depuis son séjour à Cincinnati, dans la East Coast League, il y a deux ans. Là, il était loin de la finale de la Coupe Stanley et je pense que c'est à ce moment-là qu'il a appris à lâcher prise. Des revers, il en a subi quelques-uns depuis qu'il joue au hockey. Je me rappelle encore quand il a été retranché au niveau bantam AA. Mais il a grandi là-dedans et ça a fait de lui une meilleure personne encore. »
Et il savoure aujourd'hui ce qui lui arrive.
« Il est heureux, confirme son père. Mais il sait qu'il doit travailler fort, il sait qu'il devra toujours travailler fort. Et il va continuer à le faire, on le sait aussi. »
Ça, personne n'en doute.
Un but qu'il aurait échangé contre une victoire
Bien sûr, Frédérick Gaudreau était très heureux après avoir enfilé son premier but dans la Ligue nationale lundi soir à Pittsburgh. Mais voilà, il affirme qu'il aurait échangé le but en question en retour d'une victoire.
« C'était spécial, c'est certain, a-t-il dit dans un échange de courriels. Un premier but, c'est toujours spécial. Mais ça aurait été plus l'fun si ça avait été dans une cause gagnante. On va se reprendre... »
Le deuxième match de la série sera présenté mercredi soir à Pittsburgh. Et Gaudreau a confiance.
« C'est la beauté d'une longue série. On va revenir en force. On sait ce dont on est capables. On préférerait être en avance 1-0, mais ce n'est qu'un match. L'idée, c'est de rester dans l'instant présent­, de rester concentrés. »
Gaudreau prend de l'assurance à chacun des matchs. Et clairement, l'entraîneur Peter Laviolette­ a confiance en lui. Si sa place dans l'alignement n'est pas dans le béton, elle semble néanmoins de plus en plus assurée.